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la flûte ou la lyre, ou le chant et la voix, forment de sons différents une harmonie oîi la moindre dissonance blesse une oreille délicate et exercée ; l'ensemble et Taccord de cette harmonie naissent surtout de l'heureux mélange des tons les plus opposés : ainsi l'homme d'État, en balançant par un heureux équilibre tous les ordres, depuis les plus élevés jusqu'aux plus humbles, fait naître de la combinaison des extrêmes l'accord politique. Ce qu'on appelle harmonie dans le chant est, en politique, la concorde, gage le plus sûr et le plus solide de la stabilité d'un gouvernement; et il est absolument impossible qu'elle existe sans la justice. >
Ce principe fondamental de toute société a ren^ contré de nos jours deux sortes d'ennemis : d'un côté l'école philosophique du dix-huitième siècle qui nie l'ordre social pour sauver la Uberté, de l'autre l'école socialiste qui prétend absorber dans
tantem aut discrepantem aures erudiue ferre non possunt; isque concentus ex dissimiliimarum vocum moderatione concors tamen eificitur et congruens : sic ex summis et infimisy et me-' diis et interjectis ordinibus, ut sonis, mederata ratione civitas coDsensu dissimîllimonim concinit ; et quse harmonia, à musicis dicilur in cantu, ea est in civitate concordia arctissimum atque optimum in omni republicâ vinculum incolumitatis; eaque sine jostiliâ nuUo pacto esse potest. (Cicebo, de RepubL, 2, in fine. — Ai?GUSTi;<, de Civil» Dei^ lib. II, cap. xxi.)
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rÉtat toutes les libertés individuelles ou collectives.
Aux disciples du philosophe de Genève nous dirons avec un écrivain de la fin du dernier siècle : a Défiez-vous des exagérations de la liberté et de Tégalité. La liberté de l'homme social consiste dans la soumission aux lois de la société dans laquelle la Providence Ta placé, et dans un respect inaltérable pour les propriétés physiques, civiles et morales de ses frères ; elle consiste, non à faire ce que Ton veut, mais à pouvoir faire ce que Ton doit vouloir, et à n'être point contraint de faire ce que l'on ne doit pas vouloir^. Si l'inégalité excessive produit de grands maux dans la société, de bonnes lois peuvent y remédier; mais si l'égalité absolue pouvait subsister entre des êtres qui n'ont pas reçu de la nature la même mesure de forces et d'intelligence, il n'y aurait entre eux aucune société : ce sont les besoins mutuels qui unissent les hommes; et il ne saurait y avoir de besoins mutuels entre des hommes absolument égaux. La première, la plus naturelle des sociétés, celle du mariage, est fondée sur l'inégalité ; tu dominaberis illius. »
* Esprit des Lois^ liv, XI, chap. m.
If INTRODUCTION;
Quant à ces socialistes qui, sous des fdrintilés diverses, tendent aujourd'hui d'un effort commun à substituer la |)apduté de l'État à la pa[iauté ^eli- |gieuse> nous leur dirons : La fraternité telle que Tbus la concevex n'est point cette charité chrétienne qui tend à réunir tdutes les classes de là Société par le double lien de l'amour et de la rebonnaissancé; toUs niez tous à différents degrés la propriété et la liberté^ ces deux bases fondamentales de toute société. Vous faites de l'égalité un instrument de révolte contre les distitictions Inhérentes à tout ordre social ; vous méeonnarssec tbutës les loii des sociétés civilisées; et vou^ ne tendez à rien nioihs qu'à nous transformer en une horde de barbares ou en un troupeau de fellabs;
La propriété est le fondement de l'ordre social; son oHgine est celle de la société elle-même. La propriété n'est ni bottditiohrielle ni limitée; Le capital primitif et le capital accumulé sont égaler ment sacrés ; et il est tout aussi absurde de réclamer le droit au travail comme rançon de je ne sais quels droits primitifs de chasse, de pêche; de cueillette et de pâture qu^àu nom de cette màtimb sauvage : Laprtipriiétë, c'est le vûl. Le socialisme de toutes nuances est irrévocablement condamné par cette parole de Dieu : Bien d*Mtrui tu ne
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preratms, et par les lois humaines qui Font sane* tiohnéëi
Toutefois, pour lé propriétaire comme pour le prolétaire il y a des devoirs sacrés. Le premier dehroif de l'homme^ c'est la loi du ttavalh Le propiétairë est ténu de dultiver son champ ;Le tra*vailleur est tedu d'utili^ seô bras, éar il a été dit à rhotnme |)ar la Sagesse éternelle : Tu tramilkrâs à Id sueur de ion frontf et la philosophie tiatu^elie dit ausâi par la bouche de Burlàniaqui i L'état naturel de l'homme considéré à l'égard des bierd que la te&e lui présenté est un état d'indigènce et de besoini toujours renaissants^ auœquels il ne saurait pour\)Oir d'une manière convenable qu'en faisant usage de son industrie par un trMail CoHtiftml.
