‹ La commode de VictorineChapitre 6 sur 25 · HARITON ET LES MODISTES · texte numérisé non relu

HARITON ET LES MODISTES

Qu’arriva-t-il ?

CLARA, se réveillant toul*à-coup.

Rien! absolument rien! (Aux»ouvrières.) Mais vous ne travaillez pas, mesdemôiselles, vous êtes là à bavarder... vous savez combien nous sommes pressées... voyons, à l’ouvrage! à l'ouvrage !

(Césarioe et Julie se remettent à l’ouvrage.)

ANGÈLE*, à part, aux autres modistes.

Quel dommage ! la patronne allait nous raconter ses farces t

CLABA.

Eh bien! et vous, mademoiselle Angèle? qu’esl-ce que vous failes-!à?

ANGÈLE

Madame, je demande un jour de congé.

CLARA

Aujourd’hui I c’est impossible I

■ ANGÈLE

Madame, je déménage.

CÉSARINE et JULIE.

Ab! bahl

CLARA

Comment 1 encore? ah ! ça, vous promenez donc vos meubles tous les trois mois?

ANGÈLE

Cette fois-ci, j’ai un bail. ..je prends un appariement de mille francs.

CÉSARINE et JULIE.

Mille francs I

Avec des glaces et une terrasse... pour fumer...

CLARA

Vous fumez donc?

ANGÈLE

Non, madame... mais c’est pour M. Hector Belinay . un pro mier clerc d’avoué... qui va m’épouser...

* Mariton, Clara, Angèle.

DE VICTORINB 9

CÉSARINE et JOLIE.

Comment ?

MAMTON, rianl.

Ah ! cHe est bonne !

CLARA

Monsieur Mariton, pas de rires indécents ! (A Angèle.) Mon enfant, prenez garde, les clercs d’avoués, c’est bien fragile...

ANGÈLE

Oh I M. Hecior est un honnête homme... il a donné dix francs de denier adieu au concierge...

' CLARA

Je ne l’accuse pas...

Mais pour laisser entrer les meubles, le proprietaire exige six mois d’avance...

MARITON, à pan.

Lui, pas bête !

ANGÈLE

Et M. Hector doit se trouver à l’appartement à dix heures avec les cinq cents francs.

CLARA

Allons! puisqu’il s’agit de votre avenir!...

ANGÈLE

Je vais faire charger mes meubles sur une voiture à bras... (Elle met son cLAle et son chapeau.)

CLARA, remoBlant.

A demain... je compte sur vous... (Aux autres ouvrières.) Allons! mesdemoiselles, au travail*... (Appelant.)' Mons.ieur Mariton I

MARITON

Madame...

CLARA, prenant les cartons à droite.

Ce carton, rue du Cherche-Midi... celui-ci, rue Saint-Georges; celui-là, avenue Montaigne.

MARITON

Tout de suite, madame... je mets mes gants.

* Mariton, Angèle.

CHGEDR.

Aik : J>et Pileuses,

Lorsque madame commande,

Chacun doit obéir ;

II faut donc que l’on se rende,

Même à son moindre désir.

CLABA, poussant Mariton.

Mais ailes donc, Monsieur Mariton.

(Angèle et Mariton sortent par le fond, Césanne et Julie sont à la table à ouvrage.)

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