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LES DÉLÉGUÉS DU CLUB DE LA ROTONDE

était le mandaL dont il se prévalait, et s'abstint de parier de ses idées de derrière la têle sur la convocation d'une Convention nationale à faire élire par les grandes villes.

Après lui, un autre délégué, |)lus tard membre de la Chambre des députés, qui répondait au nom euphonique de Brialou, et dont le frère exerçait la gracieuse profession de danseur au Grand-Théàlre, parla dans le même sens, en appuyant plus lourdement.

Le procès-verbal de la séance résume ainsi son discours :

« Le citoyen délég'ué Brialou explique (jue c'est seulement à titre d'intermédiaire pacifique vis-à-vis du peuple que Ton veut agir, afin de Téclairer sur les façons d'agir du Comité et d'en bien apprécier les travaux... que leur intention n'est pas d'établir la moindre dualité, mais bien d'augmenter la confiance du peviple en le tenant au courant de ce qui se fait. 11 ajoute que la délégation envoyée au gouvernement provisoire serait utile pour parer à l'isolement oîi nous pouvons nous trouver à un moment donné et pour paralyser les craintes qui ne manqueraient pas d'en surgir, tout en contenant des impatiences ou des désirs qui peuvent être irréfléchis. »

Le citoyen Brialou, en cet épais galimatias, s'exerçait à marcher sur des œufs, sans les casser; mais sa chorégraphie, moins aérienne que celle de son frère du Grand-Théâtre, parut exercer sur plusieurs memhres du Comité des effets plutôt contondants, et les protestations un peu vives des citoyens Soubrat, Maire et Ychalette, eussent pu dégénérer en un dangereux conflit, si la courtoisie du président n'eut clos la discussion en ces termes conciliants :

« Le Président remercie les délégués de leurs patriotiques intentions et les prie de donner suite à leurs excellentes dispositions en faveur de la République. Ils agiront d'après leur initiative privée et sous leur propre responsabilité. »

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