‹ La Commission sanitaire des États-UnisChapitre 35 sur 63 · VOLONTAIRES ET LEUR HYGIÈNE · texte numérisé non relu

VOLONTAIRES ET LEUR HYGIÈNE

£. Prévculloii hyg:iciiiqiic«

Nous avons déjà fait incidemment, allusion à l'immense enquête ouverte surFliygiène des armées américaines, et aux décisions qui en furent le résultat. L'expérience de la Commission sanitaire des Elats- Unis l'a conduite à formuler exactement les mêmes conclusions que le Comité anglais institué pour la réforme du système médical dans l'armée de la Grande-Bretagne. On constata une fois de plus que les règlements c< ne s'inquiétaient en aucune façon de la santé du soldat, mais seulement de sa maladie. » On corrobora de nouveau la vérité du jugement si bien porté par Miss Florence Nightingale : (( En temps de guerre, le gaspillage des vies bumaines et la destruction des santés et du bien-être ont été et doivent être bien plus attribués aux maladies qu'aux batailles. Une bistoire fidèle de toutes les guerres serait l'histoire de maladies, de morts et de souffrances qu'il eût été facile de prévenir \ » Animé par la même conviction, les commissaires, pour employer les propres termes d'un de leurs rapports, demandèrent a que les souffrances des malades et des blessés fussent allégées autant que les nécessités militaires en laisseraient la possibilité. D'ailleurs on ne devait point leur accorder ces soulagements comme

* Voir Touvrage intitulé : Army sanitanj Adminislration and its lieform under lord Herbert, par Miss Nightingale.

si un maître âpre et dur les eût marchandas, comme s'il s'était agi de discuter les termes d'un contrat de logement, mais comme si l'amour et la tendresse des mères, des fen^mes, des sœurs et des amantes s'étaient unis en leur faveur à la vaste prévoyance, à l'habilelé, à l'adresse, au tact d'un grand général. »

La partie strictement préventive de l'œuvre comprenait :

— En premier lieu, un corps d'inspecteurs d'hygiène ^, composé d'une vingtaine de médecins; (Ceux-ci renoncèrent à des positions lucratives pour offrir leurs services, presque sans rémunération aucune.)

— Un bureau de statistique, d'hygiène, de vitalité et de mortalité;

- — Enfin la préparation et la publication de manuels pratiques sur divers sujets d'hygiène militaire, de médecine et de chirurgie. Ces brochures devaient être distribuées gratuitement aux agents hospitaliers de l'armée régulière et des corps de volontaires.

I. Inspecteurs dlnjgiè ne, — Les fonctions des inspecteurs d'hygiène ont été exposées en détail dans une lettre spéciale du secrétaire général. Les principaux points sur lesquels doivent porter leur enquête ont été indiqués dans un formulaire soigneusement

* Sanitary Inspectors.

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rédigé et comprenant dcujc cents questions. Les inspocleurs ont pour instruction de montrer en toute circonstance leur respect pour les règlements statutaires; en conséquence, ils sont tenus de s'adresser aux subalternes par l'intermédiaire des supérieurs, et seulement avec l'approbation de ces derniers. Ils doivent agir avec la conviction bien arrélée que la discipline est dans une armée la première garantie de l'hygiène ; ils doivent eux-mêmes respecter scrupuleusement la hiérarchie militaire et la faire respecter par les autres. A leur entrée dans un régi* ment, les inspecteurs doivent s'adresser à l'oriicier de service, et lui demander d'être présentés par lui au colonel ou au commandant; puis il leur faut remettre à celui-ci leurs lettres de crédit, et tâcher, autant qu'il leur est possible, de gagner sa confiance et de le faire entrer activement dans les vues de la Commission. Le capitaine ayant pour devoir, comme on l'a dit si souvent, d'être « le père de ses soldats, » lien, absolument rien de ce qui affecte leur bienêtre, leur comfort et leur sanlé ne doit lui rester indifférent; et c'est de la conscience avec laquelle il accomplit ce devoir que dépend le bon état de sa compagnie. En conséquence, les inspecteurs sont tout spécialement chargés de faire la connaissance personnelle des capitaines et de cultiver avec eux des relations d'amitié, afin d'assurer aux conseils qu'ils pourraient donner une réception cordiale.

S'2 LA COMMISSION SANITAIRE DES ÉTATS UiMS.

Nos missionnaires de l'hygiène doivent aussi entrer avec le chirurgien da régiment en rapports de confraternité professionnelle et d'émulation morale qui soient de nature à lui donner un sentiment plus profond de l'importance de ses fonctions. Lorsque cela est nécessaire, ils sont tenus de lui rappeler qu'il « est personnellement responsable des mauvaises conditions hygiéniques contre lesquelles il n'aurait pas protesté avec une persévérance et une énergie suffisantes. » Grâce à la courtoisie des relations, une entente vraiment cordiale doit s'établir entre les hospitaliers volontaires et les officiers militaires et médicaux.

Le manuel d'instructions, qui est tout un volume, est divisé en trente-deux chapitres, tels que : PosUion des camps. — Drainage, — Ventilation. — Désinfeclants . — Commissariat. — Rations et cuisine, — Vétemeïits^ etc. Afin de donner à ces inslructions une utilité plus pratique, on recommande aux inspecteurs d'entrer en libre conférence avec . l'officier commandant pour lui recommander telles améliorations qu'ils jugeront convenables. En cas de négligence persistante des précautions nécessaires, l'inspecteur a pour instruction d'adresser à l'officier une lettre exposant les motifs des avis qui lui sont donnés, mais de rédiger ses phrases en des termes qui ne puissent pas être désagréables ou blessants. Huit jours après, copie de la lettre et de la réponse,

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s'il y en a une, doit e(re cornmimiqiicc au bureau central de Washington. Dans les visites ultérieures, l'inspecteur est chargé d'étudier les changemeiils qui ont été effectués depuis le jiremier rapport, et de constater l'étendue et l'iniportance des résultats que ces modifications ont produits. Et quand la nécessité s'en fait sentir, l'inspecteur indique les mesures qui, selon lui, devraient être prises par la Commission ou par le gouvernement.

II. Bureau de statistique. — Nous ne pouvons donner de l'organisation du bureau de statistique, une idée plus claire qu'en insérant un extrait de quelques questions prises au hasard dans le Manuel des Inspecteurs ^ :

85. Les rations sont-elles en quantité suffisante? 84. Sont-elles généralement considérées comme

bonnes, chacune dans son genre ? En cas de réponse négative, mentionner ce que l'on dit être de mauvaise qualité.

86. Combien de fois par semaine donne-t-on de la viande fraîche?— des légumes frais? — des légumes secs?

145. L'hôpital du régiment se trouve- t-il dans une maison? — dans une tente? — dans une construction provisoire ?

* Sanitary Commission, Document n" 19.

146. Est-il bien ventilé? — Comment esl-il chauffé? — Est-il tenu proprement?

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