‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793). Par Alexandre Tuetey et Jean GuiffreyChapitre 57 sur 132 · Garât a la Commission des monuments · texte numérisé non relu

Garât a la Commission des monuments

Le ministre de l'Intérieur aux citoyens composant la Commission des monuments^.

Paris, le, etc.

J'ai reçu, citoyens, votre lettre du 25 de ce mois relative au traitement du gardien Lenoir, et de laquelle il résulte que vous êtes persuadés, comme moi, de l'inconvenance qui se trouve à ce que ce gardien soit payé par la Municipalité, de laquelle, aux

I. Mention de cette lettre est faite dans la séance de la Commission des monuments du 3o avril (L. Tuetey, t. I, p. 217).

termes de Tarticle V de la loi du 18 octobre, il ne peut dépendre, puisque ces gardiens doivent ou sont censés être établis par le ministre de l'Intérieur, et que c'est par le môme ministre que doivent être visés et ordonnancés tous les états de dépenses relatives à la Commission des monuments. Je viens d'écrire dans ce sens à la Municipalité en lui développant toutes les considérations légales ou autres qui doivent déterminer ce nouvel ordre de choses, je lui offre même de rétablir dans la caisse de la Commune les sommes qu'elle se trouve avoir incompétemment payées au citoyen Lenoir, et je vous autorise en conséquence, conformément au vœu exprimé dans Votre lettre, à comprendre désormais les appointements de ce gardien dans les états de dépense que vous aurez à me produire, sur le pied de 1,800^ par an, au lieu de i,5oo* que lui accordait la Municipalité. J'en ai prévenu directement le citoyen Lenoir, en l'avertissant au surplus que cette augmentation de traitement ne commencerait à courir en sa faveur que le premier mai prochain.

Le ministre de l'Intérieur aux commissaires inspecteurs du Muséum national.

Paris, le, etc.

J'ai reçu, citoyens, du gardien Lenoir la lettre qu'il vous avait annoncée devoir m'écrire. J'ai adressé à la Municipalité les observations qu'il était naturel de lui adresser sur le devoir où elle est de retirer l'arrêté que le citoyen Lenoir a opposé à l'exécution de mes ordres. J'en ai transmis à ce citoyen de nouveaux et

plus positifs encore. Je ne doute pas qu'il ne s'y conforme cette fois, et je vous invite en conséquence à reprendre sans délai les mesures nécessaires pour effectuer au Muséum le prompt transport des 47 tableaux que vous avez choisis avec la Commission des monuments.

Archives nationales, F>^ io32.

La Commission du Muséum a Lenoir.

Paris, 2g avril 1793, l'an 2"^ Nous espérons, citoyen, d'après la lettre que vous nous avez écrite et celle que nous recevons dans le moment du Ministre, que vous vous rendrez demain mardi à la Municipalité, à l'effet de faire lever tout obstacle à l'enlèvement des tableaux désignés pour le Muséum ; nous vous prions de nous marquer, à votre retour, si nous pouvons nous rendre au Dépôt mercredi avec nos porteurs pour cette opération.

P. COSSARD, BOSSUT, JOLLAIN, PaSQUIER,

Regnault.

Archives nationales, Fi"*243, fol. 87.

La Commission du Muséum a Garât.

Paris, 29 avril 1793, l'an 2'^ de la République.

Citoyen ministre.

Nous vous prions de vouloir bien donner des

ordres pour nous faire délivrer de la Salle des Antiques, contiée à la garde des citoyens Pajou et de Guignes*, les statues, bustes, tables et autres objets de sculpture qui doivent entrer dans le Muséum français, le citoyen Pajou est absent en ce moment, mais son fils et le citoyen de Guignes nous les remettront, sous notre récépissé, aussitôt que vous leur en aurez donné l'ordre, que nous sollicitons avec l'empressement qui nous anime pour la prompte formation du Muséum.

BossuT, Pasquier, Regnault, p. Cossard,

JOLLAIN.

Archives nationales, F'' loSg, n" i.

Rapport sur les mémoires de travaux POUR l'établissement du Muséum.

8 mai 1793.

Au mois d'août 1792, avant l'établissement de la Commission des monuments et de celle du Muséum et antérieurement aux lois qui, depuis, ont confié l'administration de cette partie au ministre de l'Intérieur, il avait été nommé par l'Assemblée législative une Commission particulière sous le nom de Commission des beaux-arts, dont il paraît que les premiers soins se portèrent sur les ouvrages à faire dans la galerie du ci-devant Louvre pour l'établissement du Muséum, quoiqu'il ne reste d'autre trace de cette Commission que les réclamations des ouvriers qu'elle a employés

I. Guignes (Joseph de), orientaliste, membre de l'Académie des inscriptions depuis 1754, remplit successivement les fonctions de censeur royal et de garde des antiques du Louvre.

et le nom du citoyen Grandpré, nommé probablement commissaire et chargé de pouvoirs pour en ordonner les travaux, il paraît cependant, par la vérification qu'en a faite l'inspecteur général des bâtiments de la République, que les ouvrages ont été réellement faits, tels qu'ils sont énoncés dans les mémoires qui viennent d'être produits.

Savoir :

Du citoyen Péan, maçon, pourdifférentsouvragesde maçonnerie, en demande : en règlement :

montant à . i,o65* 3 s. 4 d. 852^ i s. 10 d.

Du citoyen Bailli, menuisier,montant à .• . . 6,624^ 3 s. 4 d. 5,373^ 9 s. 7 d.

Du citoyen Blanpignon, serrurier, montant à . 269 ^'^ 5 s. 198** 11 s.

Du citoyen Sevaux, peintre, montant à . . . . 3,006** 16 s. 2,429** 9 s. 6 d.

Du citoyen Delporte, doreur, un mémoire montant à . . . 1,264** lo Set réglé à 1,174^* 10 s., mais qui exige une nou-

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