L'HYGIÈNE DES ARMÉES
Obsei'vations préliminaires. — Statistique hygiénique militaire en Amérique et dans l'ancien monde. — Kégligence des gouvernements à 1 égard des soldats. — Conditions sanitaires et mortalité des soldats en temps de paix. — Conditions sanitaires et mortalité des soldats en temps de guerre. — Organisation militaire aux États-Unis avant la guerre civile.
Afin d'arriver à une juste appréciation des grandes choses accomplies par la Commission sanitaire des Etals-Unis, il est important de présenter un aperçu rapide du but qu'elle avait à poursuivre et des difficultés qu'elle avait à surmonter.
Le merveilleux succès de cette entreprise ne doit pas être attribué à un heureux concours de circonstances favorables, il est bien plutôt lerésultat d'une
longue suite d'efforts presque surhumains faits par d'éminents philanthropes. Le sentier que les membres de la Commission avaient à parcourir n'était point parsemé de roses : c'était le sentier pénible et difficile du devoir, de l'oubli de soi-même et du dévouement. En faveur de la plus noble des causes qui puisse enthousiasmer les amis de Thumanité, ces patriotes offrirentleurs services dès le commencement de la guerre civile; ils contribuèrent librement et généreusement de leur temps, de leurs ressources, de leur influence pour développer un vaste système d'opérations qui devait produire les plus heureux résultats pour le bien de tous.
En reportant nos regards sur l'œuvre accomplie, en comptant les sommes énormes qui ont été recueillies et les secours immenses qui ont été distribués, nous pouvons bien douter que les pionniers de cette mission d'humanité, entreprise « avec crainte et tremblement, » aient jamais entrevu les brillantes perspectivesauxquelleselle devait atteindre plus tard. Les premiers débuts furent modestes et sans prétention, lant il est vrai que le simple est le premier élément du sublime. L'opinion publique des Etats- Unis sentait qu'il y avait quelque chose à faire ; toutefois, dans cette crise alors si pleine de périls, on élait hésitant encore, on était préoccupé, incertain au sujet de la manière d'agir. Tout en désirant donner sa sympathie et son aide aux soldats qui se