LES DÉLÉGUÉS DU CLUIJ DE LA ROTONDE
années de l'Empire, une part importante à l'organisation, à la propagande et au recrutement de V Internationale à Lyon'.
Albert Richard s'élait présenté dès le premier jour à l'hôtel de ville, et, se réclamant de son influence sur les sections de l'Internationale, il avait d'abord obtenu que son nom fut ajouté à ceux des membres du Comité de Salut public; mais tenu en suspicion par un grand nombre de ses nouveaux collègues, qui, malgré la décision d'un jury d'honneur, persistaient à lui attribuer des relations intéressées avec le parti bonapartiste, il avait été presque aussitôt rayé en exécution d'un vote émis en assemblée générale .
îl prit sa revanche dans une nombreuse réunion populaire, tenue le 8 septembre salle de la Rotonde, en y faisant nommer dix commissaires qui devaient être « les intermédiaires du
1. Albert Richard avait été délégué par les adhérents lyonnais de Vlnlernationale aux Congrès de Bruxelles en 1868 et au Congrès de Bâle en 1869. Sous son impulsion. Y Internationale avait fait à Lyon des progrès rapides, lorsqu'il fut compris dans les poursuites exercées contre cette association au mois de mai 1870.
peuple lyonnais auprès du Comité de Salut public », avec une mission de surveillance et de collaboration mal déterminée. Trois de ces commissaires étaient désignés pour se rendre à Paris, stimuler le zèle du Gouvernement de la Défense nationale et lui exposer les vœux du peuple lyonnais.
Les derniers feux d'une popularité en train de s'éteindre m'avaient valu l'honneur de faire partie de cette délégation avec Albert Richard et le professeur de mathématiques Jaclard, plus tard adjoint de Clemenceau à la mairie du XVIII^ arrondissement. Etranger à Lyon, Jaclard arrivait de Genève, où il s'était réfugié à la suite du procès de Blois, dans lequel il était impliqué. Sa camaraderie avec Albert Richard et un discours de réunion publique avaient suffi à lui concilier la confiance de ses auditeurs.
Les élus du Club de la Rotonde furent reçus le lendemain par le Comité de Salut public.
Albert Richai'd parla le premier. Usant de précautions oratoires pour ménager les jalouses susceptibilités du Comité, il exposa d'abord quel