LIBRAIRIE ADMINISTRATIVE PAUL DUPONT
142, Rue Montmartre, PARIS
PTiEFACE
Je voudrais que ce petit livre cTEtienne Jacquin pénétrât dans toutes les communes de France. Je voudrais qu'il se trouvât dans chacune d'elles un bon citoyen pour le lire attentivement et pour suivre les conseils qui y sont donnés avec tant de précision et de sens pratique.
L'enseignement primaire est^ depuis plus de vingt anSy légalement obligatoire; V école publique et gratuite existe partout. Et cependant V enseigne- Vient de tous n'est pas encore une réalité : beaucoup, parmi les enfants de France, sont loin de posséder cette instruction primaire à laquelle la République leur a donné formellement droit.
Combien ne fréquentent pas ou fréquentent irrégulièrement Vécole, ïombien n'y reçoivent qu'une instruction pimaire incomplète, morcelée, sans effet durable ; combien enfin, parmi ceux-là même
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qui ont à feu près suivi V école pendant le temps de rage scolaire, perdent presque aussitôt le bénéfice, intellectuel et moral des leçons que rien ne t omplete et ne leur rappelle pins tard !
Cest que Vœuvre de Vinstruction et surtout de V éducation d'un enfant, « dépasse, comme le dit si justement Jacquin, les forces de Vécole et les limites de ses murs ».
On n'a jamais songé que Vécole pût tout faire à elle seule : les heures de classe, dont le total forme ce quon peut appeler la vie scolaire d'un enfant — entre sa 6^ et sa ij^ années — ne représentent qiCune bien faible partie du temps pendant lequel il se prépare à la vie. A supposer toutes ces heures bien ernployées, que d'influences extérieures se sont exercées sur lui et auront contribué — dans un sens bon ou mauvais — à la formation de son esprit et de soM caractère!
V éducation de Venfant commence, pour ainsi dire, dis sa naissance, sur les genoux de la mire. Elle se continue, au jour le jour, au contact direct des parents, des frères et des sœurs, des camarades du pemier âge ; et ce contact se maintient pendant les années d'école, où les conseils du dehors viennent sans cesse se mêler à ceux du maître, souvent les contredire et les tourner en dérision, quelquefois même éloigner l'enfant de l'école et lui en désapprendre le chemin.
Puis vient l'âge périlleux, de 13 à 20 ans ; là, tous les hasards du voisinage, du quartier, de Vate-
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lier, de la rue semblent se conjurer contre la petite conscience encore hésitante; les tentations, les mauvais exemples se succèdent, effaçant chaque jour un peu de l'empreinte reçue. Et du fragile édifice que le maître a élevé avec tant de patience et de dévouement, si une action vigilante ne vient pas, presque constamment, en consolider les assises, en protéger les accès, il ne reste bientôt plus qu'une lamentable ruine.
Cest aux^ œuvres complémentaires de V école, à V ensemble des organisations volontaires de protection, de défense et de développement de V école, qu'il appartient dUxercer cette action continue.
Les républicains ont * entrepris de fonder en France, dans la pleine liberté, le gouvernement de la raison et de la conscience. Pour V établir, il ne peut pas leur suffire de s'en remettre aux lois qu'ils ont faites. Tous ceux qui croient avoir le droit de parler au nom de cette raison et de cette conscience doivent cornprendre que leur effort incessant est nécessaire pour accomplir cette révolution véritable, la plus profonde peut-être qui ait été tentée jusqu'ici. Et cet effort ne peut pas être individuel, il faut, pour qu'il soit efficace, que, t07it en restant volontaire, il soit collectif, et puissamment organisé.
Le livre d'Etienne Jacquin nous montre clairement l'objet, les conditions, les règles d'une telle organisation : garderies, crèches, maisons maternelles, caisses et sous des écoles, petites familles,
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colonies de vacances^ mutualités et amical es y patronages scolaires et posi-scolaires^ bibliothèques populaires^ cours d'adultes^ professionnels^ domesticités y ménager s y sociétés d^arts et de fêtes y d^ exercices physiques et de préparation militaire y foyers du soldat y universités populaires y il décrit toutes les œuvres qui devraient exister autour de VécoUy pour en devancery en secondery en compléter la bienfaisante action.
Puisse ce livre être lu et ses conseils suivis par tous les bons citoyens qui veulent l'école vraiment obligatoirey V enseignement vraiment universely c^ està-dire la nation vraiment éclairéey vraiment consciente de tous ses devoirs en même temps que de tous ses droits,