FRANÇOIS JOLIVET
cette fiEimille qui jeta un certain éclat au commencement du xvii* siècle, qui s'allia avec la célèbre famille des Ramel et des Bahuche) et occupa enfin d^importantes charges dans la garde et la conservation des châteaux royaux. Jacques Picou serait le fils d'un Robert Picou, deuxième du nom, neveu de Marguerite Bahuche et figurant encore sur les états de gages de x656 comme ayant l'entretien des peintures de la galerie du Louvre, etc., etc. (Voy. Nouvelles Archives, 1872, p. 43). M. Jal a constaté qu'il assistait encore au mariage de son fils en i665, mais n'a pu retrouver la date exacte de son décès. Il a été plus heureux pour notre Jacques, né vers i638, et mort rue Galande le 6 juillet 1697. Nous avons vainement cherché dans G. Brice Tindication de l'hôtel du sieur DelaviUe, qui cependant était décoré avec luxe et aurait pu être désigné à la curiosité des étrangers.
RAPPORTS d'experts.
L'an 1680, le 23 décembre, nous Pierre Grandguillaume, architecte du Roy^ et Aignan Guignu, maistre maçon à Paris, experts nommés et convenus par certain écrit en datte du 28 du mois de novembre dernier, passé pardevant Mousnieret Desnotz, nottaires, par les parties cy après nommées, sçavoir, nousGrandguillaume, de la part de messire Noël Delaville, conseiller du Roy, receveur général des finances en la généralité de Limoges^ propriétaire de la maison en laquelle ledit sieur demeure, rue Sainte-Avoye, d'une part, et moy Guignu, par Frabçois Jolivet et Jacques Picou, maistres peintres à Paria, d'autre part. Lesquelz sur la dificulté qu'il y a entr'elles pour raison du prix des ouvrages, attendu qu'il n'y a aucun marché pardevant notaires ni par écrit privé, et pour éviter les lon-
I. Grandguillaume ne figure pas dans le Dict. des Architectes français de M. Lance; on le voit souvent paraître, vers la fin du xvn'* s., en qualité d'expert, dans les affaires litigieuses.
ET JACQUES nCOU. 211
gueurs qui se trouveroient si les choses se passoient en rigueur, sont convenues de nous, comme dit est, pour voir, toiser, et visiter les ouvrages faits par lesdits Jolivet et Picou en la maison dudit sieur Delaville, les priser et estimer en nos âmes et consciences, et rendre notre raport par ëcrit, rédigé par M* Michel Le Comte, greffier des bâtiments, nommé par les parties, au plus tard dans ledit jour, promettant lesdittes parties, chacune à leur égard, de nous mettre es mains les mémoires et pièces qui nous peuvent servir incessamment et xl'exécuter notre raport selon sa forme et teneur, à peine de tous dépens, domages et interests. Nous sommes le susdit jour, mois et an, transporté en laditte maison sus déclarée, où étans, en la présence des parties, nous avons toisé, prisé et estimé les ouvrages de peinture dont est question, au terme porté par ledit acte susdatté, et de tout fait et dressé notre présent raport selon et ainsi qu'il ensuit :
Premièrement le plafond de Tapartement d'en bas où est le bureau dudit sieur, peint de deux couches de gris de perle à huylle, où il y a aux quatre coings les quatre arts libéraux, un gros cordon de sculpture et les chiffres dudit sieur, enfermé dans le plafond orné de feuilles de refent ou modillons et fillets qui enferment la corniche, le tout doré d'or mat que nous estimons 5oo *
Plus, le lambiy peint de deux couches de grisaille à huille et tous les filetz dorez d'or mat, et un tableau dans la cheminée, que nous estimons 3oo *
Plus, le cabinet attenant de celuy dudit sieur, peint de deux couches de grisailles, le plafond et le lambris remplis de filets d'or mat 35o *
Plus, le plafond du vestibule en entrant, peint d'un