HOPITAUX FLOTTANTS
nord. Sans la présence de ces navires et des approvisionnements qu'ils contenaient, les souffrances de ces malheureux eussent été réellement indescriptibles. »
Une particularité frappante de la guerre actuelle, nous avons eu déjà l'occasion de le remarquer, c'est que les principaux mouvements et les principales positions stratégiques ontdépendu de la direction que suivent les chemins de fer et les rivières navigables. Nous avons vu comment la Commission avait utilisé notre système de communicatix)ns maritimes et fluviales en employant des bateaux à vapeur et des hôpitaux flottants. Mais les exigences du service et la position des différents corps d'armée rendaient inévitable le renvoi de la plus grande partie des blessés dans les états du nord par le moyen des chemins de fer et non par celui des bateaux à vapeur. Or, les ébranlements et le tangage des wagons ordinaires exposaient plus ou moins les soldats blessés à de douloureuses tortures. Pour les amoindrir ou les prévenir, un membre de la Commission dessina le modèle d'un wagon qui, par des moyens mécaniques, devait assurer un transport assez confortable des blessés (voir les planches 4 et 5). Sur les divers chemins de fer communiquant entre l'armée et les hôpitaux, douze de ces wagons ou même un plus grand nombre roulent constamment, tons disposés
avec le plus grand soin et la plus grande inlelligence pour le bien-être des malades. Chacune de ces ambulances est munie de tout le confort et de toutes les ingénieuses inventions qui se trouvent dans les bons hôpitaux; les lits-brancards, que l'on peut détacher à volonté sans déranger les malades, sont disposés régulièrement de chaque côté du wagon et suspendus au moyen de fortes bandes en caoutchouc amortissant les contre-coups. La ventilation y est bien entendue, la lumière est doucement tempérée, il y a des tuyaux pour la communication verbale entre chirurgiens, infirmiers et infirmières. Chaque détail est soigneusement calculé pour donner au patient la position, assise ou inclinée, la plus commode, soit sur des lits, soit sur des chaises d'invalides. Les agents ont sous la main des approvisionnements bien empaquetés de vêlements chauds, de tablettes alimentaires, de thé, de café et de drogues pharmaceutiques; ils disposent d'un fourneau très-ingénieux pour la cuisine; ils ont des provisions d'eau et une pièce de débarras.
Les témoignages favorables sont nombreux au sujet d'une amélioration aussi importante. Nous citerons celui du docteur Thurston, directeur médical de l'armée à Nashville : « Le transport rapide, le traitement donné aux patients dans leur voyage, les soins intelligents des infirmiers qui accompagnent le train, ont, j'en suis persuadé, sauvé bien des exis-
WAGONS-A^IBUIANCES. 155
tences. Les malades et les blessés, et moi-même, ajouterai-je, nous devons à la Commission beaucoup do reconnaissance; mais dans mon opinion, c'est le a train sanitaire » qui a fait, pour le bien-être des malades, plus que toute autre institution. » Citons aussi l'opinion du docteur Barnum, qui a rendu les plus grands services en se chargeant, dans TOuest, du service des ambulances par chemins de fer : c< Depuis que je m'occupe des trains hospitaliers, j'ai fait transporter 20,472 pntients, et j'en ai perdu seulement un, qui, malgré l'avis du chirurgien et le mien, demanda avec supplications qu'on voulût bien lui permettre d'aller mourir au sein de sa famille. »