SCULPTEUR POITEVIN
Note de M, A. de Montaiglon.
Ce n'est pas ici le lieu de dire Pestime que mérite VInventaire des Archives du château de la Barre^ que notre ami et confrère M. Alfred Richard, maintenant archiviste de la Vienne, a publié en 1868. Nous voulons seulement en extraire la mention d'un sculpteur du moyen-âge qu'on pourrait bien ne pas aller y chercher. M. Richard a publié (I, 269-75) le testament de Guillaume de Vauconcour, bourgeois et échevin de Poitiers; Ton y trouve cet article, relatif à l'église Saint-Étienne de Poitiers dont le testateur était paroissien :
Item veulx et ordonne que mes diz excécuteurs facent parachever Tautier ou tabernacle, qui est ancommaîncé chez Yvonnet l'ymaigier, ainsi que j'ay fait commancier, et qu'il soit assis sur ledit autier de Notre- Dame en ladicte églize de Sainct-Estienne, lequel pourra couster, s'il est &it bien à point, trente livres ou environ, auquel seront mis les douze Appoustres d'alebastre que j'ay par devers moy, lequel Yvonnet doit avoir neuf escuz, de marché fait avec luy, dont je luy ay poyé cinq.
U résulte de ceci que l'autier ou tabernacle, qui devait être tt aseis sur » l'autel de la chapelle de la Vierge, ne devait pas for-
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mer le devant de l'autel, mais y figurer à Tétat de rétable, et que les douze figures d'apôtres^ sculptés séparément, par conséquent en ronde bosse, devaient en former Tornement. Comme à cette époque il n'est guère probable qu'elles dussent y être posées sur l'amortissement pour se détacher complètement et y être vues de tous les côtés, il est bien plus naturel de croire qu'elles devaient s'encadrer dans une série d'arcatures et poser, soit sur une suite de consoles, soit plutôt sur un soubassement continu.
Maintenant la somme de trente livres se confond-elle avec les neuf écus ou vingt-huit livres ? En voyant les Apôtres seuls désignés comme étant en albâtre, il est possible que le marché ne se rapporte qu'à eux. Par contre, le fond sur lequel ils devaient être rapportés doit ne pas avoir été en marbre, mais seulement en pierre, et puisqu'il doit coûter trente livres ou environ, c'est qu'il n'y a pas eu pour lui de marché fait, et que son prix ne sera fixé définitivement qu'à la terminaison et à la réception de Pouvrage.
A. de M.