LA COMMUNE A L HOTEL DE VILLE
J'ai (lit comment j'avais été imposé au Comité de Salut public par la poussée populaire, sans avoir brigué cet honneur. Entré à riiôtel de ville, j'y étais resté avec l'espoir d'empêcher les excès qu'on pouvait prévoir et de hâter l'efTacement de la Commune révolutionnaire devant une autorité centrale plus régulière.
Il convient de citer ici le témoignage malveillant, mais équitable, de Garel, l'un des secrétaires du Comité. Dans sa brochure sur la Rèvolutio7i Lyonnaise , il a écrit (p. 7) :
Ce fut entre Andrieux et les autres membres du Comité une discussion incessante. A toute proposition, il objecta la légalité, le Code, etc. ; il dit que les citoyens auraient légalement le droit de s'opposer à l'effectuation des mesures arrêtées, et que lui-même s'y opposerait, comme c'était son devoir.
... Avocats, caste indécrottable (') !
Ce Garel et la plupart de ses collègues croyaient que leurs décisions allaient avoir la force et la
1. La lîéuolulioii Lyonnaise depuis le 4 septe)nhre, par Louis Gahel. Lyon, Regard, éditeur.
durée de la loi ; ils s'indignaient qu'on pût contester l'avenir de leurs décrets.
Si je n'avais été de tout temps l'adversaire des idées de fédéralisme et d'autonomie communale qui hantaient les meneurs de la démocratie lyonnaise, j'en aurais été éloigné dès le premier jour par le contact du gouvernement local. J'estimais d'ailleurs que les nécessités de la défense nationale exigeaient plus que jamais un |}ouvoir fort et par conséquent centralisé.
C'est dans cet état d'esprit qu'à la séance de onze heures du soir, le A septembre, je proposai au Comité l'envoi au nouveau Gouvernement d'une dépêche ainsi conçue : <' La République a été proclamée ce matin à neuf heures à Lyon. Le Comité révolutionnaire a pris les mesures d'urgence et attend les instructions du Gouvernement provisoire. »
Cette rédaction déchaîna une tempête. Eh quoi ? Le Gouvernement issu de la révolution lyonnaise aur;iità recevoir <( les instructions », c'est-à-dire les ordres, du Gouvernement né de