Varon. Sur son rôle au Musée des monuments français
36o LA COMMISSION DU MUSÉUM
homme de lettres; c'est lui qui a composé les hymnes chantées à la fête de la réunion, le lo août; il a fait deux voyages en Italie, afin de perfectionner son goût pour les arts-, sans toutes les persécutions qu'ont éprouvées les artistes français à Rome, il eût achevé un ouvrage pour servir de suite aux Monumenti inediti de Winkelmann, ouvrage presque fini et dont la nation saura bien faire assurer la continuation.
Tels seraient les citoyens qui composeraient le Conservatoire du Muséum des arts, nous avons jugé convenable de donner à cet établissement un secrétaire, homme de lettres à la fois et instruit dans les arts; le citoyen Sériéys est celui que nous vous proposons, également recommandable par ses lumières et par son goût dans cette partie. Citoyens, d'après cet exposé, voici le projet de décret que votre Comité d'instruction publique m'a chargé de vous soumettre.
Projet de décret.
Article premier. — La Commission du Muséum est supprimée.
Art. 2. — La garde du Muséum sera confiée à un Conservatoire.
Art. 3. — Il sera composé des citoyens dont la liste est annexée au présent décret.
voir Archives du Musée des monuments français. Inventaire des richesses d'art de la France, t. I, p. 9, t. II, p. 202, 204, 233. Il fit partie de la Commission temporaire des arts avec Wicar et Leblond. Voir, t. XVI, Correspondance des directeurs de l'Académie de France à Rome, lettre de Varon à Le Brun, Florence, 18 janvier lygS, sur le meurtre de Bassville, p. 227, n" 9376, etc.
Art. 4. — En cas de vacance d'une des places, il sera pourvu au remplacement par le Corps législatif, sur la présentation du Comité d'instruction publique.
Art. 5. — Le Conservatoire du Muséum des arts sera divisé en quatre sections ; savoir : peinture, sculpture, architecture, antiquités.
Art. 6. — Le Conservatoire du Muséum sera pour l'administration soumis au ministre de l'Intérieur, et, pour la direction, sous la surveillance du Comité d'instruction publique.
Art. 7. — Il sera tenu d'exécuter tous les décrets relatifs au Muséum, auxquels il n'est pas dérogé par la présente loi.
Art. 8. — La Commission, supprimée par le présent décret, rendra son compte d'administration au ministre de l'Intérieur.
Art. 9. — Elle remettra aux membres du Conservatoire tous états, inventaires, catalogues, descriptions, mémoires, notes et registres des délibérations concernant les travaux qui lui étaient confiés.
Art. 10. — Il sera affecté pour les dépenses du Conservatoire du Muséum des arts un fonds annuel, égal à celui déterminé par les décrets, pour l'ancienne Commission du Muséum.
Art. II. — Chacun des conservateurs recevra un traitement égal à celui qui était attribué à chacun des membres de la Commission du Muséum.
Archives nationales, ADxviii» 22.
Éd. J. Guillaume, Procès-verbaux du Comité d'instruction publique de la Convention nationale, t. III, p. 186.
Rapport de Blondeau, inspecteur du Louvre,
A Paré.
Au citoyen ministre de l'Intérieur.
Du 2« jour de nivôse, l'an 2« de la République française, une et indivisible (22 décembre 1793). Je crois vous devoir informer que, dans le cours de mes inspections de côté et d'autre, et particulièrement sur les gazons du Muséum qui m'ont été recommandés et où se trouvent deux factionnaires d'un bout à l'autre, endroit où il serait convenable qu'il y eut un corps de garde, proche et adjacent à ce poste pour servir en cas d'insurrection pendant la nuit, de même pour répondre aux visites préposées pour l'entière surveillance, car dernièrement, faisant ma ronde entre neuf et dix heures du soir, j'ai été méconnu et, malgré les bonnes raisons que j'alléguai, même en justifiant de vos ordres, l'on m'a présenté la baïonnette à l'estomac ; je fus contraint de me retirer, remarquant que la sentinelle était échauffée et même la tête étourdie... De tout ce que dessus et pour correspondre à vos intentions de sûreté et de justice, et par suite à celles du citoyen Couvreur qui, comme vous, ont pour base la décence et le bon ordre, ainsi qu'il vous l'a démontré par sa lettre du 14 frimaire, écrite au nom de la section du Muséum, dont vous m'avez fait passer copie, en m'enjoignant de le seconder. Enfin, je reviens à mon objet et dis toujours qu'il est urgent, surtout en ces jours courts et de brouillard, d'accorder le plus tôt possible un corps
de garde, composé simplement de 9 citoyens, compris le caporal, car, je le répète, citoyen ministre, dans une pressante circonstance, même pour la sentinelle, il est impossible d'avoir un prompt secours de celui de la Samaritaine qui est très éloigné. Tel est ce que j'ai pensé vous représenter pour le maintien et sûreté du lieu dont vous m'avez donné la surveillance.
