F. Engerand, t. I, p. 258; Villot, n° 140; C S., n
2. Louis-Michel Van Loo exécuta en 1760 et dans les années suivantes plusieurs portraits de Louis XV de grandeur naturelle. F. Engerand, t. II, p. 488 à 492.
3. Voir la note 3 de la page précédente. Villot, n» 337; Tauzia, n° 325; C. S., n° 1454.
4. Peut-être s'agit-il de Claude-Philibert Goqueau, expert du Département ?
qu'il a fait transporter de Versailles au château des Tuileries le 28 décembre 1791. Ce neuvième tableau, qu'il a oublié d'indiquer, représente VEnlèvement de Déja?îire, sa grandeur, y compris la bordure, est de 10 pieds 2 pouces de haut sur 7 pieds 3 pouces de large.
A Versailles, le 23 avril 1793.
Archives nationales, F^'' io5g, n° i.
Décret ordonnant le transport dans le Dépôt du Louvre des tableaux et autres monuments relatifs aux Beaux-Arts se trouvant dans les maisons royales.
19 septembre 1792.
L'Assemblée nationale, considérant qu'il importe de réunir dans le Muséum les tableaux et autres monuments relatifs aux Beaux-Arts qui se trouvent épars en divers lieux, décrète qu'il y a urgence.
L'Assemblée, après avoir décrété l'urgence, décrète ce qui suit :
Article premier. — La Commission des monuments fera transporter sans délai dans le Dépôt du Louvre les tableaux et autres monuments relatifs aux Beaux-Arts qui se trouvent actuellement dans les maisons ci-devant dites royales et autres édifices nationaux.
Art. 2. — Quant aux statues placées dans les Jardins de Versailles, elles resteront en place jusqu'à ce qu'il en ait été autrement ordonné.
Art. 3. — Les corps administratifs et municipaux prêteront assistance à la Commission des monuments
pour Texécution du présent décret et veilleront spécialement à ce qu'il ne soit apporté aucun dommage aux monuments qui seront laissés sous leur surveillance.
Archives nationales, F'7*243, toi. 34.
Certificat des commissaires
POUR LA conservation DES MONUMENTS.
21 septembre 1792.
Nous soussignés, députés à l'Assemblée nationale et commissaires pour la conservation des monuments et des arts, certifiions ce qui suit :
Nous avons adopté un plan général de distribution pour établir dans les différentes galeries du Louvre les tableaux, statues et autres effets précieux. Ce plan nous a forcés de retirer à M. Charles', professeur de physique, la portion de la galerie d'Apollon qui lui avait été accordée pour le placement de son cabinet de physique, donné à la Nation et accepté par le décret de l'Assemblée nationale du 1 5 janvier dernier. Mais, en même temps, considérant que M. Charles a fait à ses frais la translation et disposition de ce cabinet et que le second déplacement qu'il en fait va lui occasionner de nouvelles dépenses et des travaux considérables, nous croyons qu'il est de la justice de la Nation de lui accorder une indemnité et nous esti-
I. Charles (César- Alexandre), physicien et aéronaute, membre de l'Académie des sciences et de l'Institut, né à Beaugency le i3 novembre 1746, mort à Paris le 7 avril 1823, substitua, dans les aérostats, le gaz hydrogène à l'air chaud; il fit, avec Robert, la première ascension le i" décembre 1783.
mons qu'il convient de lui accorder une somme de trois mille livres sur les fonds destinés aux arts.
A Paris, le 21 septembre 1792, l'an 4^ de la liberté et le I" de l'égalité.
Courtois, Grandpré, P. Cossard, commissaire, • H. Reboul, commissaire des monuments.
Vu le rapport ci-contre, approuvons que la dite indemnité soit accordée à M. Charles et payée sur les fonds indiqués.
Paris, le 28 septembre de l'an i^^de la République.
Roland.
x\rchives nationales, F* i3i2 (à la date du 19 mai lygS).
Brevet de commissaire du Muséum pour le s"" Jollain.
Au nom de la Nation.
(i^r octobre 1792.) Le Conseil exécutif provisoire, à tous ceux qui ces présentes verront, salut.
Sur le rapport fait au Conseil exécutif provisoire par le ministre de l'Intérieur, spécialement chargé par sa place et par les décrets particuliers de l'Assemblée nationale d'ordonner, dans le Louvre et les galeries dépendantes, les dispositions nécessaires pour remplacement de tous objets d'arts de nature à composer un Muséum national, de surveiller ces dispositions de manière que chaque objet soit vu sous son exposition la plus avantageuse et conservé dans son meilleur état, le tout à dessein de commencer et de suivre un plan d'organisation pour ce Muséum destiné à devenir public, à offrir aux artistes pour leur
instruction et aux arts pour leurs progrès la jouissance des richesses nationales qu'on y rassemblera, enfin à devenir le centre d'attraction des amateurs éclairés et des hommes d'un cœur pur, qui, savourant les délices de la nature, trouvent encore des charmes dans ses plus belles imitations.
Le Conseil exécutif provisoire a formé une Commission, composée de six membres distingués dans les arts, la mécanique, l'optique et autres sciences utiles aux arts, lesquels seront chargés, en se concertant entr'eux, de proposer les travaux relatifs à l'établissement et à la conservation du Muséum, de veiller à l'exécution de ces travaux, de diriger l'emplacement des objets, enfin de prendre à la pluralité des voix telle délibération qui sera nécessaire pour la soumettre ensuite à l'examen du ministre de l'Intérieur qui en ordonnera l'exécution, suivant qu'elle lui paraîtra convenable. Et, sur la connaissance des talents et du patriotisme du s^ Jean-René Jollain\ le Conseil exécutif provisoire le nomme pour l'un des six commissaires dont il s'agit, lui accordant par provision un traitement annuel de la somme de 2,000^, qui commencera à courir du premier octobre et lui sera payé de mois en mois.
