‹ La commune et les œuvres complémentaires de l'écoleChapitre 23 sur 41 · SOCIÉTÉS ARTISTIQUES · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉS ARTISTIQUES

et s'occupera à enrichir ce qu'il ne tardera pas à considérer comme son musée.

Les musées cantonaux, dont la vulgarisation est due surtout au regretté M. Groult, de Lisieux, seront un des éléments précieux de l'éducation nationale; les patronages e\ amicales porteront tout leur intérêt à ces institutions utilçs à leurs membres et que ceux-ci pourront contribuer à doter avec le produit de leurs recherches personnelles.

§ 10. — Sociétés artistiques.

Le goût des choses de l'art est un puissant moyen d!éducation. Il élève l'esprit au-dessus du terre à terre, il lui fait prendre conscience d'un idéal, il est pour l'âme populaire un élément de saine jouissance.

La Société populaire des Beaux-Arts de Paris (16, rue Grange-Batelière) l'a compris en éditant des gravures, eaux-fortes, lithographies reproduisant des tableaux de maîtres, des scènes de la nature ou de la vie de famille qui, par leur bon marché, peuvent être à la disposition du peuple.

Avec quel fruit ces reproductions pourraient être substituées aux images dont le coloris, le dessin, les légendes sont malfaisants par leur grossièreté même et qui ornent ou plutôt déshonorent trop de salles d'écoles, trop de murs d'habitations à la ville et à la campagne!

Les patronages^ les amicales doivent prendre à

SOCIÉTÉS AkTISTîQUES

cœwc de pourchasser Gelles-d et de les remplacer par des vues qui contribuent à former le goût en ne montrant que des tableaux réjouissants pour l'œil par leur perfection, fortifiants pour Tesprit par leur sujet.

Une société artistique spéciale, ou uiie section du fatfonage ou de Vatmcale^ aurait pour mission utile de r^hcrcher et de se procurer des lots de ces bonnes et belles images; elle en pourrait doter les écoles, les donner comme récompenses aux élèves qui les portaient dans leurs familles pour y remplacer avantageusement les vulgaires et insipides chromos; elle en ornerait les murs de ses salles; partout ces images apporteraient un peu de la gaieté si propice à la formation des bons caractères, elles prépareraièiit au sentiment de ce qui est bon et bien en favorisant par l«s yeux les sensations que donne le beau.

L'éducation par l'oreille non plus ne doit pas être négligée : harmonies , fanfares^ chorales y orphéons de jeunes gens et de jeunes filles institués comme sociétés distinctes, ou comme organes de patronages et û'atmcales^ y contribueraient beaucoup; ces œuvres ne feront pas seulenaent la culture du sens de l'ouïe, elles seront aussi éducatives au sens large du mot, elles développeront le sentiment de la solidarité en montrant la nécessité de Tassociation par la constatation même de raccord indispensable des instruments, des voix, de Tappui qu'ils se prêtent mutuellement

pour produire des sons agréables à l'audition.

Les sociétés musicales auront un sérieux effet préservatif ; la musique n'adoucit pas seulement les mœurs, elle les transforme; la distraction que les réunions procureront à leurs membres les attirera, les retiendra contre la tentation d'aller occuper leurs loisirs au cabaret et dans les mairvais lieux au risque d'y déformer leur esprit et lexir cœur, comnie d'y vider leur bourse et d'y ruiner leur santé.

Enfia ces sociétés auront des occasions nombreuses de prêter leur concours aux réjouissances locales; avec le plaisir de faire apprécier publiquement leurs talents et leurs m«rites, ses membres auront celui non moins agréable de rendre service en participant au succès des fêtes organisées par les municipalités et par les sociétés d'éducation populaire

« L'éducation de l'homme se fera par les fêtes encore, » a écrit Michelet.

La Convention nationale l'avait bien compris : son comité d'instruction publique, dans le plan d'éducation préparé par Lakanal, consacrait une place importante à l'organisation de fêtes civiques dans les cantons, les districts, les départements.

Aujourd'hui les fêtes scolaires et post-scolaires

sont partout, à la ville et à la campagne, un moyen d'éducation populaire.

