‹ La Commission du muséum et la création du Musée du Louvre (1792-1793). Par Alexandre Tuetey et Jean GuiffreyChapitre 64 sur 132 · Cambon (Joseph), Montpellier 1734 f Bruxelles · texte numérisé non relu

Cambon (Joseph), Montpellier 1734 f Bruxelles

mettre la lettre qui lui a été écrite par le citoyen Boileau, huissier, primo, pour lui demander le paiement d'une somme de 36,480^, à laquelle s'élève la collection de tableaux qu'il a été chargé d'acheter pour It compte de la Nation à la vente du mobilier de feu de Praslin; ces tableaux destinés au Muséum national se trouvent en ce moment, suivant la lettre du citoyen Boileau, déposés dans un hôtel absolument vide où Ton doit faire incessamment de nouvelles constructions et dans lequel il ne dissimule pas que cette collection ne puisse courir quelque risque; il presse par cette raison le citoyen Le Brun de la faire retirer et de lui compter la somme due aux héritiers Praslin pour cette acquisition, il ajoute que ce remboursement est d'autant plus urgent que les enfants mineurs ont acquis des domaines nationaux à l'achat desquels sont destinés les deniers provenant de la vente du mobilier de la succession. Vous jugerez, d'après la communication que je m'empresse de vous donner de la lettre écrite au citoyen Le Brun^ qu'il n'y a pas un moment à perdre pour solliciter de la Convention nationale le décret qui doit m'autoriser à faire payer le prix des tableaux achetés pour le Muséum national, afin qu'ils puissent être retirés du lieu où ils sont restés en dépôt en attendant ce paiement. Comme la Convention voudra vraisemblablement connaître la nature des tableaux qui ont été achetés pour le compte

député à la Législative et à la Convention, qu'il présida plusieurs fois. Il fit partie du Comité de salut public et du Comité des finances. Il rédigea en 1793 un rapport qui contribua puissamment à rétablir l'ordre et fit créer le grand livre de la Dette publique. Il participa à la chute de Robespierre; mais il dut s'enfuir et se cacher à Montpellier, où il vécut dans la retraite. Envoyé à la Chambre des représentants en 181 5, il fut exilé en 1816.

ET LA CRÉATION DU MUSÉE DU LOUVRE. ig3

de la République, J'ai écrit au citoyen Boileau pour qu'il ait à m'en adresser un état détaillé que je vous transmettrai de suite, pour qu'il puisse servir au rapport que le Comité aura à faire pour obtenir ce décret. Je n'ai pas besoin de vous rappeler que l'intérêt que prend le citoyen David, votre collègue, à tout ce qui peut contribuer à enrichir le Muséum national des arts, a seul déterminé à faire l'acquisition de ces tableaux qui, par leur importance, lui ont paru devoir y être très utilement placés.

Le ministre de l'Intérieur au citoyen Le Brun.

Je viens de recevoir la lettre que vous m'avez écrite aujourd'hui pour me presser de répondre sur l'objet du paiement des tableaux dont vous avez été chargé de faire l'acquisition à la vente du citoyen Praslin pour le Muséum national des arts. J'ai communiqué au citoyen Cambon votre première lettre et celle par laquelle le citoyen Boileau réclame l'acquittement des 36,480** dus aux héritiers Praslin pour le prix de cette collection. Je ne doute point que, d'après les vives sollicitations qui vous sont faites par l'huissierpriseur relativement à la rentrée de cette somme et les motifs qui exigent que ces tableaux soient promptement retirés et transportés au Muséum, le citoyen Cambon ne sollicite, en conséquence de ma lettre, un décret d'urgence qui mette à ma disposition les fonds nécessaires pour ce paiement. Je ne peux que vous inviter à voir à cet égard le citoyen David, afin qu'il accélère de son côté, autant qu'il lui est possible, le rapport du Comité des finances sur lequel ce décret doit être rendft. Il sera convenable que vous m'adres-

siez un état détaillé des tableaux acquis par le Muséum, afin que je le transmette de suite au citoyen Cambon. Archives nationales, F''' lobg, n° i.

Garât a Boileau, huissier-priseur.

Le ministre de V Intérieiw au citoyen Boileau^ huissier-priseui'.

23 juin 1793.

Le citoyen Le Brun m'a communiqué votre lettre du 24 mai, par laquelle vous le pressez de verser dans vos mains les 36,480^ montant du prix des tableaux qu'il a été chargé d'acheter à la vente de feu le citoyen de Praslin pour le Muséum de la République. J'ai transmis au président du Comité des finances votre demande en l'invitant à faire rendre incessamment un décret qui mette à ma disposition les fonds nécessaires pour ce paiement. Comme le Comité doit joindre à son rapport une liste détaillée de ces tableaux, je vous prie de me la faire parvenir sur-le-champ, afin que rien ne puisse retarder le rapport sur lequel le décret doit être rendu.

Archives nationales, F^^ loSg, n° i.

Garât a Heurtier,

INSPECTEUR GÉNÉRAL DES BaTIMENTS.

Le ministre de l'Intérieur à l'inspecteur général des Bâtiments de la République.

