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ŒUVRES DE TEMPÉRANCE

g 12. — Œuvres de tempérance.

Uactiori entière de l'éducation populaire contribue à la lutte contre Valcoolisme^ poison pour la santé et pour l'intelligence, véhicule de la tuberculose ; conférences^ réunions de patronages et d'amicales, fêteSy tout ce qui peut attirer et retenir la jeunesse est autant de pris sur le cabaret.

Uéducation qui s'y fait, les leçons qui y sont données, les jouissances qu'on y éprouve, le sentiment de dignité personnelle qui s'y développe, la gaieté qui y règne, tiennent l'esprit en éveil, ne lui donnent aucune idée d'avoir quelque chose à oublier, encore moins de rechercher cet oubli dans l'abrutissement de l'intelligence par l'abus de liqueurs fortes et frelatées.

A cette action déjà très puissante, les œuvres d'éducation populaire doivent en joindre une plus directe : des conférences peuvent être consacrées à démontrer et à dénoncer le mal, à en donner le dégoût; — des iw^^^j, qui opposent la tranquillité, le bonheur et la prospérité régnant dans la maison d'une famille sobre, l'air de gaieté, de vigueur, de bonne santé de l'ouvrier tempérant, au désordre et à la misère du taudis de l'ivrogne^ aux scènes de son ménage, à son aspect maladif, frapperont l'esprit; — des maximes anti-alcooliques peuvent être inscrites sur les murs des salles de fêtes et de réunions pour rappeler, en toutes occasions, les dan-

gers que fait courir à lui-même, à sa famille et à la société, Talcoolique.

La Société anti-alcoolique des instituteurs et institutrices de France^ dont le président fondateur est M. LangJois, instituteur à Clichy (Seine), a publié un manuel d' anti-alcoolisme qui peut être très fructueusement consulté et utilisé.

La propagande pourra être très utilement commencée, avec toute la mesure et les tempér ciments que comporte son jeune âge, sur l'élève de l'école qui la continuera lui-même sur sa famille en racontant ce qu'il a vu et ce qu'on lui a dit. L'enfant exercera ainsi une très heureuse action réflexe.

Dans certaines localités encore, des patronages et amicales ont institué pour leurs membres apprentis des restaurants et cafés dits de tempérance, sous la forme coopérative, dans lesquels des boissons hygiéniques leur sont servies à bon marché, ce qui peut être fait sans qu'il en coûte à l'association : celle-ci, n'ayant aucune pensée de faire un bénéfice d'argent sur le consommateur, peut lui laisser au prix coûtant ce qu'elle lui sert; elle réalise, par cette action anti-alcoolique, un bien plus grand profit pour son but éducatif.

§ 13. — Placement.

L'organisation d'un service de placement, avec l'office juridique dont nous avons parlé au paragraphe des patronages post-scolaires, est le com-

plément nécessaire de Tœuvre d'éducation populaire, du patronage de la jeunesse, de la préparation professionnelle.

Les membres d'un comité de patronage, le bureau d'une amicale cTanciens et cPanciennes élèvei qui ont suivi et encouragé jeunes gens et jeunes filles dans l'instruction qu'ils ont reçue en vue d'un métier ou d'une profession, qui connaissent leurs goûts et leurs aptitudes, qui ont veillé avec un soin jaloux à une bonne et saine éducation de tous, peuvent répondre d'eux en toute sécurité.

Si l'œuvre a rempli tout le devoir éducateur qui lui incombe, on ne tardera pas à savoir qu'il n'en peut sortir que de bons sujets; commerçants, industriels, agriculteurs seront heureux de s'adresser à elle pour le recrutement de leurs apprentis, employés ou ouvriers.

Une liste sera dressée des jeunes gens et jeunes filles avec l'indication de l'emploi que chacun désire et pour lequel il s'est préparé, de même rera établie une liste des offres de places : toutes deux seront affichées et tenues à disposition dans les salles de réunions.

