LE PORT D'OSTENDE, DERNIER ESPOIR
Au demeurant, rien ne nous faisait absolument défaut pour créer cette marine dont la nécessité se faisait tant sentir.
Nous avions un port : Ostende, que la clairvoyance politique et la ténacité guerrière des archiducs Albert et Isabelle avaient arraché à l'emprise des Hollandais. Certes, ce havre, peu profondément creusé dans une côte basse, ne nous dédommageait pas de la perte d'Anvers. Ce n'en était pas moins un port, et en attendant que la guerre ou la diplomatie nous rouvrît l'Escaut, Ostende suffisait aux ambitions restreintes du marquis de Prié.
Ce serait, d'ailleurs, une erreur que d'attribuer à Ostende une importance médiocre. C'était pour le temps une ville assez considérable: en 1698, on comptait à Ostende 1.113 feux composés de 6.728 personnes \ chiffre fort élevé si l'on considère qu'au début du xviii^ siècle, Anvers, qui, au dire de Guicciardini ^, avait, au temps de sa splendeur,