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La communauté des maitres chirurgiens de Poitiers (1410-1792)

L'histoire de la chirurgie à Paris, la première qui ait paru en France, date du xvme siècle. Depuis, nous avons eu celle des chirurgiens de Lille, publiée en 1911 par le Dr Leclerc. Actuellement, le Dl P. Dorveaux est sur le point d'en faire paraître une troisième sur l'exercice de la chirurgie à Metz. En dehors de ces travaux, il existe encore un certain nombre de publications concernant cet art. Aucune d'elles ne peut en donner un complet aperçu.

Jusqu'au xvuie siècle, les statuts donnés aux chirurgiens par les rois de France n'ont qu'une très minime influence sur la vie courante des communautés. Ce n'est qu'au début de ce dernier qu'ils vont s'imposer d'une façon définitive, supprimant ou modifiant les usages du passé. Le premier chirurgien du roi ou son lieutenant

prennent seuls alors la direction effective des maîtrises. Il est vrai que les maîtres, soucieux de conserver leurs anciennes habitudes, ne se soumettent point sans protester et sans provoquer de nombreux conflits. Toutefois, ils finissent à la longue par obéir. Nous ne possédons de l'ancienne communauté des chirurgiens de Poitiers que quelques feuillets détachés du dernier registre de ses délibérations. Les archives municipales, celles de la Faculté de médecine, des hôpitaux et des anciens notaires, nous ont surtout servi de bases pour notre travail.

En 1866, Pilotelle a consacré quelques lignes aux chirurgiens dans son étude concernant Y Ancienne Université de Poitiers. De son côté, le professeur Boissonnade, au cours d'un savant ouvrage sur X Organisation du travail en Poitou, a donné sur eux des renseignements un peu plus étendus, tant au point de vue de l'exercice de leur profession que de leurs rapports avec la Faculté de médecine.

Après nos études sur la Pharmacie en Poitou et sur Y Ancienne Faculté de médecine de Poitiers, notre but est de compléter, par cette publication, l'histoire de l'art de guérir tel qu'on le pratiqua dans notre ville jusqu'à la Révolution. Ce modeste travail sera peut-être de quelque utilité pour ceux qui voudront plus tard se livrer à de semblables recherches. S'il en est ainsi, nous considérerons notre but comme complètement atteint.

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