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politique. « Le régime de la liberté politique , disait-il, c'est d'un côté le libre déploiement des influences, de l'autre la reponsabilité du pouvoir, et par conséquent la liberté de son action. La liberté politique est à ce prix : il faut que les influences des citoyens s'exercent librement et que le pouvoir responsable soit libre dans son action ; ni l'un ni l'autre de ces faits ne s'accommode facilement d'une administration forte et constituée hiérarchiquement. »
Ce système dont le dernier mot était la corruption politique n'est pas moins dangereux sous l'empire du sufirage universel qu'il ne l'était sous celui du monopole des censitaires. Le suffrage universel peut multiplier les cupidités, et livrer les mœurs . publiques et les plus grands intérêts du pays à un président de la République qui peut disposer arbitrairement de deux cent mille emplois salariés.
Et qu'on ne croie pas que la surcharge des attributions administratives et l'omnipotence dans la distribution des emplois soient pour le chef de l'Etat un moyen de force. Tout au contraire, cette multiplicité de devoirs qui partage les ministres et leurs agents entre les soins administratifs et les préoccupations politiques, qui les met incessam-
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ment en butte à des millions de solliciteurs, qui les oblige à épuiser en détails d'hygiène ou de voirie locales la force et Tintelligence qu'ils devraient réserver pour le gouvernement de l'État, cet excès d'attributions, bien loin de fortifier le pouvoir, l'affaiblit et le déconsidère.
Plus le pouvoir central sera restreint dans ses attributions naturelles, plus il sera fort et res* pecté.
On évoque contre les partisans des libertés communales le fantôme du fédéralisme!
Le fédéralisme a pu être redoutable à une autre époque, quand les provinces de l'ancienne monarchie étaient encore toutes debout, avec le souvenir de leur antique indépendance et le sentiment présent de leurs forces. Mais dans un État divisé depuis soixante ans en quatre-vingt-six départements unis les uns aux autres par les liens les plus intimes, et si faibles pris isolément, où pourrait être le centre d'une résistance sérieuse à la volonté générale?
Une bonne organisation de la police centrale fera justice du fédéralisme.
Tout le monde en France veut l'unité, qui est l'essence même de l'ordre en même temps que le progrès dans sa plus haute expression ; c'est par
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Tunilé que l'être 6e place haut dang réchelle des êtres. Diminuer sans la détruire la vie locale, particulière, au profit de la vie générale, tel est le problème de la vie humaitie» Les trois derniers siècles de la monarchie française l'ont résolu « Toutes ces provinces hétérogène^ par leur origine, par leurs mœurs, par leurs institutions^ maintenant coordonnées en un tout vaste et imposant, pénétrées du même esprit et se soutenant leâ unes les autres, celles-ci par Tesprit guerrier, celles-là par le génie industriel ou scientifique; toutes ces législations coutumières et de droit écrit codifiées en un seul recueil de lois civiles et criminelles ; ces iilnombrables juridictions or^*dinaires et extraordinaires , ecclésiastiques et se* culières, remplacées par un seul système de cours et de tribunaux; tous les privilèges anéantis» toutes les vies locales fondues dans la vie com-*mune t voilà, certes, de grandes conquêtes, voilà le germe fécond d'un immense progrès social.
Mais Tunité n'exclut, ni en fait ni en droit> la diversité, qui n'est autre chose que l'esprit de liberté.
Malgré l'unité du type français, les origines de chaque province se reflètent encore dans sefe mœurs et jusque dans la physionomie de l'Assem-
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blée nationale issue du suffrage UBiTèrAel. Ici c'est le descendant de l'indomptable Àllobroge^ le républicain Dauphinois ; Ià| le Lorrain patient, belliqueux^ industrieux ; ailleurs, le Gascon légel', spirituel, insouciant. L'élégance et raménité bril^ lent dans la vineuse Bourgoffné. hk pauvre et dure Bretagne réfléchit l'obstination ^ la ténadté du génie celtique. La Provence poétique se souvient encore de ses troubadours et de ses immu^ nités italiques. Le franc-alleU et la liberté politique du Languedoc respirent dans ce peuple aux mœurs empreintes de souvenirs monarchiques et démocratiques. Ces diversités de caractère doivent, dans une république, avoir une libre et franche expansion. Chercher à les faire disparaître sous le niveau de l'unitarisme, chercher à infuser par la coercition un sentiment, une pensée uniques, c'est mettre la nature humaine sur le lit de Procuste ; c'est, selon l'expression d'un écrivain, transformer l'État en une sorte de Saturne impitoyable à qui l'humanité tout entière est offerte en holocauste.
La hberté à la base et l'unité au sommet, c'està-dire ia commune affranchie et l'État centralisé, voilà le double principe de la réforme administrative que nous chercherons à réaliser en confiant
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aux administrateurs élus par leurs concitoyens les intérêts purement locaux, et en organisant la police centrale dans de telles conditions d'unité et de force qu'aucune tentative coupable, aucune usurpation de pouvoir ne puisse être tentée sans être aussitôt réprimée. Nous trouverons, il faut l'espérer, dans cette organisation quelques moyens pratiques de venir en aide aux classes laborieuses et de garantir à la fois, dans une certaine mesure, leur sécurité , leur bien-être et leur moralisation.
DANS LIUB8 lÀPrOETS