X INTRODUCTION
brable de commis Texercice de tous nos droits, la gestion de tous nos intérêts, et qui nous rapproche tantôt du régime des fellahs de TÉgypte ou des mandarins chinois, tantôt de la liberté sauvage des nègres de Saint-Domingue.
La société française serait-elle donc réduite à jamais à cette humiliante alternative entre la paix de la servitude et le désordre de Témeute? Nous aimons encore à croire que non, car il faudrait pour avoir le droit de condamner la liberté en avoir fait franchement Tépreuve.
Qui peut affirmer que, délivrée des chaînes qui la tiennent captive, la liberté du bien serait sans force et sans influence? Qui peut affirmer que Tesprit chrétien, Tesprit de famille, Tesprit de corps, Tesprit de cité, l'esprit de religion, l'esprit public enfin, âme de la société, principe de sa vie, de sa force et de ses progrès, soit à ce point mort en ce pays, qu'il n'y ait plus qu'à se voiler la tête et à attendre l'heure suprême?
Le principe de la société et son éternel mobile sont méconnus par nos lois. Le droit d'association, érigé à peine depuis quelques mois en principe constitutionnel, n'est encore appliqué nulle part. Aucune de nos institutions civiles n'est organisée; la commune, le département n'existent que de
INTRODDCTION. xi
nom. Le travail, ce créateur de tous les biens, de toutes les richesses, à qui tout devrait être sacrifié, se consume en efforts individuels et stériles, et ne trouve dans Faction administrative que des entraves. Si vous voulez que la société française, fatiguée de soixante ans de révolutions politiques, se remette en marche vers ses immortelles destinées, brisez donc les chaînes dont elle est garrottée substituez, à un système de compression et de despotisme, dont le but est d'absorber dans l'État toutes les forces sociales, un système de libre expansion de la conscience, de l'intelligence, de l'activité humaines; laissez s'organiser Ubrement, sous lagarantie des lois protectrices des intérêts généraux, des associations locales pour l'éducation populaire, pour les progrès de l'industrie, du crédit, de la charité pubUque, et, pour tout dire en un mot, affranchissez les communes.
Ce système substitué à celui de la centralisation peut contribuer dans des proportions considérables à l'allégement des charges publiques, élevées aujourd'hui presque au niveau du revenu foncier de l'Etat.
Deux grandes réformes financières sont indispensables : l'une sur les budgets de la guerre et de la marine, dont le chiffre excède quatre cents mil*
xii INTRODUCTION,
lion^ : celle-là, quoique subocdonn^eàdes p)i9Dc^s politiques dont Dieu seul a le spçteU p^ut trpuYQP quelque appui dans uoe orgapissitiQu pantanaliei d-un bon système de réserve; l'autre rgfocpîe dftif porter sur les dépenses adpiinistratiyes des troig ministères de l'intérieur, dont le chiffre s'él^y^ 1^ plus de trois cents millions: cdle-ci pe piSHt êtrp réalisée que par un large système de décept|*ali$9r tion.
Les budgets réunis des ministères de Tiptéri^ur de l'agriculture et du commerce, des travaux pu*: blics et de l'instruction publique» lesquels CQPglir tuent dans leur ensemble l'administratipu intérieure, s'élevaient en 18S0 au chiffre total de JU,414,$ûO fr.; ils farept portés de cette épe^ queàl841 à245r,7ï9,B75 fr.; ils flgprept dans !e budget de 1848 pour 263,3^7,^4^ fr., et dans celui de 1849 pour 368,586,190 fr.
Savoir :
Intérieur. 436,199,434 (r.
^grjçqUiice ej Comipercp. 47,^23,348 loslraction publique. . . 20,760,31 §
Travaux publics. ... ! 4 93,697,790
Total. . . . 368,586,190
he ïSgÎBiQ démpcr^ique appliqué ai} KHÎReuf système de notrç ceqtcaUsafiQn adminigtrgtiyfi t§nd
INTRODUCTION. w\
à élargir de plus en plus le gouffre du déficit et à fious précipiter dans Tabime de la banqueroute ; il &ut trouver un remède à ce système dévorant. Or ee remède ne peut se trouver que dans la simplifia eation des rouages administratifs, dans la réduction de la bureaucratie^ dans la multiplication des em-r plois non salariés et honorifiques*
Le système des administrations gratuites, quel-n que odieux qu'il paraisse» non à la démocratie qui paye mais à la démocratie qui prends ne vaudrait il pas mieux après tout que cette fonctionnocr^ie qui nous adonné, de 1850 à 1848, d'après les chiffres officiels, 55,000 fonctionnaires et 63 millions de dépensesdeplus, et qui tend à prendre des propor^ tiens colossales sous Tempire d'une constitution qui, par le suffrage universel, fait appel à toutes les ambitions, et puvre ainsi uq champ sans limitf aux dilapidations financières ?
Il ne s'agit pas, à Dieu ne plaise ! en émancipant les communes, de porter la moindre atteinte soit à la liberté soit à Funité politique*
Un homme d'Etat célèbre du gouvernement déchu prétendait que Tomnipotenoe ministérielle dans la distribution des places était l'auxiliai^re né- ^ess^e àé ces influencesdu pouvoir qu'il considérait comme essentiellement inhérentes à la liberté