‹ La commode de VictorineChapitre 17 sur 25 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

HECTOR, puis BARDAS, puis MARITON.

HECTOR, seul.

Mon Dieu! que j’ai clé bêle, hier, dans ce restaurant I... j'elais gris... j’ai voulu faire le gentilhomme... et j’ai jeté mes \ ingi-pinq louis sur la table, en disant : « Voilà pour le dégraisseur ! » Le mot a fait beaucoup d’effet-... Le patron de rétablissement m’a reconduit jusqu’à la porte en me saluant... mais aujourd'hui je suis à sec ! complètement... Ah dame! un clerc d’avoué n’a pas les moyens de jouer aux petits palets avec dos rouleaux de vingt-cinq louis... d’un autre côté, celte pauvre Angèle qui se trouve sur le pavé, avec ses meubles!... Je vais voir ce monsieur Lastringuy, et si, comme je le crois, c’est un galant homme... il rendra l’argent... (Le voyant entrer du fond.) Tiens !... c’est lui !

BARDAS, entrant par le fond, à part.

Je suis allé chez cinq de mes amis intimes, ils étaient tous sortis... Je leur ai laissé un petit mot.

HECTOR, le reconnaissant.

Monsieur...'

BARDAS, saluant.

Monsieur !... (Le reconnaissant, à part.) MoD jcune homme du restaurant !

HECTOR

Je me disposais à monter chez vous.

BARDAS.

J’attends mes témoins, monsieur.

HECTOR, à part.

Il paraît qu’il lient à se battre, le vieux.

BARDAS.

Monsieur, jusqu’à l’arrivée de ces messieurs, notre situation respective noms fait un devoir de rester chacun dans sa lente... excusez-moi si je me prive tfe votre conversation.

* Hector, Bardas.

BECTOB , à part.

Diable, ça ne fait pas mon compte. (Haut.) Ne pourrions nous pas toujours causer un peu de l’affaire ?

BARDAS.

Impossible ! J'ai délégué mes pouvoirs.

HECTOR

Mon Dieu, monsieur, je ne demande pas mieux ijue de croiser le fer avec vous, si cela peut vous être agréable... mais entre nous, l’offense n'est pas tellement grave...

BARDAS.

Comment, monsieur! renverser une lampe sur la robe de madame Bardas de Lastringuy...

HECTOR

Oui, c’est une maladresse. j

BARDAS.

Et ces cinq cents francs jetés sur la table?

HECTOR

Ah! voilà!... voilà où es( l'injure... la véritable injure!...

Eb bien ! ces cinq cents francs.. . je les retire, rendez-les moi !

(Il avance sa main.)

Gomment!

HECTOR

Nous nous battrons après si vous le voulez...

BARDAS.

Non, monsieur! les choses demeureront en l'étal.

HECTOR

Vous voulez les garder î

BARDAS.

N’allez pas croire que je veuille en bénéQcier.

HECTOR , avançant la main.

A la bonne heure I... je disais aussi !...

BARDAS.

Je compte les donner aux pauvres de l'arrondissement où le délit a été commis.

HECTOR

Aux pauvres? permettez!...

DE tlGTORINE

BARDAS.

Telle est ma volonté immuable !

HECTOR

AhI c'est comme ça!... Savez- vous, monsieur, que c'est de l'indélicatesse !

BARDAS.

Comment î

HECTOR

Cinq cents francs pour une vieille robe fanée !...

BARDAS.

Une robe fanée ! Apprenez que madame Bardas de Lastringuy...

HECTOR

On peut la faire reteindre pour dix-huit francs! Ça coûte dix-huit francs! je m'en suis informé I... Je demande ma monnaie. (Il avance sa main.)

BARDAS.

Jamais, monsieur !

HECTOR

Alors, dites tout de suite que c'est un commerce !

BARDAS.

Un commerce !

HECTOR

Oui, vous promenez votre Bardas de Lastringuy avec des robes avariées, vous tâchez de lui procurer des taches... et vous exploitez les jeunesgens de famille !. . .

BARDAS, exaspéré.

Monsieur I monsieur! avant peu vous sentirez le froid de ma lame.

HECTOR

Eb I je me moque pas mal de voire lame !

BARDAS.

Oh! mes témoins I où sont mes témoins?

HECTOR

Oh ! je la connais celle-là ! Vos témoins ! vous en parlez toujours et on ne les voit jamais !

BARDAS.

Us viendront, monsieur, ils viendront.

HECTOR

A Pâques ou à la Trinité?

sa

BARDAS.

Ab ! ça, mais vous-même, qui criez si fort.. . où sont donc les vôtres?

HECTOR

Oh r les miens !. . . Vous allez les voir. . . Ils sont en route !

MARITON, entrant par le fond, avec sa boite surle’dos, à lui-même.

Je suis éreinté, moi

HECTOR, bas à Mariloo.

Mon ami, j’ai besoin d’un témoin... Je comptesur toi • **...(11 le fait passer.) Tenez en voilà un ! Monsieur Mariion. .. inspecteur des mines. (Montrant la boite qu'il a sur le dos.) Ça C'est sa boîte d'échantillons. . . (Bas.) Tu peux l'ôter. (Mariton dépose sa boite à gauche.)

BARDAS, saluant Mariton.

Monsieur!...

HECTOR, à Bardas.

A votre tour maintenant. . . Où sont les vôtres?

BARDAS.

Une minute, monsieur, une minute. (A. part.) Et ccs animaux-là qui ne viennent pas. . . Je vais passer pour un vantard !

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