‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793). Par Alexandre Tuetey et Jean GuiffreyChapitre 25 sur 132 · Peintre, marchand de tableaux, qui fut autrefois employé · texte numérisé non relu

Peintre, marchand de tableaux, qui fut autrefois employé

catalogue général des tableaux qui existaient dans les maisons cy-devant royales. Nous avons besoin de ce catalogue, et nous vous prions de vouloir bien enjoindre au s"" Grandpré de le remettre au porteur de votre ordre.

JoLLAiN, Vincent, Bossut, Regnault, Pasquier. Archives nationales, F^' loSg, n" i.

Commission du Muséum a Roland.

A Paris, le 8 novembre 1792,

l'an i^r de la République.

Monsieur,

Nous vous prions de vouloir bien donner les ordres

nécessaires pour que nous puissions faire transporter

dans le Muséum tous les tableaux qui se trouvent

actuellement aux Tuileries, notamment la Déjanire

du Guide \ les Pèlerins d'Emmaiis^ de Paul Vero-

à des restaurations de tableaux. Dans Vhiventaire des tableaux commandés et achetés par la direction des Bâtiments du roi, iyog-i'jg2, publié par F. Engerand, on relève cette note à propos d'un tableau de Netscher : Dame à sa toilette, p. 606 : « Il est perdu sans retour depuis que M. Grandpré y a touché » (voir p. i3). Les états de tableaux ayant subi des restaurations, que nous publions ici, montrent que Grandpré était commis à l'inspection de ces travaux. Il fit partie de la Commission des arts qui précéda la Commission du Muséum. Voir plus loin le rapport du 8 février lygS. Sur le rôle de Grandpré dans le transfert, la garde et la restauration des tableaux du Muséum, voir L. Tuetey, t. I, p. 134, i35 et 3oo. Le rapport que l'on verra plus loin sur les restaurations de tableaux opérées par Herinckx (24 févr. 1793, pièce n° 23) prouve encore que Grandpré avait conservé une surveillance supérieure sur les travaux de restaurations de tableaux, dans lesquels il paraît s'être spécialisé.

I. Déjanire et le Centaure Nessus, déjà cité plus haut avec les trois autres compositions du Guide de la même suite (voir

nèse*^ la Famille de Darius^ par Le Brun-, et autres tableaux de plusieurs grands maîtres. Ce transport est très instant par plusieurs raisons. Nous nous contenterons de vous faire observer que le château des Tuileries étant maintenant rempli d'ouvriers, les tableaux sont exposés à toutes sortes de dangers.

Vincent, Bossut, Regnault, Pasquier, Jollain.

P. -S. — Notre trésorier se plaint qu'il n'a encore rien eu dans sa caisse. Nous vous prions de vouloir bien la garnir.

Archives nationales, F'" loôg, n" i.

Récépissé de Pasquier, trésorier, POUR les dépenses du Muséum.

1 1 novembre 1792.

J'ai reçu de M. Coquéau une ordonnance du ministre de l'Intérieur de la somme de trois mille livres à toucher sur le Trésor national, pour les dépenses provisoires du Muséum.

A Paris, ce onze novembre 1792, l'an i^r de la

République.

Pasquier, Trésorier pour les dépenses du Muséum.

Archives nationales, F'^ i285.

p. 22) (collections de Charles I" d'Angleterre, de Jabach et de Louis XIV). F. Engerand, t. I, p. 149 et i5o; Villot, n" 337; Tauzia, n° 325; C. S., n» 1454.

1. F. Engerand, t. I, p. 85 et 86; Villot, n° 107; Tauzia, n" 99; C. S., n° 1196.

2. Exécuté en 1660. Les trois autres compositions représentant des épisodes de la vie d'Alexandre furent peintes plus

ET LA CRÉATION DU MUSEE DU LOUVRE. ' 3l

Roland a la Commission du Muséum.

Le ministre de l'Intérieur aux commissaires inspecteurs du Muséum.

Paris, le 12 novembre 1792, l'an i^"".

Vous m'informez de la nécessité pressante de pourvoir au prompt transport dans les dépôts provisoires du Muséum des tableaux précieux qui existent aux Tuileries. Je reconnais comme vous le danger qu'il peut y avoir à laisser plus longtemps de tels chefsd'œuvre exposés aux dangers résultant de l'approche des ouvriers et de tout le mouvement inséparable des constructions qui se font dans le voisinage. Je vous prie en conséquence de vous concerter pour en opérer le transport, soit avec mes commissaires à la surveillance des Tuileries', soit avec les commissaires de la Convention, soit avec toutes autres personnes dont les opérations relatives aux scellés ou à la conservation des bâtiments ou effets nationaux rendraient à cet égard l'intervention nécessaire, et je les invite à regarder celui d'entre vous, que vous rendrez à cet effet porteur de la présente, comme suffisamment autorisé de moi par sa seule exhibition.

