‹ La Commission sanitaire des États-UnisChapitre 46 sur 63 · HOPITAUX FLOTTANTS · texte numérisé non relu

HOPITAUX FLOTTANTS

nessee et de leurs nombreux affluents; sur la cote maritime orientale, dans les criques et dans les golfes intérieurs de l'Atlantique, les navires de la Commission n'ont pas rendu de moindres services, en sauvant des vies humaines et en contribuant à l'amélioration de l'hygiène de l'armée. L'histoire de la mémorable campagne du général MacClellan dans la Péninsule, entre les rivières James et York, rend un éloquent témoignage en faveur des efforts héroïques de la Commission. Les troupes fédérales, obligées de se frayer un chemin à travers l'ennemi jusqu'aux abords de Richmond par une série de batailles et de sièges, ne comptaient pas moins de loOjOOO hommes. Le terrain marécageux sur lequel ils poursuivaient leur marche fatigante et sans résultat, était imprégné de miasmes délétères. Obligées chaque jour, comme elles l'étaient, de travailler dans les tranchées d'où surgissait la fièvre, épuisées presque au delà des forces humaines par des escarmouches incessantes, ces troupes, vaillantes et composées d'hommes dans la force de l'âge, eurent à subir des rigueurs comme peu d'armées en ont enduré. Des multitudes de soldats malades et épuisés étaient incessamment renvoyés au nord par les fleuves de York, de James et de Pamunkey. Sur tous les points d'embarquement, les bons offices rendus par les agences sanitaires de la Commission furent au-dessus de tout éloge. L'hono-

rable Moses F. Odell, membre du Congrès pour la cité de Brooklyn (New-York), et témoin oculaire des événements de cette campagne désastreuse de la Péninsule, raconta ses impressions dans un discours auquel nous empruntons le paragraphe suivant:

«Avant d'être resté longtemps au village de White- House, il nous vint de Fair Oaks, dans une file de wagons, quelque cinq à six cents soldats blessés. C'est à ce moment que je compris les vastes ressources et Textrême utilité de la Commission. A bord des bateaux à vapeur, je trouvai nombre de dames et de messieurs prêts à venir en aide de leurs mains et de leurs cœurs aux blessés et aux mourants. Je n'hésite pas à le dire, le gouvernement avait certainement, dès l'origine de la guerre, apprécié exactement les besoins du soldat : il avait fait tout ce qui était en son pouvoir; mais la Commission fit mieux que lui, et le précéda constamment de quelques heures, ou même de quelques jours, dans l'administration des secours. Je m'adjoignis immédiatement à elle, et m'enrôlai, comme membre actif, pendant quatre jours et quatre nuits. Dans cet espace de temps 3,465 blessés furent admis; on pourvut à leurs besoins immédiats, les secours médicaux leur furent donnés; puis on embarqua ces hommes pour les hôpitaux de Washington et d'autres cités du

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