X PRÉFACE
ploraient d'une voix suppliante, en me confiant leurs derniers adieux pour leurs familles. Mais hélas! il n'y avait pas le dixième des personnes qui eussent été nécessaires pour faire droit à la moindre partie de ces prières déchirantes. Sauver ceux qu'on avait encore une chance de guérir semblait un devoir bien plus urgent que de répondre aux lamentables requêtes des mourants.
A mon retour à Paris, je communiquais aux autorités compétentes le résumé des fails dont j'avais élé le témoin, et j'en pris occasion pour insister sur la nécessité d'opérer certaines réformes urgentes dans le service des hôpitaux et des ambulances appartenant aux armées en campagne. Ces représentations furent accueillies dans un esprit aussi libéral que celui qui les avait dictées. Les résultats que la campagne d'Italie avait mis en lumière ont servi de base à l'introduction de réformes importantes dans le service médical de l'armée française; déjà les troupes envoyées au Mexique ont profité de ces réformes.
La même communication que j'avais adressée aux autorités militaires, fut également faite par moi à la supérieure du couvent des Dames du Sacré-Cœur à Paris (institution qui mérite, ainsi