‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793) [Documents recueillis et annotés]Chapitre 78 sur 274 · FRANÇOIS JOLIVET ET JACQUES PICOU · texte numérisé non relu

FRANÇOIS JOLIVET ET JACQUES PICOU

ExécuréEs dans un hôtel rue Sainte-Avoye

Document communiqué et annoté par M. J. J. Guiffrey.

Un bourgeois riche et vaniteux vient de se £eiire construire un hôtel; il s'agit de le décorer dans le goût le plus galant; peintures aux plafonds, peintures aux trumeaux, peintures sur les portes, le tout encadré de filets d'or ; rien n'est trop beau ni trop riche à son gré. Mais, quand survient le quart d'heure de Rabelais, le croquant discute» conteste, et en somme ne veut pas donner le prix qu'on lui demande. L'histoire date de deux siècles; il semblerait qu'elle est d'hier. Toutefois notre homme fait encore preuve d'une certaine dose de bon sens et, au lieu de s'adresser à dame Justice, convient avec ses adversaires de s'en rapporter à la décision de deux experts représentant chacune des parties. Telle est l'origine de l'estimation qu'on va lire. Elle nous a paru curieuse parce qu'elle présente le détail de la décoration d'un riche hôtel bourgeois de la fin du xvii* siècle.

Plusieurs artistes figurent dans cette expertise; d'abord les intéressés François Jolivet et Jacques Picou, auteurs des décorations. Tous deux étaient peintres de l'Académie de Saint-Luc à l'époque qui nous occupe; Jolivet avait reçu la maîtrise le 29 janvier i635, et Jacques Picoult ou Hcoust, le 28 avril 1668 (Voyez les listes des membres de l'Académie de Saint-Luc en 1671 et 1682 publiées dans le t XIII de la Revue universelle des Arts, p. 323). Sur Jolivet nous n'avons pas d'autres renseignements; mais il n'en est pas de même de ce qui regarde son collaborateur. En effet M. Jal a établi que Jacques Picou était de

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