Je ne saurais trop vous rappeler combien je désire être pourvu d'un règlement en forme pour savoir à quoi m'en tenir, qui de suite me mettrait à même d'exercer une police réglée.
J'attends vos ordres sur le tout.
Blondeau, Inspecteur, rue Saint-Nicaise, n° 33o.
Archives nationales, F*^ 1069, n" i.
Paré au président de la Commission des arts.
Le ministre de l'Intérieur au président de la Commission des arts.
Paris, le 6 nivôse, an 2« (26 décembre 1793). Le citoyen Biron, citoyens, me fait proposer pour le Muséum l'acquisition d'un superbe modèle de vaisseau qu'il prétend digne de figurer dans cette collection intéressante. J'en avais en conséquence recommandé l'examen à la Commission des monuments, mais sa prochaine suppression', dont j'attends le décret officiel, l'empêche de commencer de nouvelles opérations. Je vous invite, en conséquence, à la sup-
I. La dernière séance de la Commission des monuments eut lieu le 16 ventôse.
pléer en cette occasion en nommant provisoirement des commissaires pour l'examen de ce modèle de vaisseau, déposé chez Le Brun, rue de Cléry, et à me donner sur la convenance et sur le prix de cette acquisition votre avis motivé, afin de me mettre à portée de rendre au citoyen Biron une réponse définitive. Je recommande cette affaire à votre goût pour les arts et à vos lumières, et je m'y repose pour fixer mon ultérieure détermination.
Archives nationales, F'" lobg, n" i.
Janvier, mécanicien astronome, a Paré.
Antide Janvier^ mécanicien astronome^ au ministre de l'Intérieur.
Au Louvre, le 6 nivôse de l'an second de la
République, une et indivisible (26 décembre 1793).
La Commission du Muséum national ne me répondant point au sujet du préliminaire que tu as exigé de moi pour l'acquittement de la pendule donnant l'heure dans tous les départements de France', je te prie de vouloir bien la consulter toi-même; des besoins de toute espèce me forcent à réclamer avec instance, et je te supplie de prendre ma demande en prompte et sérieuse considération.
Salut, fraternité et vive la République.
A. Janvier.
Archives nationales, F'^ioSg, n" i.
I. Cette pendule est spécialement désignée, sous le n° 27, dans l'état de dessaisissement de la Commission du Muséum : Pendule planétaire far le citoyen Janvier.
Paré a la Commission du Muséum.
Le ministre de l'Intérieur aux citoyens composant la Commission du Muséum national.
Paris, le i5 nivôse, an 2« (12 janvier 1794).
Je vous envoie, citoyens, un mémoire de Tartiste Janvier; je vous prie de me faire, sur sa demande, un rapport qui m'instruise de la convenance d'admettre sa pendule au nombre des acquisitions du Muséum, du prix que vous croyez pouvoir y mettre raisonnablement, et d'y joindre, en un mot, votre avis motivé pour fixer mon ultérieure détermination.
Archives nationales, F'' loSg, n' i.
Second rapport sur la nécessité de la suppression de la Commissioji du Muséum, fait au nom des Comités d'instruction publique et des finances, par David, député du Département de Paris, dans la séatîce du 27 nivôse, l'an 2 de la République française. — (Imprimé par ordre de la Convention nationale.)
27 nivôse an II (16 janvier 1794).
Citoyens, Dans mon rapport pour la suppression de la Commission du Muséum et sur l'établissement d'un Conservatoire actif de ce précieux Dépôt, je vous ai exposé, avec quelques détails, les motifs qui appuyaient cette double proposition.
Je vous ai indiqué les vices des choix qui avaient été faits et, pour en préparer de meilleurs, je vous ai présenté, au nom de votre Comité d'instruction publique, des artistes, la plupart victimes de l'orgueil académique : la liste en a été imprimée, et chacun de vous a pu peser le mérite des candidats. A mesure que le jugement des arts sera plus souvent et plus immédiatement exercé par le peuple, le peuple saura mieux apprécier les artistes.
