AU. LOUVRE
garrotées et attachées par derrièie. Ldurs yeux étoient flétris et collés contre leurs genoux. La tête leur tomboit sur l'estomac, mais si apesantie de tristesse qu'elle entrainoit le reste du corps par son poids. Un talon et une jambe sembloient venir au secours d'un abattement si extraordinaire^ avec si peu de fermeté pourtant qu'il étoit aisé de juger que cela se faisoit plutôt par quelque instinct de nature que par aucun soin que ces pauvres malheureux prissent de prolonger leurs vies plus longtemps. En un mot, on ne pouvoit pas voir une tris* tesse ni mieux conçue, ni exprimée plus naïvement, ni un renversement de corps plus désespéré par tout le corps. L'anatomie étoit si bien entendue, particulièrement sur les épaules et sur le ventre couvert de quantité de plis écrasés, qu'on y remarquoit toutes ces différentes passions que la nature donne à ceux qui sont véritablement affligés. Enfin ces captifs, en la posture où Biart les avoit mis, disoient plus de choses par leur contenance muette qu^ils n^auroient £Eiit dans une harangue longue et étudiée. »
Sauvai n'ezagère-t-il pas un peu ? On se les figurerait plutôt trop détaillés et trop contournés, mais cette admiration montre l'estime où on les tenait de leur temps.
M. Prosper Blanchemain, Bulletin du Bouquiniste, 1 5 décembre 1873, p. 216, a signalé que le poète sa^rique Jacques Dulorens était l'ami du peintre Claude Vignon et du sculpteur Pierre Biard, c'est bien entendu du fils et non pas du père.
En la présence des Notaires soubzsignez Pierre Biardf architecte et sculpteur ordinairç du Roy, a confessé avoir eu et reçeu comptant, dès le neufiesme jour de novembre mil six cens deux, de noble homme M® Henry Estienne, trésorier des bastimens du Roy,