Paris, le 24 juin 1793, l'an 2« de la République.

Par ma lettre du ig de ce mois, je vous avais auto-

ET LA CRÉATION DU MUSEE DU LOUVRE. iq5

risé, citoyen, à mettre à la disposition du citoyen Puthod la partie non encore accordée du logement ci-devant Brancas, pour y déposer les anciennes armures qui doivent être apportées de Chantilly et qui sont destinées à faire partie des collections nationales d'arts et d'antiquités. Il vient de m'être rendu compte que ce local était employé par la Commission du Muséum à la restauration des tableaux de la République, au lieu du corps de garde des Invalides qui a été provisoirement prêté à la section du Louvre. D'après cet état de choses, il me parait plus convenable que les armures dont il s'agit soient déposées provisoirement dans le lieu du tribunal de l'ancien Grand Conseil, où elles seront également bien et en sûreté, je préviens le citoyen Puthod de cette nouvelle disposition et je vous invite vous-même à vous y conformer.

Garât a Puthod.

Le ministre de l'Intérieur au citoyen Puthod^ membre de la Commission des monuments .

Paris, le 24 juin, etc.

Je vous avais, citoyen, par ma lettre du 19 de ce mois, autorisé à réclamer du citoyen Heurtier la mise en possession de la partie non encore accordée du logement ci-devant Brancas au Louvre pour y déposer les anciennes armures que vous avez rassemblées à Chantilly et qui doivent être transportées ici pour compléter les dépôts d'arts et d'antiquités de la République. Informé depuis que ce local avait servi d'asile aux travaux de la restauration des tableaux du Muséum, après que j'ai été obligé de céder provisoirement à la section de ce nom le corps de garde des

Invalides où cette restauration s'était faite jusqu'alors, j'ai pensé qu'il vous serait non pas indifférent, mais agréable même, de ne point concourir à déplacer de nouveau ce travail intéressant pour les arts, et j'ai en conséquence autorisé le citoyen Heurtier à mettre de préférence à votre disposition pour le même usage le lieu des séances du tribunal du ci-devant Grand Conseil. Vous y trouverez les mêmes avantages et les mêmes commodités; les objets que vous devez y déposer se trouveront d'ailleurs plus rapprochés par ce moyen de ceux analogues qui sont destinés au Muséum, et j'ai cru que, sous tous les rapports, cet arrangement obtiendrait votre approbation et votre aveu.

Archives nationales, F'' loSg, n" i.

Garât a Cambon, député.

Le ministre de l'Intérieur au citoyen Cambon, député à la Cojivention nationale.

Paris, ce 3o juin 1793, l'an 2« de la République française.

Je vous ai écrit, le 23 de ce mois, relativement aux tableaux que le citoyen Le Brun a été chargé d'acheter pour le Muséum national à la vente du mobilier de la succession Praslin et aux vives instances qui lui sont faites par rhuissier-priseur pour le payement du prix de cette acquisition, en vous engageant à solliciter de la Convention nationale un décret qui mît à ma disposition une somme de 36,480*, montant de l'adjudication de ces tableaux. Je vous prévenais de

la lettre que j'avais écrite au citoyen Boileau, huissier-priseur, pour en avoir un état détaillé qui pût être joint au rapport que vous aurez à faire à la Convention. Je m'empresse de vous faire parvenir avec cet état les deux nouvelles lettres que je viens de recevoir de l'huissier-priseur et du citoyen Le Brun^ ainsi que l'assignation qui lui a été donnée pour le payement de la somme due à la succession Praslin. Cette pièce et les détails de ma première lettre sur les circonstances de cette acquisition et sur les motifs qui l'ont déterminée m'ont paru devoir vous mettre en état de faire statuer par la Convention nationale sur le payement et sur la destination de ces tableaux qu'il est urgent de retirer du lieu où ils se trouvent déposés. Je vous prie de m'informer du moment où vous pourrez mettre cet objet sous les yeux de la Convention.

Archives nationales, F'^io5g, n" i.

État des objets composant la somme de 86^480^ due par le citoyen Le Brun,/'efnfre, rue du Gros-Chenet^ au citoyen Boileau, huissier-priseur, sur la vente par liiy faite du cabinet de tableaux de feu M. Choiseul-Praslin, 18 février ijgS et jours suivants^.

Un tableau de P. -P. Rubens représentant le Portrait d'une dame flamande'^ 7»75oit

1. Cet état a déjà été publié par L. Tuetey, t. I, p. 254, note.

2. Portrait de Suzanne Fourment, belle-sœur de Rubens, longtemps catalogué comme portrait d'une dame de la famille Bôonen. Villot, n''46i; C. S., n° 2114. Ce portrait avait été

Un tableau capital de Rembrandt représentant Un intérieur, avec le sujet de la Sainte-Famille* 17,120**

Un Casque et un Bouclier riches, ciselés en or et émaillés, sur un fonds de bas-relief en fer^ (objet très rare et précieux, outre que toute la valeur s'y trouve en matière d'or fin) 6,8io<*

Plus et un tableau de F. Jordaens représentant Z7;i repas -^ 4,800^

Somme pareille 36,480*

Garât au président de la Convention nationale.