Si l'on a su intéresser des commerçants et industriels au fonctionnement dei l'œuvre du patronage en sollicitant leur concours comme membres et même en les faisant entrer dans le comité, leur aide sera plus précieuse encore en vue du placement; au courant de l'action de la société, connaissant le soin que l'on apporte à l'éducation et

io6 PLACEMENT

au perfectionnement des jeunes gens, ayant pu même les apprécier les uns et les atitres par une participation active, ils ne chercheront plus à re-cruter ailleurs leur personnel et seront d'un appui utile auprès des autres chefs d'industrie..

Les anciens membres du patronage ou de Vanûcale^ ayant réussi dans leur carrière, devenus plâtrons ou restés employés ou ouvriers, auront souci de reconnaître les bienfaits qu'ils ont retirés de l'association, en employant à leur tour ses membres ou en les recommandant aux maîtres de l'usiné ou de Fatelier dans lequel ils ont eux-mêmes une occupation.

Un échange de renseignements pourra être établi entre sociétés de communes voisines, et il serait encore à souhaiter qu'une centralisation pût se faire au chef -lieu du canton ou de l'arrondissement Souvent un travail, inutilement offert à un endroit, trouvera son emploi dans une proche région et les associations d'éducation populaire se prêteront ainsi un mutuel concours.

Les relations entre -patronages et amicales de différentes localités ne devront même pas se borner là : il serait très efficace que les membres de l'un puissent être reçus dans l'autre, à charge de réciprocité, quand l'emploi qu'ils ont trouvé ou la recherche d'un emploi les amène à quitter leur commune; on leur assurerait les mêmes relations affectueuses, la même cordialité de sentiments, les mêmes protections, la participation aux mêmes avantages

de placement et autres qu'aux membres de la société qui leur fait accueil.

La connaissance des langtœs, mœurs, coutimies et industries de l'étranger peuvent êta:^ très utiks pour faiciliter le placement; en vue de favorisa: ces études, la Société pour rechange international des enfaxis (36, boulevard Magenta) sert d'intermédiaire à des familles françaises pour l'envoi de leurs enfants dans des fgunilles étrangères dont, à leur tour, elks reçoivent les enfants.

Une institution qui complète heureusemcat l'œuvre du placement a été fondée sous le nom de Prêt d'honneur dans quelques amicales et patr^onages : la causse de l'association fait une petite avance de fonds à ceux de ses membres qui en peuvent avoir besoin pour leur établissement, et ceux-ci s'engagent à la rembourser sur leurs premières ressources dans un délai déterminé, de façon que les sommes rentrées puissent servir à d'autres membres : c'est un simplç fonds de roulement

Faite avec prudence et dans une juste mesujse, œtte avance produit d'heureux résultats : les bénéficiaires tiennent à honneur de remplir leur engagement : \ Amicale des anciennes élèves de V.école primaire supérieure d'Amiens qui, depuis plusieurs années, pratique le* Prêt d'honneur y n'a pas eu à enregistrer une seule défaillanoç.

io8 EXERCICES PHYSIQUES

§ 14. — Sociétés d'exercices physiques.

J.-J. Rousseau a écrit : « Le grand secret de l'éducation est de faire que les exercices du corps et ceux de l'esprit servent toujours de délassement les uns aux autres. »

Dans un discours à la Convention, Chénier ajoutait : a II faut une gymnastique à un peuple libre; elle n'est point nécessaire à des esclaves, puisqu'ils doivent servir; mais une race républicaine doit être robuste. »

La gymnastique devra donc être envisagée à la fois et comme un repos du travail de l'esprit et comrtie un moyen a d'entretenir la santé, de développer la force et l'agilité du corps » (décret du 27 brumaire, an III).

Depuis 1870, les sociétés de gymnastique se sont multipliées en France, et ont établi entre elles une Union de sociétés de gymnastique. En outre, des sociétés de plusieurs départements se sont fédérées, comme VAssociation des sociétés de gymnastique de Seine-et-Marne, Seine-et-Oise et Oise, dont M. Désiré Sehé est l'âme.

L'action de la gymnastique ne consistera pas en tours de force, en exercices d'acrobatie, elle évitera d'être un sport dans le sens mondain du mot; son enseignement devra être fait d'après une méthode et des règles rationnelles, apprenant surtout à utiliser les forces que chacun possède et à les développer normalement.

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