Patronages et amicales les organisent mensuellement, trimestriellement, ou à dates irrégulières pour célébrer quelque souvenir local, pour fêter quelques camarades, pour honorer les succès d'un enfant du pays.

Elles n'ont pas le caractère froid et compassé que revêtent les fêtes officielles, par leur régularité et leur réglementation, et dans lesquelles les rôles sont tenus par des acteurs rétribués.

Ici ce sont ks membres mêmes de V Amicale qui organisent et qui jouent; ils sont alternativement acteurs et spectateurs; ils donnent de leur personne et on ne leur donne rien; intéressés davantage au succès de la fêle qui sera le leur, ils y mettent plus d'entrain et de cœur : ils s'amusent et s'instruisent en amusant et en. instruisant les autres; aussi ces fêtes sont-elles toujours gaies et bien vivantes.

On y convie les élèves de l'école à qui l'on peut donner parfois un petit bout de rôle à tenir, les amis et les parents sont heureux du succès de leurs enfants, et l'on unit ainsi toute la population du pays en une réjouissance qui ne laisse que d'agréables souvenirs.

Encore les anciens élèves vont souvent à l'école même* organiser, dans un sentiment de fraternité vis-à-vis de leurs cadets, une partie récréative dans les distributions de prix.

^ FÊTES loi

La préparation d'une fête fournira autant d'occasions ou de prétextes à des réunions dans lesquelles organisateurs et acteurs trouveront fruit à la discussion, et à^ la critique de la manière dont chacun comprend:o\i doit comprendre son rôle.

L'établissement 'dn programme devra être l'objet d'une attention partfpaliètJ^- pour laisser à la fête son caractère instructif eTt^^cgUif sans rien retirer à l'attrait des distractions; an^-^^^r^ éviter avec soin les chansons nauséabondes; 4^* pg.roles et les gestes grossiers : il est assez de saynètes,^.t|Q comédies, de monologues moraux qui f ont *rlïiÇ":gitn$ qu'il soit nécessaire d'aller puiser dans le répér-f; -^ toire des cafés-concerts ; la Ligue française de - /:* ;- ^renseignement en a dressé un catalogue qui sera utilement consulté et qui contient, en outre, un modèle de petit théâtre démontable pouvant être établi dans des conditions économiques avec le concours d'un menuisier du pays : nos auteurs classiques fourniront également des morceaux de prose ou de poésie, des scènes, qui, bien dits ou bien jouées, seront toujours appréciés.

Les sociétés artistiques^ les sociétés de gymnastique et de tir ou les sections correspondantes des amicales et patronages seront d'une aide précieuse pour l'organisation d'une partie concertante, de défilés, d'exercices physiques, de concours de tir, et procureront à la fête de bons numéros.

Appelées toutes à contribuer au même but d'éducation populaire, chacune en sa sphère, elles ne

peuvent manquer, par une entente complète dans Faction, de se prêter un mutuel appui pour ces fêtes.

Les fêtes four la jeunesseydk^nt profite aussi

rage mûr, répondaient teliejnênt'à un sentiment public que, en dehors ••<|é3- ire jouissances nées de spontanéités locales^, T^^Ligue française de renseignement a,-.(ii*pouvoir provoquer la communion laïc|ue de .l'adolescence, à un même jour, sur tous^*l& ^ints du territoire, en une grande fête ^ niÔÇûâlé.

•'l'^o'h heureuse initiative a été suivie de succès. •"Depuis quatre ans, plus de 30,000 communes annuellement, sur rappel de la ligue, célèbrent dans une Fête de Vadolescence, l'anniversaire d'un événement et glorifient la mémoire ou les bienfaits d'un grand éducateur : la pétition pour l'instruction gratuite, laïque et obligatoire et Jean Macé — la mutualité scolaire et J.-C. Cave — les écoles normales et primaires supérieures, l'école laïque et Jules Ferry.

Cette fête, entrée aujourd'hui dans les mœurs populaires, que chaque société, chaque municipalité reste libre d'organiser à sa guise, constitue, à la fois par la variété des moyens employés dans chaque commune et par l'unité de l'idée qui y préside partout, une manifestation grandiose en faveur de l'école laïque, qui laisse dans les cœurs et dans les esprits une profonde impression éducative.

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