‹ La Commission sanitaire des États-UnisChapitre 22 sur 63 · REGLES DE L'HYGIENE · texte numérisé non relu

REGLES DE L'HYGIENE

sanguins, juste autant de substance nutritive qu'il en existe dans nos aliments sous forme assimilable, mais ils ne sauraient aller au delà. En outre, cette opération réparatrice nécessite elle-même la dépense d'une quantité déterminée d'énergie vitale. Les artères convertissent en chair vivante juste autant d'éléments nutritifs que leur en apportent les organes digestifs, mais pvTS davantage. Les poumons rejettent du corps autant d'atomes usés, autant de chair morte que l'oxygène aspiré en peut convertir en eau et en gaz acide carbonique; mais c'est tout ce qu'il est en leur pouvoir de faire. L'action des lois de la nature est inexorable; les résultats de leur fonctionnement ne dépendent pas de notre volonté, mais d'une inflexible nécessité. La chaudière d'une machine à vapeur n'est pas plus impérieuse que ne l'est le corps humain dans ses exigences : il lui faut aussi une certaine mesure d'eau et de charbon, pour qu'elle produise en retour un certain effectif de vapeur à une certaine tension. Amoindrissez la qualité ou la quantité du charbon, réduisez la consommation d'eau, et vous diminuerez dans la même proportion • le maximum de force utile que la machine eut été capable de vous donner.

Malheureusement ces vérités à la façon de M. de la Palisse, ces banalités de mécanique et de physiologie semblent trop souvent ignorées ou complètement perdues de vue. Les leçons de l'expérience

profitent peu au monde; il ne manque pas de théoriciens superstitieux se figurant qu'on pourrait accoutumer un cheval à ne manger qu'un brin de paille par jour, et oubliant que toutes les fois qu'on a mis ce système en pratique la pauvre bete est morte avant d'avoir pu s'y habituer. Des gouvernements qui ne se sentent aucune faiblesse pour les utopistes, et qui ne voudraient pas tomber dars le paradoxe, s'étudient à réduire au minimum d'éîoffe les effets du soldat tout en prétendant l'habiller suffisamment. Qu'il soit en campagne ou dans la caserne, il doit se contenter de vivre dépourvu de la plupart des comforts et commodités de la vie privée; qu'il soit couché sous la tente ou bien entre les murs d'une caserne, il dort dans des conditions d'hygiène notablement inférieures à celles qu'il avait chez lui. Même en temps de paix et dans les circonstances en apparence les plus favorables, la moyenne des morts et des maladies, constatée par des chiffres irrécusables, est bien plus considérable dans les rangs de l'armée que dans ceux de la population civile. En temps de guerre, cette moyenne est subitement augmentée. Il est donc évident qu'un bien grave défaut dans l'organisation matérielle du service militaire peut seul expliquer cette affligeante disproportion.

Pratiquement, la guerre doit être envisagée comme une association ayant un but déterminé.

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