Le ministre de l'Intérieur au président de la Convention nationale.

Paris, le 4 juillet 1793, l'an 2« de la République.

Le vœu des artistes, citoyen président, toujours

adjugé 2,025 florins à la vente de la baronne de Boonen en 1776, ce qui avait donné naissance, à la première identification de la personne représentée.

1. Le Ménage du menuisier de Rembrandt. Villot, n" 410; C. 5., n"> 2542. Ce tableau avait figuré aux ventes Isaac van Thye, 1701 (900 florins), et Gaignat, 1768 (5,45o livres).

2. Ce casque et ce bouclier sont exposés dans la galerie d'Apollon au Louvre.

3. Le Roi boit, Villot, n» 255; C. S., n° 2014, avait longtemps appartenu à la famille Fizeau d'Amsterdam. Villot suppose, par erreur, qu'il avait été acquis par Louis XVI antérieurement à la vente Le Brun (1791), oîi il ne figurait pas, bien qu'il eût appartenu à ce marchand. A cette vente fut acquis directement par le roi le Concert après le repas, du même auteur, actuellement au Louvre.

ET LA CRÉATION DU MUSEE DU LOUVRE. igg

prompt à saisir les idées qui tiennent au culte de la liberté, appelle de toutes parts l'ouverture pour le 10 août prochain du Salon où s'exposent les productions des arts, et j'ai cru prévenir, en leur donnant cette espérance, les vues de la Convention nationale. Elle a, par un décret du 3i mai dernier', chargé son Comité d'instruction publique de lui présenter le programme des fêtes civiques projetées pour cette époque mémorable, et l'exposition des travaux des arts semble naturellement appelée à faire partie de l'ornement de ces fêtes républicaines. C'est aux arts qu'il appartient de les embellir, comme il est digne d'eux d'y participer et de prouver aux ennemis ainsi qu'aux amis de notre République naissante que la liberté que nous voulons, fondée sur le progrès des lumières et de la philosophie, n'est point celle des sauvages et des barbares, mais celle d'un peuple qui sent sa force, comme il veut son bonheur. Animé par le même sentiment, le Comité d'instruction publique comprendra sans doute l'exposition dont il s'agit dans le programme des fêtes qu'il est chargé de préparer. Un autre incident aussi intéressant est susceptible de s'y joindre; c'est l'ouverture publique du Muséum français. La loi à ce relative, du 19 septembre dernier, a fixé au Louvre le local de cet établissement précieux pour la gloire et le progrès des arts et que les administrateurs du despotisme avaient toujours en vain tenté de former, parce qu'ils n'y avaient jamais apporté cette activité d'intérêt que les seuls gouvernements républicains peuvent mettre à tout ce qui embrasse les idées grandes

I. Le décret en question avait indique' pour le 10 août une féde'ration générale et républicaine.

et généreuses. En vertu de cette loi, et par les soins de mon prédécesseur ainsi que par les miens, une grande partie des tableaux les plus estimés de la République est déjà mise en place, et les amis des arts peuvent dès à présent admirer et comparer dans cette enceinte les chefs-d'œuvre des Raphaël^ des Riibens, des Titien^ des Carrache, des Corrège^ des Lesueur^ des Le Brun^ des Poussin et de tous ces maîtres illustres français et étrangers qui ont agrandi le domaine et étendu la gloire du plus séduisant des arts. Les désirs du public réclament la prompte et libre jouissance de cette collection intéressante, et je ne doute pas que les mesures déjà prises par moi pour satisfaire ce désir n'obtiennent l'approbation de la Convention nationale. Elle m'en donnerait une preuve en renvoyant ces idées à son Comité d'instruction publique et tn lui indiquant son intention que l'ouverture du Muséum fasse partie des fêtes du lo août. Je le lui demande au nom des arts, que tout fait un devoir en ces moments orageux, de consoler et de soutenir, et ils ont déjà assez obtenu de ses soins pour espérer d'elle ce nouveau gage de son intérêt et de sa protection'.

Signé : Garât.

Renvoyé au Comité d'instruction publique, chargé défaire sans délai son rapport, 6 juillet.

Archives nationales, F'^ 1004 ter, n" 669.

I. Cette lettre a été publiée d'après l'original dans les Archives parlementaires, t. LXVIII, p. 290. M. Guillaume, dans ses Procès-verbaux du Comité d'instruction publique de la Convention nationale, t. II, p. i52, ne donne que l'extrait du procès-verbal mentionnant l'envoi de cette lettre.

ET- LA CREATION l)i: MUSEE DU LOUVRE. 201

Garât a la Commission des monuments.

Le ministre de l'Intérieur aux membres composant la Commission des monuments.

Paris, le 4 juillet 1793, Tan 2« de la République.