Archives nationales, pi^ loSg, n" i.

tard (i66i à 1668). F. Engerand, t. I, p. Sig, 32o; Villot, n° 72; C. 5., n° 5ii.

I. Ces commissaires, institués après le 10 août, étaient Boursault, Colmar, Duchosal, Ferrières, Gonchon, Larivée, Rousset et Valcourt. Cf. A. Tuetey, Répertoire^ t. VI, n" 2693, 2697,

Commission du Muséum a Roland.

Paris, le 14 novembre 1792,

l'an I" de la République.

Monsieur,

Nous avons lu avec attention le mémoire qui vous a été adressé par M. Le Brun* à l'effet de vous engager à accepter ses soins pour la formation du Muséum. Les raisons dont il appuie sa proposition ne nous paraissent rien moins que convaincantes. Nous ne voyons aucun avantage à l'employer et nous y trouvons quelques inconvénients dont le détail est inutile ici. Nous avons fait connaître nous-mêmes à M. Le Brun notre opinion à cet égard.

Vincent, Pasquier, Regnault, Bossut,

P. COSSART, JoLLAIN.

Archives nationales, F'' loSg, n" i.

Commission du Muséum a Roland.

Paris, le 23 novembre 1792,

l'an 1" de la République.

Monsieur,

Il est essentiel pour l'ornement et pour le complément

I. Jean-Baptiste-Pierre Le Brun ou Lebrun, peintre et marchand de tableaux (Paris 1748 -}- i8i3). Elève de Deshayes, Boucher, Fragonard. Il avait épousé M"" Louise Vigée, alors émigrée, avec laquelle il divorça plus tard. Sous l'ancien régime, Le Brun avait été plusieurs fois chargé d'acquérir aux ventes publiques, ou de gré à gré, des tableaux pour le Cabinet royal. Le mémoire dont il est ici question est probablement celui

du Muséum national que vous ayez la bonté d'inviter la Commission des monuments, section des arts, à nous livrer, sous notre simple récépissé, tous les tableaux que nous jugerons à propos de choisir dans le Dépôt des Petits-Augustins ' . Cette forme est la plus expéditive que nous puissions vous proposer : elle vous épargnera une multitude d'écritures inutiles et à nous des démarches qui absorberaient en pure perte un temps que nous devons tout entier à nos

fonctions.

Vincent, Bossut, Regnault, jollain, p. cossard.

Archives nationales, Pi' loSg, n" i.

Roland au Directoire du Département et a la Commission du Muséum.

Le ministre de l'Intérieur aux administratew's du département de Paris.

Paris, le 3 décembre 1792, l'an i*"".

J'ai chargé les commissaires par moi nommés

qui fut imprimé et dont il sera fait mention plus loin (p. 56 à 61). Ce refus est la cause de la haine que Le Brun montra à cette première Commission du Muséum et des pamphlets qu'il écrivit contre elle. Ces attaques étaient inspirées ou encouragées par David.

I. Sur la Commission des monuments, son organisation, ses membres, ses travaux, voir la préface de l'excellent ouvrage que nous avons déjà cité, Procès-verbaux de la Commission des monuments, publiés par M. L. Tuetey dans les Nouvelles Archives de l'Art français, années 1901, 1902. Sur les tableaux de ce dépôt, voir Catalogue historique et chronologique des peintures et tableaux réunis au dépôt national des Monuments français, par Alexandre Lenoir..., publié avec notes d'A. de

pour l'inspection et formation du Muséum national de retirer du Dépôt des Petits-Augustins tous les objets qui peuvent y exister, susceptibles d'être réunis à cette collection intéressante pour les amis des arts et des lumières. Cette opération devant s'exécuter avec votre concours, je leur ai recommandé de vous voir, de vous remettre cette lettre et de se concerter avec vous. Je vous prie en conséquence de nommer deux commissaires pris dans votre sein, tant pour les accompagner et les seconder dans cette opération que pour veiller à ce que toutes précautions conservatrices ordonnées par la loi soient fidèlement observées. Le besoin de se mettre le plutôt possible en état de commencer les ventes, après la distraction faite des objets précieux, s'unit à celui d'accélérer tout ce qui est relatif à la formation du Muséum pour en faire espérer que vous différerez le moins possible la nomination de vos commissaires et l'exécution des mesures ultérieures.

