Glorivière à Brzozowski, 17 octobre
France le Père Simpson (ou Sionnet'). Gela me donne occasion de satisfaire le désir que vous m'avez manifesté de pouvoir, après tant de peines et de travaux, prendre quelque repos. Je ne m'y étais refusé que parce que je désire, autant que possible, voir partout d'anciens membres de la Compagnie à la tête de nos nouveaux établissements, et que j'ignorais encore si le Père Sionnet viendrait en France. Ce Père, d'après tous les renseignements que j'en ai, est un homme de mérite. Il était du nombre de ceux ([ue le Père Stone et ses consulteurs m'avaient désignés comme pouvant être Provincial. Je crois donc pouvoir, sans crainte, lui confier la continuation de l'œuvre que vous avez si bien commencée... Je vous décharge donc, mon Révérend Père, du fardeau que vous avez porté avec tant de courage, en vous témoignant toute ma reconnaissance et celle de la Compagnie, pour le zèle et l'activité que vous avez mis à remplir des fonctions bien pénibles. J'espère que vous voudrez bien aider le nouveau Supérieur de vos lumières, le mettre au fait de tout et surtout des circonstances locales qu'il peut ignorer, étant absent de France depuis tant d'années. Par là vous ne cesserez point d'être utile à la Compagnie et vous acquerrez de nouveaux droits à sa reconnaissance. »
Le jour même où se faisait l'installation officielle de son successeur, le 28 janvier 1818, le Père de Clorivière exprimait sa reconnaissance au Père Général avec la simplicité et la gravité qui convenaient à son âge et à son caractère : « Je remercie Votre Paternité, disait-il, de la faveur qu'Elle m'a faite en me déchargeant d'un fardeau qui avait toujours été au-dessus de mes forces... Le choix que vous avez fait du Père Simpson sera, comme je me le persuade,
I. Le Père Antoine-Louis Simpson s'appelait de son vrai nom Sionnet. Né à Nevers le 19 juin i^^s, il fui admis au uoa iciat des Jésuites à Paris le II octobre 1766, et fit ses premiers vœux le 12 octobre i'j58. Après la suppression de la Compagnie en France, il passa en Pologne. A partir de 1790 il vécut en Angleterre, et en i8o5 il prononça ses derniers vœux au <'ollège de Stonyliurst où il enseignait les mathématiques.