Je suis informé, citoyens, qu'il existe plusieurs pièces parmi des porcelaines déposées au ci-devant Louvre qui se trouvent dignes par leur forme ou leur décoration de figurer dans le nombre des richesses du Muséum; le prochain déplacement que je suis forcé de faire éprouver à ces porcelaines rend nécessaire, pour éviter un double transport, que vous veuillez nommer sur-le-champ des commissaires auxquels cette lettre servira d'autorisation et de pouvoir à l'effet d'opérer l'annotation et le triage, afin que la Commission du Muséum, que j'en préviens, fasse enlever de suite les objets que vos commissaires

auront désignés. Je vous invite en conséquence à

presser ce triage pour me procurer promptement la

facilité de fairç évacuer le local au Louvre dans

lequel ils sont encore déposés ^

Garât.

Archives nationales, F'^ io36.

I. Dans sa séance du 9 juillet 1793, la Commission des monuments, conformément aux vœux exprimés ici par le ministre, nomma, pour exécuter le triage des porcelaines déposées au Louvre, Cossard, Boi:{Ot et Desmarets. L. Tuetey, t. I, p. 243. Le rapport de ces commissaires est publié dans le même volume, pièces annexes, n" XLI, p. 346. Ce rapport est signé par Desmarets.

Garât a la Convention nationale.

Le ministre de l'Intérieur ail président de la Convention nationale.

Paris, le 6 juillet 1793, l'an 2= de la République.

L'établissement précieux du Muséum français, citoyen président, exigeait aussi la nomination d'une commission particulière et en vertu des lois des i5 et 19 septembre et autres qui m'autorisaient tant à établir des gardiens aux effets mobiliers provenant de la liste civile, qu'à faire transporter au Muséum, au Louvre, les tableaux et objets d'art destinés à l'enrichir. Le Conseil nomma par brevet six commissaires pour l'ordonnance et la disposition de cet établissement. De ces six commissaires, l'un, le citoyen Bossut, y sert gratuitement, et les autres ont été fixés à deux mille livres d'appointements. De plus, on a cru nécessaire d'attacher deux gardiens, aux gages de huit cents livres pour l'année ; enfin, les dépenses courantes peuvent, en aperçu, monter encore annuellement à peu près à quinze mille livres, si l'on en juge d'après le relevé des dépenses faites depuis le 26 novembre jusqu'à l'époque actuelle qui se montent à trente-deux mille livres; mais il est à propos d'observer que des dépenses nécessaires pour l'origine d'un établissement, telles que des restaurations de tableaux et des dispositions pour la préparation et l'ornement du local destiné à les recevoir, ne se reproduiront plus.

Les commissaires de la Convention nationale, pour l'examen des comptes de mon prédécesseur, ont, en vertu des lois citées, alloué ces dépenses dans l'examen de ses comptes ; elles avaient été comprises jusqu'alors dans celles de la Commission des monuments, dont elles pouvaient être regardées comme accessoires, et c'est sur ce pied que j'avais approuvé le 9 avril le paiement de quelques sommes échues au profit de quelques individus. La réserve limitative contenue dans la loi du 6 février empêcha la Trésorerie d'acquitter l'ordonnance que j'en avais fait expédier, et depuis les appointements et gages des employés du Muséum ont été suspendus, sans que leur activité ait été interrompue. L'espoir de voir enfin allouer un fonds spécial à la Commission des monuments, l'analogie des objets et surtout le défaut de fonds où se trouvait alors le département de l'Intérieur pour pourvoir aux objets provenant de la ci-devant liste civile, m'avaient seuls déterminés a joindre cette dépense à celle de la Commission des monuments; cet espoir s'éloigne et la loi du 10 juin, en annonçant la suppression de cette dernière pour le i^"" septembre, semble l'atténuer encore^. Cette suppression annoncée ne peut s'étendre au Muséum national, puisqu'elle supposerait la destruction ou la vente des monuments précieux qui le composent. La Convention ne souffrirait pas que ces richesses nationales fussent de nouveau disséminées et que la France en fût privée peut-être, faute d'une dépense modique d'entretien

I. La Commission fut en effet légalement supprimée le i"" septembre 1793, mais n'en continua pas moins ses travaux, avec l'assentiment du ministre, pendant plusieurs mois encore. Voir L. Tuetey, t. I, p. 260.

204 ^^ COMMISSION DU MUSKUM

annuel; elle préférera qu'elles soient conservées, soignées et rendues publiques. Il est donc essentiel ci d'autant plus urgent de pourvoir à ces dépenses que ce retard de paiement nuirait aux mesures dont ma première lettre vous a déjà parlé pour l'ouverture de ce local, le lo août, et priverait cet établissement honorable de concourir aux fêtes nationales dont il a le droit de faire un ornement. En attendant, à cet égard, une décision définitive que je sollicite, j'avais trouvé juste et convenable la proposition de prendre pour acquitter les salaires des employés au Muséum, les dépenses déjà faites et celles à faire encore pour en faciliter l'ouverture, sur le fonds de 400, oooft décrété le 3 avril pour l'entretien des établissements de la ci-devant liste civile; mais je n'ai pas cru devoir le faire sans l'autorisation spéciale de la Convention. Je ne doute pas qu'ayant déjà donné tant de preuves d'intérêt aux arts et aux artistes, elle ne sente comme moi l'urgence d'une prompte décision et qu'elle ne m'autorise provisoirement à prélever sur le fonds de 40o,ooott les dépenses échues dont une partie est composée de mémoires montant à neuf mille six cent deux livres et l'autre de quatre mille huit cent trentetrois livres pour salaires échus des commissaires et gardiens. La Convention, toujours attentive à veiller sur les besoins de l'indigence, ne pourra s'empêcher de convenir que des salaires de gardiens et des avances d'ouvriers emportent naturellement l'idée du plus prompt paiement, et l'urgence de semblables motifs hâteront à cet égard sa décision. D'ailleurs, la modicité du fonds annuel que nécessite l'entretien de ce Muséum, qu'il n'excédera jamais, l'engagera sans doute à autoriser dorénavant une dépense annuelle

