‹ La Commission sanitaire des États-UnisChapitre 58 sur 63 · AVENIR DE LA COMMISSION SANITAIRE · texte numérisé non relu

AVENIR DE LA COMMISSION SANITAIRE

]a nation. Il est vrai que l'administration fournit à chaque invalide un membre artificiel en échange du bras ou de la jambe qu'il a perdu et lui sert une pension d'au moins 45 francs par mois réversible sur sa veuve ou sur ses enfants mineurs ; en outre, le soldat blessé peut, comme tout autre chef de famille, réclamer du gouvernement une propriété de 64 hectares prise sur le domaine national; mais la pension est insuffisante dans un grand nombre de cas, et seulement une faible minorité de soldats su trouvent en mesure d'accepter la terre qu'on leur offre dans les états et les territoires de l'Ouest. Quant aux militaires valides, ils ne reçoivent pas de pensions de retraite, bien que la vie des camps ait pu diminuer considérablement leur aptitude au travail. La Commission devra donc intervenir atîn de procurer des occupations paisibles aux volontaires congédiés qui pourraient se trouver dans la gène, et de les ramener, sans secousse trop douloureuse pour eux, dans le sein de la société civile. L'expérience que les agents sanitaires acquièrent journellement leur permettra d'agir de la manière la plus sage à cet égard ; en lout cas, il est probable qu'ils n'imiteront pas les institutions européennes par la création de grands hospices militaires semblables aux hôlcls des Invalides. Soutenus dans leurs avis par l'opinion générale des Américains, les membres de la Commission prétendent, à tort ou à raison, que toute ag-

174 Li CO)i)ilSSlO.\ SAMTAIRE DES ÉTATS-UNIS.

glomération d'hommes oisifs devient fatalement un foyer de démoralisation, et qu'elle engendre des habitudes de paresse très-fâcheuses dans un pays où tous les citoyens ont jusqu'à ce jour demandé leur subsistance au travail ; ils conseillent au soldat mutilé de rentrer dans le sein de sa famille et d'employer à une tâche utile le reste de ses forces au lieu de mener dans quelque grande cité une vie de désœuvrement et d'ennui. Toutefois si la Commission sanitaire s'in!;erdit de fonder des hospices proprement dits, en revanche elle s'occupe d'autant plus de construire des hôpitaux et d'améliorer le service de ceux qui existent déjà. Récemment elle a fait bâtir un home sur la côte orientale de la Floride, dans la ville de Saint-Augustin , qui est le Cannes de l'Amérique ; c'est là qu'elle envoie les invalides attaqués de maladie de poitrine, afin de les guérii" ou du moins de prolonger leur vie.

Nous ne pouvons mieux terminer cet exposé de la grande œuvre entreprise aux Etats-Unis que par les paroles d'un écrivain distingué qui s'exprimait ainsi dans ï Atlantic Monthly Magazine :

(( La grandeur et l'importance de l'œuvre qui a été accomplie ne sera dignement comprise que lorsqu'on aura publié l'histoire détaillée de ses origines, de ses progrès et de ses résultats. Même alors, la Commission sanitaire ne sera point appré-

Page 1