‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793) [Documents recueillis et annotés]Chapitre 256 sur 274 · LETTRE DE P. MIGNARD · texte numérisé non relu

LETTRE DE P. MIGNARD

Messieurs les Jurés Royaux de la Compagnie des Maistres me sont venu trouvé pour me dire que, sur Pavis qu'ils avoient eu que M. Rigaux se vouloit faire Maistre, il avoient esté chés luy pour le voir; y leurs a dit qu'il estoit agréé à PAcadémie et que, si tdst que son tableau seroit achevé, qu'il auroit l'honneur de s'i présenter. Il luy repondirent qu'il y avoit qattre ans que son tableau estoit comancé et que, s'il en estoit encore qattre autre pour Fachevé, que cela ne finiroit jamais. Après quelques autres raisonnements de part et d'autre Ton se cépara, comme je croy, sans boire. Pour moy. Messieurs^ mon avis seroit, considérant le mérite et les bonnes mœurs de M^ Rigaux de le recevoir, sans conséquence pour le présent, et, après que son tableau sera achevé, de le tréter honestement. Sependant, Messieurs, je me remest à l'avis de touttes la Q)mpagnie.

MiGNARD.

5 10 CÛNTRAt PASSÉ PÙtStL

Si on a besoing d'un homme fort intéiigent pour te déménagement, je prie la Compagnie de vouloir bien préférer M. Paillard à un autre au mesme prix.

CONTRAT PASSÉ PAR LA COMTESSE DE FEUQUIÈRES AVEC LES JACOBINS DE LA RUE SAINT-HONORÉ POUR LE MAUSOLEE DE PIERRE MIGNARD ET LES FONDATIONS INSTITUÉES EK SA MÉMOIRE.

Par devant les notaires soussignés furent présens haute et puissante dame Catherine Mignard, épouse non commune en biens de haut et puissant seigneur M" Jules de Pas, comte de Feuquières; de lui néantmoins autorisée à Peffet des présentes, demeurans à Paris en son hôtel, Grande- Rue, hors la porte Saint- Honoré^ près de la Magdeleine de la Ville l'Évéque, d^une part, les R. P. prieur et communauté des Jacobins de la rue Saint-Honoré, œmparans par Pierre Eulart, prieur, Etienne Caudron, sous-prieur, Vincent Courcelle, Charles de Mouchy, Nicolas Jouin, Louis Haniche, François Coquart, Claude François Piennet, François Paillet, Jean Dubois, Charles Sergent, Jean Baptiste Archin, Ursus Colomb, Pierre Dupuis, Guillaume Dermotte, Mdchior Hubert, Clau4e Laurent Vorat, Henri Muchembled, Léon de Rozeville, Nicolas Loutre, Dominique Derant, Louis René Cottin, Pierre Hennecart et Claude François Ponchon, procureur sindic, assemblés en leur chapitre au son de la cloche en la manière accoutumée^ d'antre part; lesquels ont dit scavoir mad. dame comtesse deFeuquière que, dési-« rant laisser à la postérité des marques du sincère et res* pectueux attachement qu'elle a toujours eu pour M. Mû

LE TOMBEAU DE MI6NARD. 5ll

gnard, écuier, son père, taat qu'il a vécu, et qu^elle conserve à sa mémoire depuis son décès^ et de sa recon« noissancederamour paternel quUl lai a toujours porté, dont elle a ressenti des effets sensibles par les bienEûts qu'elle tient de lui, die a formé le dessein de &ire éle* ver un mausolé aud. feu sieur son père, et pour cet effet elle a choisi Péglise des R. P« Jacobins et elle leur auroit proposé de lui délaisser et abandonner une place en lieu apparent en leur église, où ce mausolé puisse aisé* ment 6tre placé, et une autre place joignante immédiatement ce dit mausolée, et vis à vis d^icelui, oti lad. dame puisse être inhumée après son décès ^ comme aussi que désirant fonder à perpétuité en lad. église trois services complets pour les deffunts, et trois saints du St Sacre^ ment, aux jours qui seront cy après arrêtés, elle auroit proposé auxd. R. P. Jacobins de convenir entre eux pour raison de tout ce que dessus, ce qu'ils ont fait ainsi qu^il suit. Cest asçavoir que lesd. R. P. Jacobins, tant i>our eux que pour leurs successeurs aud. monastère à perpétuité, ont par ces présentes délaissé et abandonné à lad. dame, comtesse de Feuquière, une place en leur église qui est celle qui adosse la contre le troisième pillier de lad. église, en entrant en icelle à main gauche, entre les chapelles de la Magdeleine et de St Louis, contre lequel pillier mad. dame comtesse de Feuquière pourra faire élever et construire ce mausolé

t. Voy. dans Piganiol de la Force la description du tombeau de Mignard et de sa fille (t. II, p. 438-440). L'épitaphe de Catherine la dit âgée de 90 ans au moment de sa mort. M. Jal a démontré que sa naissance était de 1657, elle n'aurait donc eu que 85 ans. On remarque aussi dans cette épitaphe cet éloge de la beauté de notre héroïne : « ipsamet quondam naturœ pulcher' rimum opus. » Le correctif quondam vient à (hropos quand il s'agit d'une vieille femme qui accuse 90 ans.

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