PLAN DES OPÉRATIONS DE LA SOCIÉTÉ
Organisation générale. — A. Personnel des volontaires. — B. Prévention hygiénique : 1° Inspecteurs d'hygiène; 2° Bureau de sliitistique; 5° Monographies générales. — C. Hôpitaux; description des édifices; pas^elemps des malades. — D. Service d'assistance : 1° Service d'assistance spéciale; a Agence hospitalière; b Asiles des soldats; c Begistre des morts et enterrements ; 2° Service d'assistance générale. Organisation des sociétés auxiliaires. Ordre des distributions. Horreurs du champ de bataille. Bienfaits de la Commission. — Ambulances et wagons des blessés.
Le grand secret du succès de la Commission ne doit pas être cherché seulement dans l'enthousiasme de ses amis et partisans, il se trouve surtout dans l'action systématique de ses agents, dans leur exactitude et leur esprit de suite. Par le moyen de ses auxiliaires, elle semble toute présente; partout son action se fait sentir, au sein des dangers du champ de bataille, au miHeu des drames moins bruyants, mais plus lugubres, de l'hôpital. Au moment de la rencontre avec l'ennemi, le chef de l'armée n'oserait pas faire trop avancer ses ambulances, de peur de les exposer à être capturées; mais la Commission sanitaire ne craint pas de mettre ses fourgons et sa pharmacie sur la ligne même de bataille, car
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elle n'ignore pas que le peuple, si généreux de ses dons, n'hésiterait pas à risquer cette perte pour assurer un plus prompt secours aux soldats qui tombent sur le champ de carnage. Plus d'une fois, l'armée fut heureuse de pouvoir profiter d'une coopération aussi dévouée; plus d'une fois, les ambulances jégulières, qui se trouvaient trop éloignées du lieu de l'action, arrivèrent longtemps après que les agents de la Commission distribuaient déjà leurs provisions pour alléger les souffrances des blessés et des mourants.
En tout temps, le génie de l'ordre systématique préside aux opérations de l'Association nationale. Les instructions données aux agents s'accordent parfaitement avec celles qui doivent servir de règle dans les rangs de l'armée. On leur a indiqué comme leur devoir primordial de s'entendre avec les chirurgiens militaires. Aucun article n'est délivré sans un ordre spécial de ces derniers ; aucune distribution d'articles pharmaceutiques n'est faite à des gens du dehors et sans autorisation. On insiste fermement sur la discipline hospitalière, et sous aucun prétexte on ne permet d'infraction aux règlements. Si on avait laissé des hommes animés d'un zèle indiscret s'ingérer ici et là, il est certain que la Commission sanitaire eût perdu toute espèce de crédit auprès du secrélariat de la guerre et des chirurgiens des armées en campagne. Au lieu de laisser les coudées
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franches aux officiers de loulc sorte, elle fit donc choix d'hommes compétents pour leur faire inspecter les hôpitaux avec l'entière et cordiale approhation des chirurgiens desservants, pour obtenir le concours des employés, des infirmiers et des divers agents, enfin pour se concerter avec les officiers médicaux, qui, selon les besoins du moment, auraient à mettre en réquisition les articles de ses dépôts. Dans le choix des infirmiers, grand soin fut pris d'agir de concert avec les autorités médicales et de prendre parmi des milliers de candidats ceux-là seulement qui étaient parfaitement disposés à se soumettre aux prescriptions des chirurgiens. Actuellement deux cents infirmières habiles et deux mille infirmiers sont en activité de service.
Nous avons déjcà fait allusion à l'ordre et à l'esprit de système qui caractérisent les opérations de la Commission . Pour que le lecteur en puisse juger par lui-même, et que ce plan puisse à l'avenir être rais à profit par des institutions analogues, nous allons exposer ici, avec quelque détail, le modus operandi.
Dès l'origine, l'on résolut de procéder à l'œuvre d'enquête et d'avis en rangeant tous les faits sous les quatre chefs principaux :
A. Personnel des volontaires.
B. Prévention hygiénique'.
* Mo cns prophylacliques que nous appelons prévention hijgié nique.
D. Service d'assislance.
A. Personnel des volontaires»
Sous ce premier chef sont classées toutes les pièces de l'immense dossier qui se rapportent aux efforts fails par la Commission pour déterminer les bureaux de la guerre à faire une plus rigide inspection des recrues. Quand les volontaires accouraient par milliers, quand les chirurgiens examinateurs n'avaient encore qu'une médiocre expéiience dans l'accomplissement de leurs fondions, on classait, comme bien portants, et on enrôlait dans l'armée une multitude d'individus dont les forces physiques laissaient beaucoup à désirer et qui ne pouvaient manquer d'entrer à l'hôpital. La prompte vigilance de la Commission découvrit bientôt celte source trop abondante de maladies dans l'armée, et immédiatement elle insista sur le remède bien simple auquel il fallait avoir recours. Des instructions détaillées furent envoyées par les bureaux de la guerre aux conseils de révision au sujet des qualités physiques requises de chaque conscrit. Dans les régiments qui furent subséquemment organisés, ces nouvelles directions ont produit leur effet, et le niveau moral et physique des dernières levées est notablement supérieur à celui des premières.