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disparaît, ainsi que la connaissaiK^ des vrais besoins et la sarveillance des effets et de lusage du secours. »
Absteuons-nous aussi d'un système de réglementation uniforme quoique locale. Gardons-nous de créer même dans les départements, dans les cantons pu dans les communes, une administration spéciale de Tassistance ; elle fléchirait sous le poids de ses innombrables attributions et serait un rouage de plus dans le système déjà si compliqué de Tadministration française. L'administration communale y perdrait son unité, et l'antagonisme qui s'établirait entre les comités d'assistance et les municipalités deviendrait une occasion perpétuelle de doubles emplois , de conflits et d'embarras pour l'autorité supérieure, qui serait presque toujours en batte à des influences contradictoires. D'ailleurs, l'administration par commune serait impossible, l'administration par département serait insuffisante, et l'administration par canton, placée entre les deux grands centresd' administration locale, ne pourrait répondre que d'une manière très-imparfaite à sa mission. Maintenons, perfectionnons ce qui est, et abstenons-nous autant qiie possible d'innovations inutiles.
Unité dans la liberté, tel est dans les lois d'assistance comme dans les lois de prévoyance le double but à atteindre.
Mais nous ne pouvons nous défendre ici d'un douloureux rapprochement.
La décadence intellectuelle et sociale du Bas-Empire date précisément de l'époque où au sommet d'une pyramide, dont une légion innombrable de fonctionnaires formait la base, apparaissait la majesté impériale di-
vinisant le droit de la force pour se légitimer elle-raême, et eneensée par les poëtes comme l'expression de la souveraineté populaire*, alors que la rapacité de ses officiers de tous les rangs ne songeai tqu*à alimenter le fisc par d'intolérables exactions qu'ils se faisaient pardonner par le peuple en lui donnant du pain et les jeux du Cirque.
Et nous aussi, Français, après vingt essais de despotisme monarchique, démocratique, impérialiste, nous sommes placés entre cinq cent mille fonctionnaires * vivant des sueurs des contribuables, et dix millions d ouvriers demandant le droit au travail; et nous aussi nous manifestons des symptômes de décadence, et dans nos tristes préoccupations nous entrevoyons au terme d'une démocratie sans grandeur le despotisme du sabre peut-être
Mais au cinquième siècle du moins, en présence d'une société civile qui se dissolvait, s'élevait une société religieuse forte de son divin caractère, de sa foi, de son
1 ' Non tibi tradidimas dociles servire Sabéeos
Romani, qai cuncta diù rexere, regendi.
Qui nec Tarqainii fastus nec jura lulere
Gœsaris
(Claude, poëme sur le 4® consulat d'Honorius.) * Le nombre des agents salariés de tout grade et des citoyens touchant des retraites ou émoluments est de 555,365, non compris 48,000 agents ou légionnaires payés sur le budget de laLégion-d^Honneur et \ 5,000 cantonniers de route. Il est yrai que 300,000 agents sont payés par les communes, mais plusieurs sont choisis et nommés par le ministre et les préfets. (Budget de 1850, vol. I, p. 64.)
organisation, et qui devait un jour fléchir les barbares vainqueurs de Rome et faire sortir des ruines amoncelées de lancien monde un monde nouveau, pénétré de la sève du christianisme, et prédestiné à donner à lunivers le spectacle d une glorieuse et puissante civilisation. Pouvons-nous espérer aujourd'hui le même préservatif?
Le flambeau de la foi cfarétiènne ne saurait s*éteindre; mais il peut être momentanément obscurci. Ce qu ont vainement tenté à des époques de foi les Barbares, les sectaires, les démagogues, de misérables rhéteurs peuvent le réaliser dans un temps où Tignorance des vérités élémentaires de la religion livre la crédulité populaire à toutes les séductions du sophisme, et altère même dans les esprits cultivés les notions les plus vulgaires sur les bases de l'ordre social.
Le mouvement socialiste qui emporte Thumanité, et dont, selon la juste expression de M. Donoso-Cortès, les pontifes sont en Allemagne, les disciples en France et les séides en Italie, ce mouvement a pour principe les erreurs philosophiques de renseignement universitaire propagé depuis quarante ans, et les ambitions que surexcitent la fonclionnocratie et la centralisation.
Deux formidables auxiliaires secondent d'ailleurs ce mouvement : la misère et l'immoralité. Les peuples écrasés d'impôts sont avides de révolutions ; rien ne peut les arrêter ; plus de foi, plus d'obéissance, plus de respect; partout le scepticisme, l'esprit de révolte, le sentiment du mépris; partout la division, l'antagonisme, la guerre ; l'ordre social est gravement, profondément menacé. Triste fruit d'un demi-siècle de
fausses doctrines et d'un demi-siècle de mauvaises loisl
Quelle puissance humaine, si elle ne s'inspire de Tesprit chrétien, ranimera ce cadavre, soufflera sur ces ossements desséchés par le matérialisme? Où trouver ailleurs que dans les préceptes de la morale évangélique le moyen de calmer les cœurs, d*éclairer les intelligences, d'enseigner aux riches la charité, aux pauvres la résignation, à tous l'esprit de dévouement et de sacrifice? Quelle autre lumière que celle des Ecritures sacrées éclairera les vastes ténèbres amoncelées autour de nous, et nous donnera, pour la solution des problèmes économiques qui agitent en ce moment le monde, le mot que cherchent inutilement et philosophes et socialistes?
La lutte suprême est engagée entre Terreur et la vérité, entre la barbarie et la civilisation. Etre ou n'être pas , telle en est Tissue. Puissions-nous échapper aux tristes destinées du Bas-Empire , et trouver notre salut dans les trois grandes choses qui ont déjà sauvé le monde : Foi , Liberté, Autorité I
FIN DE LÀ DlSUXIÈME PARTIE.