CONTRAT PASSÉ POUR
dud. feu sieur son père de telle hauteur qu^dle jugera à propos et de largeur convenable à rexécution du projet dont lesd. R. P. reconnbissent avoir eu communication. Comme aussi lesd. R. P. délaissent et abandonnent à mad. dame comtesse de Feuquière la place et terrain convenable au pied dudit piUier, vis à vis icelui et y joignante^ pour y être inhumée après son décès, et, en considération du présent délaissement, lad. dame promet et s^oblige de faire paier sur ses biens après son décès la somme de quatre mille livres auxd. R. P. dont ils pourront disposer ainsi qu'ils aviseront, sans être chargés d'en faire aucun employ. Mad. dame a par ces présentes fondé et fonde à perpétuité en lad. egUse des R. P. Jacobins trois services complets pour les deffunts, qui seront célébrés à haute voix avec diacre et sousdiacre, et une représentation autour de laquelle seront six chandeliers et six cierges de cire blanche, six chandeliers sur Tautel avec six cierges aussi de cire blanche, et les plus beaux ornemens noirs avec la prose pour les morts, et à fin de chaque service un libéra et Poraison des deffunts, lesquels services seront ainsi dits et célébrés, scavoir : un le 1 3 may, jour du décès du feu s. Mignard, pour le repos de son âme et de celle de lad. dame son épouse; un autre le 1 1 novembre, jour du décès de feu M'* Blouin, gouverneur de Versailles, par donation duquel lad. dame tient la moitié de la maison oti elle demeure; et le dernier le jour que lad. dame décédra, le tout par chacun an et à perpétuité, et, au cas que les jours ci-dessus indiqués tombent un dimanche ou autres jours de fête où lesd. services ne pourroient être célébrés, ils le seront le lendemain sans remise. Plus mad. dame a^ par ces présentes, fondé à perpétuité en lad. église des R. P. Jacobin^ de la rue St Honoré trois
LE TOMBBàU de lUGNARD. 5 1 3
saluts du St Sacrement par chacun an, les plus solennels que ce pourra avec les himnes et prières ordinaires, et qui seront dits et chantés, le premier, le jour et fête de la Saint&'Trinité, le second, le jour de l'Ascencion, et le dernier le jour de Sainte-Catherine, patrone de lad. dame fondatrice. Lesquelles fondations lesd. R. P. comparans aiant accepté, ils ont promis et se sont obligés, tant pour eux que pour leurs successeurs à perpétuité, les exécuter exactement suivant et conformément aux intentions de lad. dame de Feuquière, à commencer au premier jour indiqué par ces présentes qui suivra le décès de mad. dame comtesse, et ainsi continuer à perpétuité, et pour Pacquit de ces fondations lad. dame de Feu* quière promet et s'oblige de faire paier sur ses biens après son décès auxd. R. P. la somme de huit mille livres qu'ils promettent et s^obligent emploier en acquisition de rentes au profit dud. monastère avec déclaration que lesd. 8,000* et la rente qu'elles produiront seront destinés et affectés ^^ialement à Pacquit desd. fondations, et Pemploy desd. 8,000* se fera en la présence du s. Mignard aine, neveu de lad. dame fondatrice, qui veillera pendant sa vie à ce que lesd. fondations soient exactement exécutées ; et si lad. rente est remboursée, le fonds et capital d^icelle à perpétuité, sera emploie en acquisition d^autres rentes toujours chargées de l'exécution desd. fondations, dont sera &it mention sur le martirologe de lad. église et sur l'inscription que lad. dame fera mettre au pied dud. mausolé; plus mad. dame promet et s'oblige de faire paier sur ses biens après son décès auxd. R. P. la somme de deux mille livres, moiennant laquelle ils se chargent de paier et acquiter les amonissemens dus à cause de l'employ desd. 8,000*, en rentes, frais de quittances, insinuation d'icelle et tous autres droits généralement
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quelconques qu^il conyiendra paier pour assurer Fezécution entière desd. fondations. Et pour procurer et assurer auxd. R. P. Jacobins le payement exact de toutes les sommes cy dessus convenues, tant pour la place dud. mausolé que pour Pexécution desd. fondations [que] mad. dame s'est obligé leur faire paier sur ses biens après son décès^ mad. dame a par ces présentes cédé, transporté et abandonné auxd. R. P. ce acceptans, la somme de 14,000* à prendre et recevoir par etix sur celle de 55,ooo* paiable dix-huit mois apràs le décès de lad. dame par M. Davasse de St Amarand, conseiller secrétaire du Roy, receveur général des finances d'Orléans, faisant partie de celle de 160,000* qu'il doit à lad. dame pour les causes portées au contrat passé entre eux devant Perret, notaire, le... Et jouiront lesd. R. P. desd. 14,000* qui leur seront paies par led. de St Amarand, à compter du jour du décès de lad. dame jusques au jour du paiement de la somme capitale, attendu qu'ils commenceront à acquitter les fondations dud. décès. A l'effet de quoi mad. dame subroge lesd. R. P. aux droits, privilèges, aaions et hipoteques résultant dud. contrat du... jusques à concurrence desd. 14,000* de principal et intérêts de lad. somme. Et au moien du présent contrat Pacte passé entre lad. dame et lesd. R* P. Jacobins devant CaiUet^ notaire le... demeure nul et sans effet. Car ainsi promettant, obligeant, renonçant... Fait et passé à Paris à l'égard de mad. dame comtesse de Feuquière et dud. seigneur son époux en leur hôtel et des R. P. Jacobins en leur chapitre, le ai® jour de juillet 1735 avant midy, et ont signé la minute des [H^entes demeurée à M' Perret notaire.
Insinué le 16 juillet 1743 à la réquisition du porteur, payé 5o*.
Arch. nat. Y 356, fol. 5o.
VERS SUR MIGNARD. 5l5
— Ajoutons enfin ces deux petites pièces qui se trouvent dans le Poète sans fard ou Discours satiriques, en vers, par le S* G. (Gacon), à Cologne, 1696, in-8*, p. ibg, — A. M.
« Je m'étonne qu'un illustre Prélat ait si fort maltraité Molière, Thonneur du Théâtre-François. J'ay vu son portrait, de la main de Monsieur Mignard, sur lequel je fis ces paroles » :
Malgré la Parque et la jalouse Envie, Un pinceau délicat me redonne la vie. ^
J'agis, je vois encor, et dans ce beau portrait
On m^entendroit jouer mon rôle Si le Peintre avoit pu par un nouveau secret Ainsi que l'action exprimer la parole.
Ce sizain, illustre Mignard, Supplée au défaut de ton art.
Molière 7 parle, et, de ce grand génie. Qui sçut si bien peindre nos mœurs, Pour faire une parlante et fidèle copie, Il fiedoit joindre les deux soeurs, La Peinture et la Poésie.