‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793) [Documents recueillis et annotés]Chapitre 62 sur 274 · TRAVAUX DE P. BIART · texte numérisé non relu

TRAVAUX DE P. BIART

L'indication du cdté de Saint-Thomas voisin du pavillon Lesdiguières iait d^abord penser au côté nord de la galerie du quai, et alors il serait probable de penser que ce portique était au revers du joli portique à balcon qui £ait le centre de la première partie de la grande galerie, — celui que le^ nouveaux plans ont si malheureusement bouché pour le réduire à n^avoir plus l'air que de servir d^entrée à un petit caveaui du cimetière, en appliquant contre lui le bâtiment qui sépare les deux cours et qu'on pouvait tout aussi bien rejeter à sa droite ou à sa gauche pour garder à Tune des cours cette belle entrée dont rien ne motive la suppression.

Mais rindication de la pièce est formelle. Il ne s'agit pas de la grande, mais de la petite galerie, de celle au rez-de-<haussée de laquelle la reine a fait ses appartements, et dont la galerie du premier étage est, après l'incendie de 1661, devenue la Galerie d'Apollon. L'indication de Saint-Thomas n'est pas une indication de voisinage, mais de direction; on aurait aussi bien dit: « Du côté des Tuileries, n Autrefois la petite galerie, sauf sur le quai où la grande galerie partait en angle de son extrémité, était éclairée des deux côtés. Les bâtiments qui la doublent du côté du Carrousel sont de Louis XIV, et Brice se plaint dans sa seconde édition (1687) que le nouveau bâtiment ôte la lumière au rez-de-chaussée. Dans les anciens plans que M. Berty a reproduits (le Louvre et les Tuileries, I, 261) on voit très-clairement que du côté de la cour des Cuisines il y avait une porte centrale correspondant à celle encore existante du côté du jardin. Cest la première qui figure dans notre pièce, et Sauvai va nous décrire ce que Biart y avait mis, dans son article sur les dehors de la petite Galerie (II, 17) :

Pour éclairer le nouvel appartement de la Reine on a ruiné deux figures de Captifs, de la main de Pierre Biart, le Praxi telle de son temps. Elles m'ont paru si accomplies qu'il faut que je les décrive, afin que la postérité sache la perte que nous avons faite. Ces Captifs étoient couchés à leur séant et courbés avec un abandonnement fort naturel et qui marquoit bien l'excès de leur affliction. Leurs corps pendoient à leurs mains

Page 1