‹ La Commune a Lyon en 1870 et 1871Chapitre 60 sur 77 · ARRIVÉE DES MOBILES DU RHONE · texte numérisé non relu

ARRIVÉE DES MOBILES DU RHONE

Il n'était pas douteux que les « Belfortains », comme on les appelait, après leur longue absence, leurs soull'rances et leur glorieuse participation à la défense de Belfort, rentrant k Lyon, clairons sonnant, tambours battant, sous les plis du drapeau tricolore, seraient accompagnés jusqu'à rhôtel de ville par une foule immense, confondant dans un même enthousiasme les mobiles du Rhône et la municipalité qui venait de les recevoir dignement. Quelle figure allait faire la « Commission provisoire »? Allait-elle attendre d'être honteusement chassée /

Un commissaire, — n'était-ce pas Garel? — ouvrit l'avis qu'il fallait « s'en aller ». Le souci de la vérité m'obligerait peut-être à mettre dans sa bouche une expression plus énergique ; mais l'essentiel, c'est que sa proposition fût trouvée sage et qu'elle fût adoptée par l'unanimité de ses collègues.

Après avoir bourré une dernière pipe, ils s'évadèrent nuitamment, non sans avoir congédié leur garde prétorienne et relevé de sa fonc-

tion la sentinelle dont la vigilance assurait la détention du préfet.

Ce citoyen entra dans la chambre où Valentin dormait profondément :

— Citoyen préfet, lui dit-il, en le secouant parTépaule, vous êtes libre !

Et il lui remettait un papier que le Comité sortant avait laissé sur la table. C'était la démission des citoyens Garel et consorts, ainsi conçue:

Page 1