II fixera ses idées sur le mérite de chacun d'eux, et il assignera lui-même les rangs avec cette impartiale et sévère équité qui le caractérise : le peuple n'oubliera jamais les artistes, qui travailleront pour la liberté; sa reconnaissance garantit sa justice.
Au moment où la révolution commence à s'établir dans les arts et promet h la République des chefsd'œuvre dignes d'elle, il importe que tous les emplois que peut offrir cette carrière, plus honorable que lucrative, soient de préférence donnés, et à des talents distingués qui ont subjugué l'opinion, et à ceux que la médiocrité académique honorait encore de ses dédains et repoussait loin de ses fauteuils. Il a fallu, dans le choix qui vous a été soumis, avoir égard à l'objet des travaux du Conservatoire qui vous a été proposé; ce sont ces diverses considérations réunies qui ont déterminé votre Comité d'instruction publique, dans la formation de la liste des artistes citoyens à préposer à la garde de nos chefs-d'œuvre : aussi a-t-il cru devoir motiver chacun des choix, afin que l'ensemble put devenir l'ouvrage de la Convention nationale et l'expression de sa volonté.
S'il est un artiste, s'il est un homme à talent qui pense avoir à se plaindre de ne pas voir son nom
ET LA CRÉATION DU MUSÉE DU LOUVRE. SÔy
inscrit sur cette liste, nous lui dirons : « Tu es artiste ; nous n'avons pas eu la pensée de te fermer la carrière : si tu n'es point admis à l'emploi honorable de garder les plus belles productions des arts, tu n'es point exclu de l'honneur d'en augmenter le nombre. « S'il est parmi les membres de l'ancienne Commission du Muséum un homme qui voie une injustice dans son exclusion, nous lui dirons : « Tu es homme à talents, venge-toi par tes ouvrages, embellis le Muséum, rentres-y par des chefs-d'œuvre. »
Lorsque je vous ai fait mon rapport sur cette ancienne Commission, citoyens collègues, j'avais omis un préliminaire indispensable, par vous sagement décrété, afin de ne prononcer légèrement aucune dépense. L'économie honore les représentants du peuple : le trésor public est le fruit de ses sueurs et de ses victoires; pourrait-il être administré avec une circonspection trop sévère? Aussi, sur l'observation de Cambon, et d'après votre décret, de concert avec le Comité d'instruction publique, je me suis retiré au Comité des finances; et là, par la discussion de quelques articles relatifs tant à la dépense qu'à l'objet de l'établissement, le projet s'est affermi sur ses bases et a reçu quelques modifications dont je dois vous rendre compte.
Douze membres, dans ce projet, formaient le Conservatoire, en y comprenant un secrétaire, homme de lettres. Le désir d'empêcher la prédominance d'un seul dans chacune des sections qui doivent le composer avait déterminé à augmenter un peu le nombre des membres, condition toujours nécessaire pour donner à tout établissement des formes libres et faire résulter la liberté du balancement même des opi-
nions. Le Comité des finances, sans trop s'écarter de ce principe, ayant désiré une réduction dans le nombre, nous avons fait le sacritice du secrétaire et d'un des membres, pour une branche communément moins chargée. Le Conservatoire sera donc réduit à dix membres, pour ce qui concerne la peinture, la sculpture, l'architeéture et tous les monuments déposés au Muséum; Commission toujours prête à fournir des renseignements au Corps législatif, au Comité d'instruction publique et au ministre de l'Intérieur; toujours active pour mettre en ordre et ranger dans un bel ensemble tous ces chefs-d'œuvre que les émigrés ne méritaient point de conserver et qu'ils ont laissés à la nation, aussi digne de les posséder que capable de les apprécier.
Au lieu de trois mille livres que votre Comité d'instruction publique vous avait d'abord proposé, une indemnité de deux mille quatre cents livres a paru à votre Comité des finances suffisante pour chacun des artistes conservateurs; il a cru, par cette mesure, se tenir également éloigné d'une parcimonie mal entendue et d'une prodigalité préjudiciable aux finances.
Une somme de vingt-quatre mille livres serait en conséquence affectée aux membres du Conservatoire et une somme de douze mille, aux dépenses matérielles du Muséum, à la charge, par le Conservatoire, de rendre compt-e au ministre de l'Intérieur de l'emploi de ces douze mille livres, ce qui formera un fonds annuel de trente-six mille livres ; fonds modique, vu l'importance de son objet.
