CONCLUSIONS
|. — Nous rapportons l'expérience de 160 commissurotomies pour rétrécissement mitral pratiquées par notre Maître le Professeur Santy et le Docteur Pierre Marion.
Il. — Les manifestations cliniques de la sténose mitrale peuvent s'intégrer dans un cycle évolutif de trois phases. La barrière artériolaire pulmonaire située dans la seconde phase, sépare schématiquement en deux les indications opératoires :
— Celles situées en aval de cette barrière : troubles du rythme paroxystiques, formes emboligènes, formes sympathicotoniques, formes œdémateuses et formes hémoptoïques dont la préparation à l'intervention, l'acte opératoire et les suites opératoires sont des plus simples.
— Celles situées en amont de cette barrière : hypertension pulmonaire et insuffisance ventriculaire droite, de préparation à l'intervention délicate et de suites opératoires troublées.
I. — Sur le plan anatomo-pathologique, des trois formes, commissurale pure, fibreuse annulaire, et fibreuse valvulaire, la seconde semble la plus fréquemment rencontrée.
IV. — La voie d'abord utilisée est la petite thoracotomie sousmammaire axillaire, tandis que la cardiotomie habituellement pratiquée est la voie auriculaire. Les thromboses auriculaires, dont nous envisageons les critères diagnostiques au chapitre des bases anatomo-pathologiques, ne doivent pas être écartées de l'intervention : pour celles-ci, la voie veineuse pulmonaire a été utilisée cinq fois, mais il semble cependant préférable, s'il est possible, de conserver la voie auriculaire pure, sous couvert de clampage des vaisseaux carotidiens.
V.— De l'étude des formes anatomiques et du désir d'être efficace au maximum, pour des malades ayant accepté le risque opératoire, découlent les conclusions techniques : les commissurotomies instrumentales devront être plus fréquentes que les ne o ruptures digitales, dans bien des cas insuffisantes.
VI. — Les suites opératoires sont parfois très troublées, et les complications s'intègrent dans le temps, dans trois stades :
— le premier: comprenant les cinq! fremiers jours où apparais-
sent les hémorragies, l'hyperthermie et le syndrome d'insuffisance
respiratoire aiguë.
— le deuxième stade, du cinquième au huitième jour, est l'apanage des complications pleurale et'péricardique.
— le troisième enfin, au delà du huitième jour, au cours duquel sont suspectés les thromboses auriculaires et le rhumatisme arti-. culaire aigu.
VI. — Notre mortalité de 11 % pour le premier mois, atteint 13 % si nous envisageons les décès dans les deux premiers mois. Les causes essentielles de cette mortalité opératoire sont représentées essentiellement par l'hyperthermie et l'insuffisance respiratoire sus apanage des formes avec hypertension pulmonaire, parfois maligne, ou des formes en insuffisance ventriculaire droite [toutes deux situées dans le cycle évolutif de la sténose mitrale, au delà de la barrière artériolaire).
VII. — Les résultats éloignés étudiés succinctement sont bons dans l'ensemble et de l'ordre de 80 %..
Le Doyen, Le Président de la Thèse, H. HERMANN. P. SANTY.
Vu et permis d'imprimer :
Lyon, le 16 Février 1954.
Le Recteur, Président du Conseil de l'Université,
André ALLIX