PRÉFACE. VII
L'accusation formulée par David d'avoir trop légèrement confié à des incapables la restauration des tableaux du Muséum peut paraître plus grave, mais un examen laisse apparaître sa légèreté. Parmi les tableaux que signale David comme ayant particulièrement souffert se trouve VAntiope du Corrège, et on peut juger par là à quelle exagération il s'est laissé aller en rappelant ce qu'il dit de ce tableau : « Les glacis, les demi-teintes, en un mot tout ce qui caractérise particulièrement le Corrège et le met si fort au-dessus des plus grands peintres, tout a disparu... » D'autres critiques aussi péremptoires sont formulées contre la Couseuse, du Guide, Moïse foulant aux pieds la couronne de Pharaon, du Poussin, contre le Port de Messine, de Claude Gellée, contre les ports de mer, de Vernet qui ne furent pas restaurés. La Commission du Muséum semble au contraire avoir procédé avec prudence et méthode dans les réparations de tableaux qu'elle fit exécuter et dont Durameau lui-même, dans les notes du dernier inventaire des tableaux du Cabinet du roi, constatait furgence. Les rentoilages furent faits par des praticiens spéciaux et les restaurations confiées à des artistes qui paraissent s'être spécialisés dans cette fonction. Leurs