Ne vous y trompez pas, citoyens, le Muséum n'est point un vain rassemblement d'objets de luxe ou de frivolité, qui ne doivent servir qu'à satisfaire la curio-
ET LA CRÉATION DU MUSÉE DU LOUVRE. 36g
site. Il faut qu'il devienne une école imposante. Les instituteurs y conduiront leurs jeunes élèves; le père y mènera son fils. Le jeune homme, à la vue des productions du génie, sentira naître en lui le genre d'art ou de science auquel l'appela la nature. Il en est temps, législateurs, arrêtez l'ignorance au milieu de sa course, enchaînez ses mains, sauvez le Muséum, sauvez des productions qu'un souffle peut anéantir et que la nature avare ne reproduirait peut-être jamais.
Une négligence coupable a porté des coups funestes aux monuments de l'art : je ne prétends pas vous offrir ici l'énumération complète des désastres qu'ils ont essuyés. Vous détournerez vos regards de ce fameux tableau de Raphaël, que n'a point craint de profaner une main lourde et barbare. Entièrement retouché, il a perdu tout ce qui le distinguait, non seulement des maîtres de son école, mais de Raphaël même, j'entends son coloris sublime.
Vous ne reconnaîtrez plus VAntiope. Les glacis, les demi-teintes, en un mot tout ce qui caractérise particulièrement le Corrège et le met si fort au-dessus des plus grands peintres, tout a disparu.
La Vierge du Guide (vulgairement appelée la Couseuse) n'a point été nettoyée, mais usée.
Vous chercherez le Moïse foulant aux pieds la couronne de Pharaon, très beau tableau du peintre philosophe, du Poussin, et vous ne trouverez plus qu'une toile abîmée de rouge et de noir, perdue de restauration.
Le Port de Messine, ce chef-d'œuvre d'harmonie où le soleil de Claude Lorrain éblouissait les regards, n'offre plus qu'une couleur terne de brique et perd par conséquent tout ce charme, cette magie, qui
appartiennent exclusivement à Claude Lorrain; son brillant ouvrage est dégradé à tel point qu'il ne reste que la gravure pour nous consoler de sa perte.
Je vous parlerai de Vernet ! Les barbares! ils l'ont déjà cru assez ancien pour le gâter. Tous ses ports (tableaux de fraîche date) sont déjà rentoilés, brûlés, couverts par la crasse d'un vernis qui dérobe aux yeux le mérite que ses amateurs recherchent en lui'.
Je rougirais de vous citer une foule de tableaux étalés sans choix, et comme pour insulter au public; tableaux attribués aux plus grands maîtres, et qui n'en sont que des copies.
C'est ainsi qu'on accable les Poussin^ les Dominiquin, Raphaël même, de quantité de productions qui ne méritent pas de voir le jour et ne servent qu'à propager le mauvais goût et l'erreur.
Je ne dis rien d'un petit nombre de Vases étrusques et de quelques Bustes d'une grande beauté, qu'on a cachés sous des tables et dans des lieux obscurs; il semble qu'on leur ait reproché un misérable asile au sein du Muséum, où ils sont plus cachés qu'exposés.
Mais ce n'est rien encore. Vous ignorez, citoyens, vous et moi-même tout le premier, qui ne les ai jamais pu voir, que la République possède une immense collection de dessins des plus grands maîtres... Eh bien! à peine si l'on sait où ils sont. Cachés dans les portefeuilles des vils satrapes, à qui nos tyrans en avaient autrefois confié la garde, c'est en Italie qu'il fallait aller apprendre des étrangers même qu'ils existent en France; on les dérobait avec inquiétude aux regards des artistes et du peuple,
I. Toutes ces critiques de David sont abominablement exagérées.
comme si l'on eût craint que les sublimes conceptions des grands hommes n'eussent rivalisé de puissance avec le génie si jaloux des despotes.
