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SOUFFRANCES DES SOLDATS

L'aulorite entreprend d'assurer au peuple cerlains droits et avantages, certaines frontières et institutions. Quand la possession de ces droits est mise en danger, elle prend les armes dans l'intérêt présumé de tous. En conséquence elle se lie par un véritable contrat avec les soldats qu'elle enrôle sous ses drapeaux. D'un côté, le gouvernement doit fournir l'argent, une surveillance vigilante et une direction habile; d'un autre côté, les soldats tout fraîchement sortis des rangs du peuple doivent donner leur force vilale, leur courage, leur persévérance. En droit et par les termes mêmes du contrat, le gouvernement est libre d'employer les vies mises à sa disposition, autant qu'il le croit nécessaire au succès de l'entreprise commune. Mais en équité, il est évidemment tenu de mettre la plus grande discrétion dans l'emploi de toutes ces vies humaines. Sans aucun doute, quand le pays est en un grave danger, quand l'existence même de la nation est en question , il peut envoyer sur le champ de carnage ses soldats à la glorieuse a orgie des batailles », car les blessures et la mort sont la récompense à laquelle le patriote aspire, et du reste elles sont inévitables pour un grand nombre. Mais l'autorité n'a point le droit de laisser perdre par sa négligence ou par sa maladministration les vies des soldats, ou d'exposer leur santé à tous les dangers des maladies, des miasmes, du mauvais air, de la nudité ou de la

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disette. De l'honneur il y en aura toujours dans les blessures gagnées à la bouche des canons, mais l'imagination la plus subtile ne pourra jamais entourer d'aucun reflet glorieux la dyssenterie, le typhus ou le choléra. Jusqu'à quel point les gouvernements ont-ils tâché de remplir leur devoir? C'est là ce que vont nous dire des faits qui parlent d'eux-mêmes.

Dans son ouvrage sur les Sociétés de secours mutuels (Fricndly Societies), M. Ansell évalue la perte moyenne subie par les hommes de 20 à 40 ans, c'est-à-dire pendant l'âge militaire, à 5,60 jours par an, soit à 1,50 \, Dans ses « Contributions à une Statistique de la Yie » [Contributions to Vital Statistics), M. Neilson trouve une moyenne de 7 jours de maladie, soit 1,92 7o- Probablement le chiffre moyen entre ces deux évaluations, 1,71 \^ nous donne la plus exacte mesure des maladies probables pour les mâles qui sont dans la force de l'âge.

Quant aux chiffres relatifs à la mortalité, nous possédons, recueillies à un grand nombre de sources, des données très-dignes de confiance. En Angleterre et dans la principauté de Galles, prises en bloc, il meurt chaque année 92 mâles de toute classe sur 10,000 individus âgés de 20 à 40 ans, ce qui nous donne la proportion de 0,92 ^o', cette proportion n'est que de 0,77 7o dans les districts les plus salubres du pays. Un calcul analogue donne comme mortalité

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