SCÈNE XV
MARITON, POPAREL.
POPAREL.
Qu’est-ce que vous dites ?
MARTINON
En Belgique ! Mais ça doit coûter çber d’aller par là 7
POPAREL
Je ne pourrais pas vous dire... Je ne serai pas rendu à cinq heures.
MARITON passant.
Attendez... Nous avons l’Indicateur'des chemins de fer. (il le prend sur le guéridon à droite et le donne à Foparel.) NOUS a Ions faire le compte.
POPAREL, lisant.
Chemin du Nord... Départ, neuf heures vingt min’.:ies.
MARITON
Nous prendrons des troisièmes.
POPAREL, cherchant.
Naturellement. Troisièmes... Ah! bon! elles ne vont que. jusqu’à Amiens... Ici, il faut prendre des secondes...
MARITON
Prlsti I
POPAREL.
Ah ! bon ! elles ne vont quo jusqu’à Valenciennes... Ici, il faut prendre des premières...
MARITON
Le prix I le prix !
‘ Poparel, Mariton.
DE VICTORIN'e
POPAREL.
Attendez... Prix, (il fenilleite.) Trente-cinq centimes I Ah I non, c’est Asnières. (Cherchant.) Voyons... Ah I Trente-quatre francs cinquante-cinq centimes.
En prenant des aller et retour ?
POPAREL.
Il n’y en a pas... Trente-quatre francs cinquante-cinq centimes et trente-quatre francs cinquante-cinq centimes, ça fait soixante-neuf francs dix centimes.
MARITON
Et puis il faut descendre à l’auberge... 11 y a la chambre... le déjeuner... le dîner... le vin blanc le matin, etc...
POPAREL.
Il faut compter cent francs.
MARITON
Chacun ?
POPAREL.
Parbleu!...
MARITON
Et qu'est-ce qui paie tout ça ?...
POPAREL.
C’est nous !...
MARITON
Comment, nous?
POPAREL.
On ne peut pas aller présenter sa note au blesse.
Ah I ben, ça ne me va plus ! Je gagne soixante francs par mois.
■ ” POPAREL.
Le fait est que c’est cher... d’autant mieux que pour cinquante sous, on peut voir un drame bien plus intéressant à rAmbjgu.
MARITON
El on esi chaufTé.
POPAREI,.
Oui, l’été surtout! Et puis, je ne serai jamais revenu pour cinq heures. Si nous arrangions l’affaire.
■ ‘ MARITON
Avec plaisir.
POPAREL.
Qu'est-ce que le duel? Le duel à l’étranger surtoüt?. . Un ' fléau... Le dernier vestige de la barbarie... Est-ce que les hommes ont été créés pour se détruire entre eux? (il secoue violeounent Marilon.) '
MARITON, nvcc énergie, et même jeu.
Non, capitaine!
POPAREL, même jeu;
Eh! bien, alors il faut arranger l’affaire, nom d'un petit bon homme.
MARITON, même jeu.
Hais comment faire ? iis sont enragés tous deux.
POPAREL.
Attendez... j’ai une idée!... Sa femme demeure au-dessus... je vais la prévenir^... (H remonte.)
MARITON
Comment ?
POPAREL.
C’est le devoir des témoins de prévenir les femmes I... Un bon témoin prévient toujours les femmes! Où est mon parapluie? (Il le prend.) Je reviens... allendez-moi. (H son vivement par Je fond.)
DE VICTOaiNE