Pour prévenir ces funestes abus, pour placer tout sous l'œil vivifiant du peuple et éclairer chaque objet de la publicité et de la portion de gloire qu'il peut réclamer; pour établir enfin dans le Muséum un ordre digne des choses qu'il renferme, ne négligeons rien, citoyens collègues, et n'oublions pas que la culture des arts est un moyen de plus d'en imposer à nos ennemis. Lorsqu'au milieu des inquiétudes, inséparables de la liberté dans une République naissante, on vient porter dans vos âmes et sur vos fronts la joie que doivent inspirer les victoires de nos armées sur toutes nos frontières et les triomphes de nos légions contre tous les despotes coalisés, vos regards alors semblent se porter avec complaisance sur les beaux arts, également faits pour embellir la paix et décorer les pompes triomphales. Dans les mouvements expansifs et les civiques affections qui vous pénètrent, vous sentez que de grands événements doivent laisser naturellement d'immortels souvenirs, et par conséquent des monuments qui attestent à l'univers et à la postérité la grandeur du peuple français; vous voudriez dans ces instants heureux répandre sur tout l'éclat de nos victoires et tout embellir des rayons de la gloire et du bonheur : eh bien ! c'est toujours de cette hauteur que vous devez considérer le domaine des arts, pour imprimer à toutes vos lois, dans cette partie, un grand caractère qui aille à son tour inspirer des victoires. C'est dans ce sublime mouvement que vous avez voulu décerner à quatorze années à la fois, et en un même jour, les
honneurs d'un triomphe mérité, dont le peuple était en même temps l'ornement et l'objet. C'est alors que la liberté sourit à vos efforts et au zèle ardent de tous les républicains qui défendent le territoire de la France.
Restons, citoyens, à la hauteur de ces brillants succès : remplissons nos destinées; marchons à de nouveaux triomphes; nos guerriers le veulent ainsi.
Un heureux mouvement semble de lui-même faire avancer le char de la victoire et de la révolution : continuons de le diriger; que nos ennemis tombent et que le peuple nous bénisse. Pleins de ces idées, et abandonnant les procès-verbaux et les détails à ceux qui croient que les compilations sont des annales, écrivons à la manière des anciens notre histoire dans les monuments; qu'ils soient grands et immortels comme la République que nous avons fondée, et que le génie des arts, conservateur des ouvrages sublimes que nous possédons, soit en môme temps un génie créateur et enfante de nouveaux chefs-d'œuvre.
Archives nationales, ADxvni» 22.
Éd. J. Guillaume, Procès-verbaux du Comité d'instruction publique de la Convention nationale, t. III, p. 274.
DÉCRET SUPPRIMANT LA COMMISSION DU MuSÉUM.
27 nivôse an II (16 janvier 1794).
La Convention nationale, après avoir entendu le rapport de ses Comités d'instruction publique et des finances réunis, décrète :
Article premier. — La Commission du Muséum est supprimée.
Art. 2. — La garde du Muséum sera confiée à un Conservatoire.
Art. 3. — Il sera composé de citoyens dont la liste est annexée au présent décret.
Art. 4. — En cas de vacance d'une des places, il sera pourvu au remplacement par le Corps législatif.
Art. 5. — Le Conservatoire du Muséum des arts sera divisé en quatre sections; savoir : peinture, sculpture, architecture, antiquité.
Art. 6. — Le Conservatoire du Muséum des arts sera, pour l'administration, soumis au ministre de l'Intérieur, et, pour la direction, sous la surveillance du Corps législatif.
Art. 7. — Il sera tenu d'exécuter tous les décrets relatifs au Muséum, auxquels il n'est pas dérogé par la présente loi.
Art. 8. — La Commission, supprimée par le présent décret, rendra son compte d'administration au ministre de Flntérieur.
Art. 9. — Elle remettra aux membres du Conservatoire tous états, inventaires, catalogues, descriptions, mémoires, notes et registres des délibérations concernant les travaux qui lui étaient confiés.
Art. 10. — Il sera attribué à chacun des membres du Conservatoire une indemnité annuelle de 2,400» et le logement.
Art. II. — 1 2,000 ft seront consacrées aux dépenses annuelles et matérielles du Muséum, à la charge d'en rendre compte au ministre de l'Intérieur.
Art. 12. — En exécution des deux articles précédents, la trésorerie nationale tiendra à la disposition du ministre de l'Intérieur la somme annuelle de
Liste des membres qui doivent composer le Conservatoire du Muséum des arts.
En peinture :
Fragonard, Bonvoisin^ Lesueur^ Picaiilt.
Sculpture :
Dardel^ Dupasqiner.
Architecture :
David Leroi^ Launoi.
Antiquités :
Wicar, Varon.
Archives nationales, Minute de la main de David, C. 287, n» 858, imprimé, ADxvin» 22.
Ed. J. Guillaume, Procès-verbaux du Comité d'instruction publique de la Convention nationale, t. III, p. 273.