de vingt-cinq mille livres, soit sur un fonds spécial qu'elle y destinera, soit sur le fonds de 400,000^ déjà décrété, soit enfin sur tout autre qu'il plaira à sa SHgesse de m'assigner.

Signé : Garât.

Renvoyé au Comité d'instruction publique le S juillet ijgS. Peines, cadet.

Archives nationales, F'" 1004 tei\, n" 647.

Rapport.

Juillet 1793.

Les six commissaires établis pour l'ordonnance et disposition du Muséum existent par brevet du Conseil et en vertu des lois des i5 et 19 septembre et autres qui autorisent le ministre de l'Intérieur tant à établir des gardiens aux effets mobiliers provenant de la liste civile qu'à faire transporter au Muséum français, au Louvre, les tableaux et objets d'art destinés à l'enrichir.

De ces six commissaires, l'un, le citoyen Bossut, y sert gratuitement, les cinq autres, savoir les citoyens Pasquier, Vincent, Regnaud, Jollain et Cossard ont été fixés à 2,000 tt d'appointements par an.

Outre ces six commissaires, deux garçons gardiens, les citoyens Marigniez et Bidaux, sont attachés au Muséum aux gages de 8ooft par an.

Les commissaires de la Convention nationale ont, en vertu des lois précitées, alloué toutes les dépenses relatives à cette Commission dans les comptes de l'ex-ministre Roland.

Elles avaient été comprises jusqu'alors dans les dépenses de la Commission des monuments dont elles pouvaient être regardées comme un accessoire, et c'est sur ce pied que le ministre approuva, le 9 avril dernier, le payement d'une somme de i ,933 « 6 s. 8 d. alors échue au profit de ces sept individus pour les mois de février et mars.

La réserve limitative contenue dans la loi du 6 février empêcha la Trésorerie d'acquitter l'ordonnance qui avait été expédiée d'après ce rapport, et les appointements et gages des employés du Muséum ont été suspendus depuis, sans que leur activité ait été interrompue.

L'espoir de voir enfin allouer un fonds spécial à la Commission des monuments, l'analogie des objets et surtout le défaut- de fonds où se trouvait alors le département de l'Intérieur pour pourvoir aux objets provenant de la ci-devant liste civile, avaient seuls pu déterminer le ministre à joindre cette dépense à celles de la Commission des monuments. Cet espoir s'éloigne et la loi du 10 juin, en annonçant pour le i^"" septembre prochain la suppression de cette dernière Commission, semble l'atténuer encore. Cette suppression annoncée ne peut s'étendre au Muséum national, puisqu'elle supposerait la destruction ou la vente des tableaux précieux qui le composent. Ces tableaux, pour la plus grande partie, proviennent de ce que l'on appelait les tableaux du roi, ils sont recueillis dans le Louvre; c'est faire honneur sans doute à la ci-devant liste civile que de comprendre leur rassemblement parmi les établissements ci-devant dépendant de cette liste; mais ses administrateurs en avaient formé le projet et commencé même les tra-

vaux. Il y a donc autant de justice sous ce point de vue que de convenance sous celui de ne point renoncer à cet établissement peu coûteux et honorable, de faire payer les dépenses relatives au Muséum sur les fonds accordés à l'entretien des établissements de la ci-devant liste civile; et c'est à ce titre qu'on propose au ministre d'approuver que ces dépenses soient désormais acquittées sur les fonds mis à sa disposition pour cet objet.

Outre les appointements et gages des employés, il est dû cinq mémoires pour objets relatifs au même établissement, savoir : au citoyen Regnaud, restaurateur de tableaux, pour restauration de tableaux du Muséum, montant en demande à i,468it et réglé par les commissaires à i,i36ft, ci . . i,i3ôtt

Au citoyen Carlier, pour travaux de même genre, montant en demande à 2,858^, réglé par les mêmes à 2,243^, ci 2,243^

Au citoyen Roser, pour semblables travaux, montant en demande à 3,906*, réglé à 3,328 ft, ci. 3,328ft

Au citoyen Delporte, pour dorures et bordures, montant en demande à 85o^ 12 s., réglé par Heurtier à 784» 12 s. 2 d., ci . . 784» 12 s. 2 d.

Au citoyen Fayard, menuisier, pour barrières autorisées par le ministre, d'après les devis et dessins de Heurtier, une somme montant, suivant le règlement du même, a 2,959ft 4 s., mais le ministre ayant approuvé, le 3o avril

dernier, qu'il lui fut payé un acompte de 1,200^, il ne lui reste dû qu'une somme de 1,759^ 4 s., ci 1,759 it 4 s.

