‹ La Commission Intermédiaire de l'Assemblée Provinciale d'AnjouChapitre 11 sur 18 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Au début de cette étude, parlant de l'Intendant nous disions que son omnipotence avait été la cause de la promptitude avec laquelle on avait accueilli linshitution décentralisatrice des assemblées provinciales.

Cette réforme inaugurait une nouvelle période et semblait promettre aux provinces une prochaine autonomie.

Désormais l'intendant relégué au rôle de commis- Saire du roi voyait ses pouvoirs amoindris : les provinces représentées par une assemblée sans doute nommée d’abord en majeure partie par 1e roi, mais qui plus tard devait être élue jouissant d'une Hberié depuis longtemps abolie, avaient fait, on peut le dire, pacifiquement leur révolution intérieure.

Cependant les assemblées provinciales et leurs

commissions intermédiaires n'atteignirent point du

premier coûp la perfection. Le roi s'était réservé de changer plus tard ce qui lui paraîtrait défectueux dans les nouvelles administrations.

Dans la généralité de Tours, l'institution d'une assemblée et d’une commission intermédiaire générale près des trois assemblées commissions provinciales rendait, nous l'avons déjà montré, les conflits iréquents ; des mémoires avaient été envoyés au roi contre l'existence de l'assemblée générale et nul doute que celle-ci n'eût été supprimée, si les événements l'eussent permis.

Les rapports entre les intendants et les assemblées n'étaient peut-être pas assez précis, la minutieuse réglementation des préséances pouvait faire naître des jälousies. Mais toutes ces imperfections destinées à disparaître avec le temps n'empêchèrent point les nouvelles administrations de remplir avec zèle leurs devoirs, nous avons cru du moins le prouver pour l’'Anjou. L'étude de sa commission intermédiaire l’a montrée ranimant dans toutes les paroisses la vie municipale, s'efforçant de distribuer justement les impôts, réparant partout les routes, en créant de nouvelles, s’inquiétant de la mendicité grandissante, de la sécurité du pays si nécessaire au développement du commerce, vivant enfin d'une vie activé, bienfaisante et féconde. |

Les assemblées provinciales ne furent point du

reste oubliées dans les Cahiers, presque tous leur consacrent une place importante et s'accordent à accepter le mode d'organisation existant.

Comme conclusion à cette étude nous citerons les paroles du comte de Luçay qui semblent s'y adapter naturellement :

« En étudiant les résultats obtenus....... on est en droit de se demander si cette grande révolütion administrative comme Fa qualifiée Tocqueville, accomplie dans d'autres conjonctures, n'eût pas fourni un dérivatif naturel au désir ardent de nouveautés, à la passion de vie publique qui agitait tous les esprits, tempéré l'effervescence première de leurs manifestations et favorisant le rapprochement des ordres que plus d’un liers de siècle de despotisme avait condamné à l'isolement préparé les deux premiers au sacrifice de leurs privilèges et fran-

chises. ».

Pet CHE

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