Il continuera de plus à jouir, pendant la durée de sa vie, du logement qu'il a, soit au Louvre, soit aux galeries du Louvre, avec l'assurance d'un autre équi-
I. Nicolas-Jean-René Jollain, né à Paris en 1732, élève de J.-B. Pierre, 2" grand prix de Rome en 1764; agréé de l'Académie le 3i décembre 1765; reçu académicien le 3 juillet 1773 {le Charitable Samaritain, église Saint-Nicolas-du-Chardonnet). Garde des tableaux du roi en 1788. Dans la séance du 11 juin 1793, il fut élu membre de la Commission des monuments en remplacement du peintre Doyen, alors à Saint-Pétersbourg, et considéré comme démissionnaire (L. Tuetey, t. I, p. 233).
valent dans le cas où celui-là lui serait retiré pour des besoins d'administration générale.
Ordonne, en outre, le Conseil exécutif provisoire que le s"" Jean-René Jollain entrera dans l'exercice de sa place du moment que le présent brevet lui sera remis, que toute autre chose relative aux fonctions et aux objets dont la présente Commission devient chargée, est et demeure supprimée à l'instant et que les traitements des commissaires appointés seront pris sur les fonds destinés précédemment pour lesdites places supprimées.
Fait à Paris, le (!«■" octobre 1792), l'an premier de
la République.
Par le Coyiseil.
Nota. — Même brevet a été expédié aux citoyens ci-après nommés :
Jean-Baptiste Re^nault\ François-André Vincent^,
1. Jean-Baptiste Regnault, peintre d'histoire, Paris 1754 -}- 1829. Elève de Baiidin. Prix de Rome, 1776 [Diogène visité par Alexandre). Agréé de l'Académie en 1782; reçu académicien en 1783, membre de l'Institut en 1793. Il exposa souvent aux Salons depuis 1783 jusqu'en 1799. Les Musées du Louvre, de Versailles, d'Angers, de Montpellier, d'Orléans, d'Avignon, etc., possèdent de ses œuvres.
2. François-André Vincent, fils du peintre François-Élie Vincent (1708 ■{- 1790), peintre d'histoire et graveur, Paris 1746 -{- 1816. Elève de son père et de Vien. Grand prix de Rome en 1768 {Germanicus apaisant la sédition dans son camp). Agréé à l'Académie en 1777, reçu académicien en 1782, adjoint à professeur en 1785, professetjr le 3i mars 1792. Ce fut la dernière nomination de l'ancienne Académie de peinture et de sculpture. Membre de l'Institut et de l'Académie des beauxarts, professeur à l'Ecole polytechnique. Il avait été nommé, par le comte d'Angiviller, garde des dessins du Cabinet du roi, à la mort de Cochin, le 3 mai 1790. Comme nous le verrons dans la suite, il demandera à reprendre ces fonctions et il obtiendra satisfaction. Le Louvre, les Musées d'Amiens, de
Charles Bosstit*, sans appointements, Pierre Pasquier^^ Pierre Cossart^.
Archives nationales, F^' loSg, n' i.
Commission du Muséum a Roland.
A Paris, le 8 novembre 1792,
l'an !««■ de la République.
Monsieur,
Il est resté entre les mains du s»" Grandpré'* un
Montpellier, de Toulouse, de Bordeaux^ d'Orléans, de Besançon, de Rouen, de Valcnciennes, etc., possèdent des œuvres de Vincent, qui exposa régulièrement aux Salons de 1777 à 1801.
1. Charles Bossut, géomètre (1730 f 1814). Membre de l'Académie des sciences, professeur à l'Académie d'architecture; puis membre de l'Institut et professeur à l'Ecole polytechnique. Bien que n'étant pas ordonné, il porta, jusqu'en 1792, l'habit et le litre d'abbé. Œuvres principales : Cours complet de mathématiques (1780 et années suivantes, réuni en 7 vol. in-S" en 1801). Recherches sur la construction la plus avantageuse des digues (1764 et 1798, in-4°). Recherches sur les altérations que la résistance de l'éther peut produire dans le mouvement moyen des planètes (1766, in-4''). Essai sur l'histoire générale des mathématiques (1802 et 1810, 2 vol. in-8°), etc.
2. Pierre Pasquier, né à Villefranche (Rhône) en 1731, mort à Paris le 14 novembre 1806. Peintre en émail et en miniature. Agréé à l'Académie le 27 février 1768, reçu académicien le 28 octobre 1769, avec les portraits en émail de Louis XV et du roi de Danemark comme morceaux de réception. Il exposa aux Salons de 1769, 1771 (portrait de Voltaire, etc.), 1773, 1775, 1777, 1779, 1781, 1783. Il forma un cabinet de tableaux dont il fit une vente publique le r' mars 1781 : Catalogue d'une collection de tableaux des trois écoles du cabinet de M. P. (une note manuscrite sur l'exemplaire de la Bibliothèque nationale complète le nom), dont la vente se fera le i" mars 1781 à l'hôtel Bullion...
3. Pierre Cossart, peintre miniaturiste. Il exposa aux Salons de 1808 et 1812. Il entra à la Commission du Muséum avec Courtois et Reboul par fusion de la Commission instituée le II août 1792 avec celle des Monuments (voir Louis Tuetey, t. I, p. 123 et i3i).