Le citoyen Fayard produit en

outre un mémoire de 11 s.,

réduit par Heurtier à 35 1^ i5 s.

8 d., pour ouvrages de menuiserie faits pour l'arrangement des bureaux de l'inspecteur des bâtiments. Cette dépense devant être acquittée sur le même fonds et au même citoyen Fayard sera sous ce titre comprise dans le

présent rapport, ci 35itt i5 s. 8 d.

Total des mémoires. . . 9,602^ u s. 10 d.

On propose en conséquence au ministre d'ordonner que, sur le fonds de 400, 000 ft décrété le 3 avril dernier, il sera payé aux individus ci-après, et sur leurs quittances respectives, savoir :

Au citoyen Pasquier, commissaire du Muséum, pour appointements échus des cinq mois de février, mars, avril, mai et juin, à raison de 2,000»* par an, la somme de huit cent trente-trois livres six sols huit deniers, ci 833* 6 s. 8 d.

Au citoyen Jollain, aux mêmes titres, celle pareille de huit cent trente-trois livres six sols huit deniers, ci . . 833 h 6 s. 8 d.

Au citoyen Vincent, aux mêmes titres, celle pareille de huit cent trente-trois livres six sols huit deniers, ci 833* 6 s. 8 d.

Au citoyen Regnaud, aux mêmes titres, celle pareille de huit cent trente-trois livres six sols huit deniers, ci 833^ 6 s. 8 d.

Au citoyen Cossard, aux mêmes titres, celle pareille de huit cent trente-trois livres six sols huit deniers, ci 833ft 6 s. 8 d.

Au citoyen Marigniez, garçon gardien du Muséum, pour ses gages échus des mêmes cinq mois, à raison de 8ooft par an, la somme de trois cent trente-trois livres six sols huit deniers, ci . 333 h 6 s. 8 d.

Au citoyen Bidaux, aux mêmes titres, celle pareille de trois cent trente-trois livres six sols huit deniers, ci 333» 6 s. 8 d.

Au citoyen Regnaud, restaurateur de tableaux, rue des Cordeliers, passage du Commerce, pour les causes ci-dessus énoncées, la somme de onze cent trente-six livres, ci i,i36<t

Au citoyen Carlier, aux mêmes titres, celle de deux mille deux cent quarante-trois livres, ci , . 2,243 «

Au citoyen Rôser, aux mêmes titres, celle de trois mille trois cent vingt-huit livres, ci . . . 3,328tt

Au citoyen Delporte, doreur, pour dorures et bordures, celle

de sept cent quatre-vingt-quatre

livres douze sols deux deniers, ci. 784^125. 2 d.

Au citoyen Fayard, menuisier, tant pour ce qui lui reste dû des barrières du Muséum que pour ses ouvrages faits dans les bureaux de Heurtier, la somme de deux mille cent dix livres dixneuf sols huit deniers, ci . . . 2,iiott 19 s. 8 d.

Total. . . 14,435* 18 s. 6 d.

Lesquelles sommes produisent ce total de quatorze mille quatre cent trente-cinq livres dix-huit sols six deniers.

A Paris, ce [six] juillet lygS, l'an 2« de la République française.

Archives nationales, pi' loSg, n° i.

Le Directoire du Département a Garât.

Les administrateurs composant le Directoire du Département de Paris au ministre de l'Intérieur.

Paris, le 11 juillet 1793, l'an 2^ de la République.

Plusieurs citoyens nous ont témoigné le désir que l'ouverture du Muséum national fût fixée au 10 août prochain; nous nous empressons de vous en faire part, persuadés que, s'il est possible de déférer à leur vœu, ce sera un moyen d'ajouter un nouvel éclat à la solennité de cette journée mémorable.

Dubois, Houzeau, Bourgain, E.-J.-B. Maillard. Archives nationales, F'^ loSg, n° i.

Garât au Directoire du D imparte m en t.

Le ministre de l'Intérieur au Directoire du Département de Paris.

Paris, le 17 Juillet 1793, l'an 2«.

Le désir, citoyens, que vous ont manifesté plusieurs citoyens que l'ouverture du Muséum se fît le 10 août et fît partie des fêtes nationales projetées à cette occasion, concourt parfaitement avec mes vues. J'avais moi-même pensé qu'on ne pouvait choisir une époque plus heureuse pour cette ouverture. J'ai déjà donné depuis quelque temps les ordres convenables et demandé les secours et l'approbation nécessaires à la Convention nationale. Je ne doute pas qu'elle n'applaudisse à ce projet. Je mettrai de mon côté à son exécution tout l'intérêt qu'il est susceptible d'inspirer.

Archives nationales, F'^ loôg, n" i.

La Commission du Muséum a Garât.

Paris, le 17 Juillet 1793, l'an 2« de la République, une et indivisible.

