‹ La Commune a Lyon en 1870 et 1871Chapitre 70 sur 77 · POUR CONCLURE · texte numérisé non relu

POUR CONCLURE

Nous venons (Fassister aux dernièFes convulsions de la Commune lyonnaise, devançant de près d'un mois Tagonie de la Commune de Paris. A Lyon le désordre commença plus tôt et se prolongea plus longtemps qu'en aucune autre ville de France. Et cependant, en dépit d'une sorte d'exaltation mystique, particulière aux Lyonnais et capable de les porter, dans la sincérité de ses entraînements, jusqu'aux pires violences, nous avons tait, sans d'irréparables avaries, la |)érilleuse traversée du 1 septembre 1870 au 1" mai 1871.

Sans doute, aucune circonstance atténuante n'est à plaidei' ni jiour les arrestations et les déicntions arbitraires (|ui ternirentles premiers jours de la République, ni pour l'envabissement et le pillage des Couvents et des séminaires, ni pour la folle gestion des finances municipales,

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encore moins pour les émeutes en face de Tinvasion allemande et pour Thorrible assassinat du commandant Arnaud.

Mais qu'est-ce auprès des massacres et des incendies qui désolèrent Paris et jetèrent Tépouvante dans le monde entier?

L'indignation soulevée par les criminels attentats dont on a lu le récit ne doit pas nous faire oublier les périls plus graves auxquels nous avons échappé. Et pour être équitable, ne fautil pas reconnaître, sans oublier les fautes commises, que la politique cunclatrice, les transactions de Challemel-Lacour avec le désordre, et les résolutions plus viriles de Valentin eurent les unes et les autres leur Iieure et leur raison d'être pour le maintien ou pour le rétablissement de la paix publique?

Peut-être même sans les écarts de son intransigeance autonomiste, le Conseil municipal, perdant la confiance de ses commettants, n'eiit-il pu remplir l'utile office de tampon qui lui permit d'amortir le choc de l'insurrection contre l'autorité régulière? Ainsi, comme par un secret

dessein, l'imperfection des hommes et des choses tourne parfois au bien de la communauté.

Je n'irai pas jusqu'à prêter un rôle providentiel au Comité de Salut public. L'ombre de Chapitet ne me le pardonnerait pas! Mais il me sera permis de penser qu'au lendemain d'une révolution il y a quelque chose de pire qu'uu mauvais Gouvernement : c'est l'absence de toute direction; c'est l'anarchie.

Ces conclusions étaient peut-être nécessaires pour qu'après avoir sans faiblesse distribué le blâme aux auteurs du drame lyonnais, j'eusse le droit de finir par où commençait Montaigne : « C'est icy, lecleur, un livre de bonne foy. »

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