‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793) [Documents recueillis et annotés]Chapitre 59 sur 274 · Cette inscription était accompagnée des vers suivants · texte numérisé non relu

Cette inscription était accompagnée des vers suivants

Sculpteiu*, peintre, architecte, en mon vivant je fus.

Digne, s'il en fut un, d'un second Alexandre.

Paris fut mon berceau, ma paroisse [eut] ma cendre,

PIBRRK BIART. I7I

Cependant le docte historien de Paris attribue au même artiste le jubé de Saint-Étienne-du*Mont, quMl apprécie dans les termes suivants : « Le jubé fiait par le même {Biart) est très-galant; les degrés Bont fort ingénieusement et hardiment suspendus; le trait et la coupe de pierre est universellement admiré, mais il me semble un peu trop chargé d*ouvrage. » Ce jubé est, en efièt, un tour de force de stéréotomie, mais le célèbre sculpteur en a-t-il été effectivement Parchitecte? Sa brillante individualité n'aurait-elle pas absorbé à son profit celle plus humble de quelque habile constructeur du temps ? Il y a tant d'exemples de ces supercheries, même de nos jours!

Enfin, si Ton en croit les vers qui accompagnaient Tinscription funéraire citée plus haut, Biart aurait aussi cultivé la peinture. Mais faut-il prendre à la lettre une épîtaphe poétique et toutes les hyperboles qu'elle peut comporter; une épitaphe, cette dernière des vanités de l'homme !

Quoi qu'il en soit, l'acte découvert par M. Jules Guifircjr vient affirmer pour Biart — au moins à titre officiel — cette qualité d'architecte qui n'était attestée par aucun document authentique. Cette pièce nous apprend aussi que le traitement du Surintendant des Bâtiments royaux était, en iSgo, de cinq 'cents écus, soit, au pouvoir actuel de l'argent, environ cinq mille francs de notre monnaie.

Mais ce document présente un intérêt plus réel, peut-être, en

Et le ciel mon esprit, qui me Tavoit infiis. Le démon de nature eut peur d'être confus, Et, voyant mon ouvrage à sa gloire prétendre, Il aborde la Mort, il la force à me prendre : « Volontiers, se dit-elle, il n'est pas de refus. »

Elle me tira donc hors des geôles chamelles, Pour être citoyen des voûtes éternelles. Où le sang de Jésus me fit avoir un lieu. Je travaillerois, las! selon mon ordinaire, Si tout ce qui ressent l'inconstance lunaire Ne me déplaisoit point, autant que me plaît Dieu.

Après avoir vu Rome, en Fnnce je revins. Pour faire ma fortune aveque mon ouvrage; Mais son ingratitude abaisse mon courage : Tout vient aux ignorans, rien aux hommes divins.

(Sauvai, 1. 1*', p. 442.)

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ce quUl fixe une date importante inconnue jusqu'ici » celle de la mort de Baptiste Androuet du Cerceau, En effet la nomination de Biart, son successeur, étant du 18 septembre i5qo, il y a grande apparence que la mort de Baptiste Androuet doit dater de la même année. Le texte de l'acte dont il s'agit laisse d'ailleurs peu de doute à cet égard ; à propos du nouveau titulaire le rédacteur de cet acte dit : « donnons et octroyons par les présentes, Testât et office d'architecte et superintendant ordonnateur de la despence des Bastimens du Roy, que naguères souloit tenir et exercer Baptiste Androet de Cerceau, vaccant a présent par son trépas » Evidemment les termes mêmes de cette nomination visent un décès récent, non une mort déjà ancienne.

C'est donc à tort que j'ai dit ailleurs* qu'en 1698 Baptiste Androuet travaillait au château de Pau pour Catherine de Bourbon, princesse de Navarre. Je suis d'autant plus en faute que, dans le document auquel j'ai emprunté le fait', le nom de Du Cerceau n'étant accompagné d'aucun prénom, je n'aurais pas dû me hâter de conclure qu'il s'agissait de l'architecte de Henri III. Mon erreur vient de ce que, ignorant Tannée de la mort de Baptiste, il m'avait paru naturel de supposer que l'architecte de Henri IV fut en même temps celui de la princesse Catherine, sa sœur. J'ai eu tort et c'est l'acte de nomination de Biart qui a raison. Ce n*est donc pas de Baptiste qu'il peut s'agir en i5g8, mais de son frère Jacques II, qui vécut jusqu'en 16 14.

Ajoutons que M. Robert Dumesnil a décrit dans son Peintre^

Graveur français (t. V, p. 64) la seule pièce de Pierre Biart

le père qu'on connaisse.

Adolphe Lance.

Charles de Lorraine, Duc de Mayenne, Lieutenant général de TEstat et couronne de France, à tous ceulx qui ces présentes lettres verront, salut. Scavoir faisons que, pour la parfaicte et entière confience que nous avons de la personne de M« Pierre Byart^ et de ses sens, ^ffisance, loyaulté, preud'hommie, expérience et

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