Citoyen ministre, Nous vous prions, avec les plus vives instances, de vouloir bien nous autoriser à choisir dans le Gardemeuble de la République les tables et les vases qui nous paraîtront propres à décorer le Muséum français provisoire. Ces objets ne pouvant être placés convenablement que sur la ligne d'épine du local, il

est très important que nous les connaissions incessamment pour pouvoir déterminer en conséquence leurs situations respectives. Nous espérons, citoyen ministre, que vous nous honorerez d'une prompte réponse. Vous sentez vous-même combien elle est urgente, vu la brièveté du temps qui reste d'ici au 10 août, époque à laquelle vous avez fixé l'ouverture du Muséum^

Vincent, Pasquier, Regnault, Jollain, p. cossard, bossut.

Ecrire à Bayard pour quil laisse choisir les commissaires de la Commission des monuments et du Muséum.

Ecrire à la Commission des monuments pour qu'elle nomme des commissaires pour faire le triage et la remise à celle du Muséum.

Écrire à la Commission du Muséum pour qu'elle se concerte avec Bayard et les monuments.

Archives nationales, F^-'ioSg, n° i.

Garât a la Commission des monuments.

Le ministre de l'Intérieur aux citoyens composant la Commission des monuments .

Paris, le 21 juillet 1793, l'an 2« de la République.

J'ai donné, citoyens, les ordres et déterminé les dispositions nécessaires pour que l'ouverture publique

I. La liste des objets choisis au Garde-Meuble par les commissaires du Muséum a été publiée. Voir L. Tuetey, t. I, p. 35o et 36 1.

ET LA CRÉATION DU MUSEE DU LOUVRE. 2l3

du Muséum national au Louvre ait lieu au lo août prochain et fasse, avec l'exposition des travaux de nos artistes vivants, partie des fêtes civiques que la Convention nationale a ordonné de préparer pour cette époque mémorable. Il est convenable de rassembler pour cette ouverture tout ce qui pourra contribuer à enrichir cette collection précieuse de nos richesses en ce genre et en donner une haute idée à ceux qui, accourus pour prendre part à nos transports républicains, verront que nos orages politiques n'ont pu nuire au culte des arts parmi nous. Un tel but est susceptible d'amortir beaucoup de résistances, et j'ai pris d'ailleurs, tant avec le Département qu'avec la Municipalité de Paris, les mesures convenables pour que les réunions précédemment ordonnées, et qui n'ont pu s'exécuter dans le temps, ne rencontrent plus d'obstacles. Je vous invite, en conséquence, citoyens, à donner les ordres nécessaires au gardien provisoire Lenoir, pour qu'il ait à remettre sans délai aux commissaires du Muséum, non seulement les 47 tableaux que ceux nommés par vous avaient choisis de concert avec ces commissaires, mais encore tels autres objets du Dépôt des Petits-Augustins qu'ils pourraient, les uns et les autres, regarder comme susceptibles d'être réunis à ceux déjà rassemblés au Louvre. J'en ai prévenu les commissaires du Muséum et je ne doute pas, citoyens, que votre zèle pour les arts ne vous porte à contribuer de tous vos soins à

seconder mes intentions ^

Garât.

Archives nationales, F*^ io36.

I. Cette lettre est en grande partie reproduite dans L. Tuetey, t. I, p. 247, note i. La Commission des monuments

Garât a la Commission du Muséum, AUX administrateurs des biens nationaux et a Lenoir.

Le ministre de l'Intérieur

aux commissaires inspecteurs du Muséum

de la République.

Paris, le 21 juillet 1793, l'an 2« Depuis les difficultés qui se sont opposées dans le temps, citoyens, à la réunion au Muséum des 47 tableaux que vous aviez choisis de concert avec les commissaires de la Commission des monuments, j'ai pris les mesures convenables à l'égard du Département et de la Municipalité de Paris pour lever les motifs de ces obstacles, les circonstances sont d'ailleurs devenues plus favorables; la nécessité de faire concourir l'ouverture du Muséum aux fêtes républicaines qui se préparent pour le 10 août est propre à amortir beaucoup de résistances, et je ne doute pas que cette réunion ne puisse désormais s'exécuter avec plus de facilité. Je viens en conséquence d'inviter la Commission des monuments à vous faire délivrer sans délai non seulement les 47 tableaux désignés à cette époque, mais tels autres objets du Dépôt des Petits-Augustins que vous et ses commissaires jugeriez susceptibles d'être transportés au Muséum et de contribuer à l'enrichir davantage dans une occasion

nomma dans sa séance du 23 juillet, conformément à la demande de Garât, commissaires : Jollain, Rcgnault, Moreau et Lemonnier.

aussi importante que celle de l'ouverture prochaine. Je vous invite vous-mêmes, citoyens, à revoir sans délai les membres de la Commission des monuments et à presser h cet égard auprès d'eux l'exécution de mes intentions. Je ne doute pas que vous ne les trouviez parfaitement disposés à les seconder. Vous voudrez bien me rendre compte du succès de vos démarches.

Archives nationales, pi' io32.

Le ministre de l'Intérieur aux administrateurs municipaux des biens nationaux.

Paris, le 21 juillet 1793, l'an 2« de la République.

