‹ La Commune d'AlgerChapitre 1 sur 36 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

L'histoire de la Commune d’Alger est encore peu connue. Le rapport de la Commission d'enquête de l’Assemblée Nationale, « l’Algérie en 1870-1871 », donne bien d’abondants détails sur l'agitation des radicaux algérois à la chute de l’Empire, mais son auteur, entraîné par des préoccupations politiques à relier le mouvement algérien à la révolution parisienne, avec laquelle il eut, en effet, quelques points communs, donna souvent une interprétation erronée des faits. Depuis, ces événements n'avaient plus été étudiés, malgré leur intérêt réel.

Avant tout, ce fut un mouvement colonial, l'aboutissement de la longue lutte que la population civile avait menée contre la domination militaire depuis le règne de Louis-Philippe. Des hommes ardents, dont beaucoup avaient été transportés en Algérie après le 2 décembre 1851, avaient l’occasion de prendre leur revanche de tous les maux qu'ils avaient endurés. A la faveur du désordre qu’avaient provoqué la chute de l’Empire et la guerre, ils essayèrent de donner à la Colonie le régime idéal dont ils discutaient depuis vingt ans. La résistance que leur opposèrent les débris du pouvoir central provoqua des désordres plus fréquents que graves. Elle suffit à arrêter leur élan et à empêcher la réalisation de projets chimériques, comme cette république indépendante d'Algérie, qu’ils envisagèrent un instant et dont l’essai aurait pu causer de grands maux.

I1 nous à semblé intéressant de retracer l’histoire de cette crise en tenant compte de son caractère algérien. Les documents de la Commission d’enquête parlementaire, ceux des Archives Nationales, nous ont permis cette étude, qui aurait pu être plus précise si les archives algériennes de l’époque n'étaient pas d’une extrême pauvreté. Les quelques collections de journaux et les rares pièces d'archives qui subsistent à Alger, complètent les documents officiels, mais on ne saurait trop déplorer l’absence

de documents familiaux ou la perte des cahiers de procès-verbaux de clubs qu’on a vainement recherchés.

I1 nous reste, pour finir, à remercier Messieurs les Archivistes des Archives Nationales, du Gouvernement Général de l'Algérie, et de la ville d'Alger, qui ont bien voulu nous donner d’utiles renseignements et nous ont permis de réaliser une grande économie de temps. Nous le faisons très sincèrement.

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