‹ La Communication Inter-Pleurale Au Cours Du Pneumothorax ArtificielChapitre 11 sur 24 · PRES · texte numérisé non relu

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quement, sans douleur vive, il est pris d’une dyspnée intense avec sensations d’étouffement et de mort imminente. Le visage, cyanosé, est couvert de sueur, l’angoisse est extrème. Le pouls est cependant régulier et bien frappé à 100. Tout en faisant des inhalations d'oxygène, on procède de suite à l’extraction de l'azote insufflé et l’on retire du côté gauche une quantité de gaz très supérieure à celle injectée. On en conclut qu'il s’est produit une perforation pulmonaire spontanée, secondairement à la création du pneumothorax.

« Mais cela n’explique pas l’état asphyxique qui continue. On examine encore le malade et l’on est étonné de trouver des signes de pneumothorax à droite, alors que le poumon gauche respire assez bien.

« On profite, quelques heures après, d’une légère accalmie, pour radioscoper le malade : le pneumothorax droit est nettement visible à l’écran, le gauche est réduit à une faible poche latérale.

« On extrait alors, par ponction, un litre de gaz de la cavité pleurale droite, ce qui amène un soulagement immédiat de la dyspnée. L’auscultation permet alors d'entendre le murmure vésiculaire à droite, un peu affaibli. La pression pleurale, avant l’extraction, est à zéro. On laisse une pression terminale négative de — 4.

« La journée du lendemain se passe sans incidents notables, mais le surlendemain, le malade se remet à suffoquer ; on doit lui faire coup sur coup deux extractions de gaz à droite. On trouve des pressions pleurales de + 4 + 5 ; on rétablit une pression négative de — 4, — 6. Devant la répétition des accidents, on décide ce troisième jour de laisser, maintenue par des bandes de diachylon, la canule du trocart de Küss. On lui adapte la pompe aspiratrice de l'appareil de Poraix par l’intermédiaire d’un tube de caoutchouc. On doit à plusieurs reprises aspirer du gaz, mais on pratique des extractions aussi minimes que

possible de façon à éviter toute blessure du poumon et de facon à laisser subsister un collapsus partiel.

« On peut enlever la canule le soir du cinquième jour. On fait une nouvelle radioscopie qui montre un pneumothorax droit presque entièrement résorbé avec un petit épanchement pleural. Le pneumothorax gauche n’est plus perceptible.

« Quatre jours après, le malade pouvait quitter le sanatorium, ne présentant pas d’autres signes que ceux de l’entrée.

« Nous avons donc, dans ce cas, réalisé un pneumothorax double partiel du côté malade et quasi total du côté sain. »

DumaresrT et BoNaré tirent comme conclusion cette observation :

« Nous sommes obligés de penser que l’inondation gazeuse s’est propagée d’une plèvre dans l’autre par suite d’une communication inter-pleurale physiologique. »

Si nous reprenons les faits essentiels contenus dans cette observation, nous voyons :

— une blessure du poumon siégeant au niveau du quatrième espace intercostal gauche sur la ligne axillaire.

— une asphyxie brutale que tout d’abord on rapporte à une perforation pleuro-pulmonaire gauche.

— l’existence d’un pneumothorax droit total.

Il n’est en effet pas possible d’attribuer le collapsus droit à la perforation. L’air s’est épanché dans la plèvre droite par une communication interpleurale préexistante.

Nous pouvons attribuer la brutalité des faits à la nature congénitale de cette communication. Après quelques tiraillements ressentis par le malade au niveau du sein droit, une asphyxie intense se manifeste. Le contrôle radioscopique pratiqué peu de temps après en donne l’explication par un collapsus total du poumon droit. Il exis-

tait donc un point de passage révélé par l’introduction du gaz du côté gauche.

OBSERVATION No II

Dumaresr et Mariner (Bulletin médical d'Hauteville)

QI] s’agit d’une malade de 16 ans qui n’avait présenté aucun antécédent bacillaire et qui s’était très bien portée pendant sa première enfance. A l’âge de 6 ans, elle aspira un capuchon de crayon en métal. Toute son histoire clinique date de cette époque. En effet, elle fut alors soignée pour une pneumonie puis, après une radioscopie, on l’envoya à l'hôpital lyonnais de Saint-Luc où le Docteur GAREL, après plusieurs tentatives, enleva le corps étranger. La malade s’était remise presque complètement mais elle gardait une toux tenace et chaque hiver elle avait une bronchite. En 1924, un épisode plus sérieux, étiqueté fluxion de poitrine, la tint alitée pendant deux mois (température élevée, expectoration abondante). Elle eut alors une hemoptysie abondante (plusieurs crachoirs) qui récidiva en 1927 et en

janvier 1928. Entre temps, elle mena une vie normale.

Quand elle arriva à Mangini, la malade présentait un état général assez bon, une température presque normale, une expectoration abondante, non bacillifère. C’est sur cette expectoration, demeurée négative à chaque examen (plusieurs examens chaque année depuis l’âge de 6 ans) et aussi sur l’évolution de la maladie et sur la radioscopie que le diagnostic de broncho-pneumonie chronique fut posé. A la radioscopie, en effet, le poumon gauche se montrait sous la forme d’un bloc opaque avec un espace plus clair sous la clavicule et dans la partie externe. Le poumon droit était particulièrement clair dans toute son étendue et présentait une intégrité hilaire presque absolue, L’auscultation laissait entendre à gauche des râles bulleux à retentissement métallique dans la région sous-hilaire. À droite, à la respiration très soufilante ne se mêlait aucun adventice.

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