Aux COMMISSAIRES DU MuSÉUM^

Le ministre de l'Intérieur aux commissaires inspecteurs du Muséum national.

Paris, le, etc.

Je joins ici sous cachet volant la lettre que j'écris

Montaiglon, dans la Revue universelle des Arts, t. XXI, i865, p. 6i à 86 et 122 à i6o. Il semble que jusqu'à ce moment la Commission du Muséum ait travaillé de concert avec la Commission des monuments. Le peu de pièces émanant de la Commission du Muséum jusqu'à cette date, et l'assiduité de certains membres de cette commission, Cossard, Regnault, aux séances de la Commission des monuments le confirment. La réclamation de ces tableaux dut être une cause de rupture. La Commission du Muséum va désormais montrer plus d'activité. I. Dès le 20 octobre 1792, Le Blond, au nom de la Commis-

au département de Paris pour l'informer que je vous ai chargés de retirer du Dépôt des Petits-Augustins tous les objets susceptibles d'être réservés pour le Muséum national et l'inviter à nommer des commissaires pour vous seconder et faire tout ce que de droit dans cette opération. Vous voudrez bien voir le Département, lui remettre une lettre et solliciter de lui le plus prompt égard à ce qu'elle contient. Vous aurez également soin de prendre et de requérir vous-mêmes, s'il y a lieu, toutes précautions relatives à la convenable décharge des scellés et des gardiens, ainsi qu'à tout ce qui doit assurer la régularité des opérations de cette nature.

Archives nationales, Pi' io59, n° i.

Roland a la Commission du Muséum.

Le ministre de l'Intérieur aux commissaires inspecteurs du Muséum national.

Paris, le 5 décembre 1792, l'an i^f de la République, Je vous ai adressé avant-hier une lettre pour vous et une autre incluse pour le département de Paris, afin de vous mettre à portée d'effectuer le plus promptement possible au Muséum national le transport des objets y destinés qui peuvent se trouver aux Petits-Augustins. Le besoin de faciliter de plus en plus les opérations intéressantes qui sont confiées à

sion des monuments, avait écrit au ministre pour lui faire connaître les inconvénients de transporter au Louvre les tableaux du Dépôt des Petits-Augustins (L. Tuetey, t. I, p. 299 et 3oo).

votre zèle me détermine à prendre une mesure encore plus générale et plus expéditive, et je vous autorise à cet effet, par la présente, dont je désire que l'exhibition vous suffise comme pouvoir en toutes circonstances, à vous concerter, soit avec la Commission des monuments, pour le triage des objets parmi ceux qu'elle aura déjà triés elle-même; soit même avec le Directoire du département de Paris, s'il y a lieu, pour les précautions conservatoires ou administratives à prendre à l'effet de choisir dans les différents dépôts nationaux tous les objets propres à enrichir le Muséum national et à vous les faire délivrer sur votre récépissé, au bas des procès-verbaux et inventaires qui en seront dressés. J'invite aux fins de la présente autorisation cette Tlommission et ce Directoire à vous seconder de tous leurs moyens et à vous prêter pour cet objet toutes les facilités qu'ils sont dans le cas de vous procurera Archives nationales, F*' loôg, n" i.

Remise de tableaux par Lenoir A la Commission du Muséum-.

5, 12 décembre 1792.

En conséquence d'un ordre du ministre Roland et

1. Trois commissaires du Muséum et deux membres du Directoire du département de Paris s'étaient présentés au Dépôt des Petits-Augustins le 5 décembre (voir L. Tuetey, t. I, p. i58).

2. Cet état et le suivant ont été publiés dans la Revue universelle des Arts (i865, p. 154 et suiv.), avec des indications sur l'emplacement actuel des principaux tableaux qui dispensent d'annotations nouvelles.

d'un procès-verbal dressé par les citoyens Cournand' et RighP, administrateurs du Département, en présence des citoyens Regnault, Vincent et Pasquier, commissaires au Muséum, j'ai remis à cette Commission nommée par le ministre Roland les tableaux suivants d'après leur choix, le cinq décembre mil sept cent quatre-vingt-douze, l'an premier de la République.

Savoir :

1 . L'Entrée de Jésus dans Jérusalem^ par La Hyre^ venant des Carmélites Saint-Jacques.

2. Les quatre tableaux de Saint -Martin -des- Champs, par Jouvetiet^.

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