La nécessité pressante, citoyens, de faire concourir l'ouverture du Muséum de la République au Louvre avec les fêtes républicaines qui doivent signaler l'époque mémorable et très prochaine du 10 août vient de me déterminer à donner les ordres nécessaires pour que la Commission des monuments remette sans délai à la disposition des commissaires du Muséum non seulement les 47 tableaux à l'enlèvement desquels le garde Lenoir s'est opposé dans le temps, mais tels autres objets du Dépôt des Petits- Augustins que ces deux commissions réunies jugeraient susceptibles d'enrichir dans de telles conjonctures cette collection intéressante. Je ne doute pas, citoyens, que vous ne voyiez avec plaisir s'effectuer ce rassemblement précieux pour les arts, et votre zèle pour tout ce qui peut concourir à leur gloire comme à celle de la République me fait espérer qu'il ne rencontrera désormais aucune difficulté.

Archives nationales, pi^ io32.

2l6 LA COMMISSION DU MUSEUM

Le ministre de l'Intérieur

au citoyen Lenoir, gardien du dépôt provisoire

de la Commission des monuments.

Paris, le 21 juillet 1793, l'an 2^ de la République.

L'ouverture du Muséum du Louvre doit, citoyen, faire partie des fêtes nationales qui se préparent pour le 10 août. Il devient dès lors aussi pressé qu'intéressant d'y réunir sans délai tout ce qui peut enrichir cette collection précieuse. .Te viens d'engager la Commission des monuments à se concerter à cet égard avec les commissaires du Muséum et à mettre promptement à leur disposition non seulement les 47 tableaux qui avaient d'abord été désignés, mais tels autres objets du Dépôt confié à votre garde qui seraient jugés propres à cette destination. Je ne doute pas, citoyen, que l'urgence de la chose ne se joigne à votre amour pour les arts pour vous déterminer à seconder mes intentions, et j'en recommande le succès à tout votre zèle et à toute votre activité.

Archives nationales, F'' io32.

La Commission du Muséum a Garât.

Paris, ce 23 juillet 1793, l'an 2^ de la République, une et indivisible.

Citoyen ministre.

Nous avons déjà eu l'honneur de vous prier de nous faire livrer pour le Muséum français plusieurs objets précieux qui se trouvent en ce moment au Garde-Meuble; aujourd'hui, nous nous y sommes rendus avec les commissaires de la Convention natio-

nale et nous avons noté des tables, des vases, des bustes et quelques tableaux qui nous paraissent dignes de figurer avec distinction au Muséum. En conséquence, citoyen ministre, nous vous prions de vouloir bien donner les ordres les plus prompts à l'inspecteur provisoire du Garde-Meuble de nous livrer ces différents objets, ainsi que plusieurs banquettes qui nous seront nécessaires.

BossuT, Pasquier, p. Cossard, Regnault, Jollain.

Autoriser sur le champ Bayard à délivrer^ sauf à prendre toutes précautions et à en adresser l'état au ministre.

Archives nationales, F'^ loSg, n" i.

Mémoire détaillé des déboursés et ouvrages faits pour un tableau de Philippe de Champagne représentant le Mariage de la Vierge ', ordonnés par les citoyens Jollain et Regnault., commissaires du Muséum., à Devauge le jeune'^., le 6 avril ijgS., l'an i" de la République.

24 Juillet 1793.

Savoir :

Le dit tableau de 14 pieds de large sur 11 pieds 2 pouces de haut, produisant i56 pieds 4 pouces carrés, lequel a été dépouillé d'un premier repeint général sur toutes les draperies et en grande partie sur

1. Ce tableau figure surl'Etat des tableaux remis en de'cembre 1792 aux commissaires du Muséum. Voir p. 37.

2. Louis-Benjamin- Marie Devatiges , peintre. Paris 1770. j Paris 1842. Elève de Regnault (qui .sans doute lui fit exécuter ce travail), de David et de De Marne.

2l8 LA COMMISSION DI' MUSÉUM

l'architecture, en second de larges placards noirs aussi durs que de l'émail et qui couvraient inutilement les beautés du maître, avoir restauré les accidents que les dits placards noirs couvraient, avoir fait une tête de profil et l'épaule de la même figure, les pieds d'un enfant et plusieurs mains des autres figures, et comme il n'y a pas un seul pied qui n'ait donné beaucoup d'ouvrage, tant pour le nettoyage que pour la restauration, le tout joint aux déboursés pour outremer et autres ingrédients nécessaires la somme de 858^t i3 s.

Nous, commissaires du Muséum national soussignés, certifions qu'après vérification faite des ouvrages ci-dessus énoncés, nous avons arrêté le présent mémoire à la somme de sept cents livres.

A Paris, le 24 juillet 1793, l'an 2^ de la République, une et indivisible.

Vincent, P. Cossard, Regnault, Jollain, Pasquier, Bossut.

Archives nationales, F''' wbg, n° i.

Mémoire pour restauration de vingt-

Du I" février au deux tableaux du Muséum^ remis en dernier juillet de , ,,. , . >-. •

l'année 1793. état par y[\cha.u^ peintre^ rue Croix-

des-Petits-Champs , n° 48^ sous l'inspection des citoyens commissaires.

24 juillet 1793.

Savoir :

Oudry, grand tableau, Chasse à 3oit l'ours*^ nettoyé, restauré et verni . 36*

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