Le second devoir de l'homme, c'eët la charité, qui l'oblige à aider, dans la mesure de ses facultés, Botl semblable réduit à l'impuissailce de vivre eu travaillant; càt* rÉvôdgile, perfectioiinant la morale antique^ dit à chacun de nous ! Fais envers tùH frère cè que lu voudrais qu'il fît envers toi*
Geô devoirs ne sont pas seulement individuels, ce sont aussi des devoirs soéiaux. Toute nation, dit Vatel, constitue un être moral obligé de viWe d'une manière com)enable à sa nature^ naturœ
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convenienler vivere ; c'est-à-dire de se conserver et de se perfectionner selon les deux grandes lois de ce monde : l'amour de Dieu et l'amour des hommes.
Donc plus de ces droits menaçants pour Tordre et pour la propriété, mais des devoirs réciproques inspirés par la pensée chrétienne de dévouement et de sacrifice; tel est le principe fondamental.
La sanction de ce principe est écrite dans l'article 8 de la Constitution : ^ La République doit assurer l'existence des citoyens nécessiteux, soit en leur procurant du travail dans les limites de ses ressources, soit en donnant à défaut de la famille des secours à ceux qui sont hors d^état de travailler. »
Ainsi la loi du travail est imposée à l'individu. La société n'est tenue de lui fournir du travail que dans les limites de ses ressources, et le devoir de l'assistance n'est lui-même que subsidiaire. Non seulement donc chacun est tenu d'utiliser par le travail ses facultés personnelles, mais il ne peut implorer l'assistance de l'État qu'après avoir démontré l'insuffisance des ressources de sa famille et de sa commune. Car la charité, quoique universelle par son objet, est soumise à des degrés, et plus le lien est étroit, plus l'obligation est impérieuse.
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De ces principes philosophiques passons aux principes administratifs.
Deux systèmes d'organisation administrative sont en présence : Tun procède par voie d'analyse du sommet à la base, et, ne voyant dans la société que la force gouvernementale, fait dériver du pouvoir central tous les pouvoirs subordonnés ; l'autre procède par voie de synthèse de la base au som-met, et, appuyé sur les mœurs privées et publiques, tend à constituer la cité par la famille et l'Ëtat par la cité. Le premier de ces systèmes correspond à l'idée de pouvoir, le second à Tidée d'autorité.
Pouvoir, autorité, tels sont les deux moyens de gouverner les hommes. Le pouvoir agit par la contrainte; il commande une soumission passive; il n'a qu'une action purement physique, dont les forces et l'énergie s'augmentent par la concentration. L'autorité agit par la persuasion ; elle ne re** cherche et n'obtient qu'une obéissance éclairée; elle pénètre, elle anime les masses qu'elle dirige : toute sa force consiste dans l'assentiment.
Le pouvoir est l'attribut des êtres simples et réels ; l'autorité est l'attribut des êtres moraux et collectifs.
Le pouvoir suffit à une société de barbares et
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d'esclaves; une société de sages n'admettrait que rautorité;
L'état dégénéré de nos moeurs est l'argument le pluft redoutable eut lequel s'appuient les partisane exagérés du pouvoir i
Vous tëdafafiezj nous disent-ilé, l'affranchisse'ment des eomdounes, la liberté de l'enseigriementi la liberté deld charité! Quel usage fereit^^tous de ces libertés si on yous les donne? Où trouvérei* vous dftns une société d'où toutes les grandes fsisletîcés oui dispatu^ dans une soeiété bèscH loueuse et gangrétiée d'égeîsmé^ ce personnel d'hommes richéd et dévoués qui con^osait aUfrë^ fôis les adminiétrations gratuites de nos provinces? Où trouverez-vous en dehors des écoles de l'État les ressources matérielles et intellectuelles nécea-^ sftires 6 la fondation et à l'entretien deè écoles libres? Et que deviendraient les pàUvres s'ilfc étaient réduits aux bienfaits de la charité privée? L'ordre^ la famille^ la propriété, tOds ces étais de votre ëociété vermoulue, crouleraient s'ils n'étaient soutenus par le bras puissant de l'Ëtata
Gds objections ont utie force qu'on ne saurait se dissimuler. Oui, la société est profondément malade ; elle subit les conséquences de la détestable philosophie qu'un écrivain éminent a carac-