‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 143 sur 358 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

comprenant les PP. Ronsin et Loriqiiet, eut lieu seulement le 15 août 1824.

Une exception, cependant, avait été faite en faveur du Père Varin, exception surabondamment justifiée d'ailleurs. Dans la lettre qu'il écrivait au Père Général, en prenant possession de sa charge, le Père Simpson la réclamait avec une certaine insistance; les motifs allégués font même entrevoir que l'ancien Supérieur des Pères de la Foi avait eu pendant la période qui s'achevait un rôle particulièrement délicat et important : « Le Père Varin, disait la lettre, est un excellent religieux, également aimé et estimé de tous ceux qui le connaissent. J'apprends de plus que notre petite Société lui est entièrement redevable de son existence. Il a été le lien entre ceux qui la composent et le vénérable Père de Clorivière. C'est une chose avérée que, sans lui, cette union ne se serait ni faite, ni maintenue... Si Votre Paternité l'approuve et le confirme, mon désir, peut-être indiscret, c'est qu'Elle veuille bien avancer pour lui le temps de la profession ^ » (16 janvier 1818.)

L'affaire fut traitée en dehors de lui et à son insu. Ce n'est certes pas le Père Varin qui eût jamais songé à se prévaloir de ses services pour revendiquer un privilège quelconque. Gomme il venait d'être mis à la tête de la maison de Paris, il écrivait au Père Général : « Ce que je puis dire, c'est que j'espère que Dieu me fera la grâce de rester toute ma vie dans la disposition d'être bien content à la dernière place quand on voudra m'y mettre. » (26 février 1818.)

Le Père Brzozowski accorda la double dispense de stage et d'examen. Le Père Varin lui en exprimait sa gratitude avec une touchante humilité : « Le Père Simpson m'avait annoncé, avant son départ de Forcalquier, la grâce que

I. De son côté, le Père de Grivel écrivait : « On compte sur cette faveur (six ans de dispense) pour produire un bon effet sur les Pères de la Foi », et pour réparer ce que lui-même (Grivel) « a pu gâler en disant trop qu'ils n'avaient pas bien l'esprit de la Compagnie ». (Janv. i8i8.)

VOUS voulez bien m'accorder en m'appelant aux derniers vœux. Cette faveur, en me pénétrant de reconnaissance, m'a couvertdeconfusion. Je n'ai pum'empêcher de rentrer en moi-même et j'ai senti d'une manière bien vive combien j'étais, sous tous les rapports, indigne d'un grade qui demande tant de qualités et de vertus. Cependant je ne puis dissimuler que j'ai éprouvé une grande consolation dans la pensée que, par ces derniers engagements, je me trouverais uni plus étroitement à Notre Seigneur et à sa sainte Compagnie. » (9 juin 1818.)

Le Père Joseph Varin prononça ses derniers vœux le 15 août 1818; il fut ainsi le premier profès de la nouvelle Compagnie de Jésus en France.

Le second fut le Père Antoine Thomas, admis à la profession à la même date l'année suivante. Son titre de docteur de Sorbonne fut sans doute un des motifs de l'exception qu'on fit en sa faveur et qui ne se renouvela pas.

Ce qui importait pour l'avenir de la Société presque à l'égal du noviciat, c'était l'organisation des études pour les jeunes gens qui se donnaient à elle avant d'être prêtres. On a vu que le Père Simpson s'en préoccupa dès la première heure; il comptait faire à Montrouge même, sur la fin de 1818, « cet établissement si nécessaire, disait-il, que sans cela tout ce qu'on a fait jusqu'à présent doit tomber et s'anéantir ».

Au moment de partir pour la longue tournée qu'il allait faire à travers la France, il revient sur ce projet qu'il veut mettre à exécution dès son retour. Rien de plus urgent, dit-il, et ce ne sont pas seulement les sciences ecclésiastiques qu'il faudra enseigner; car les études « ont été tellement négligées que la plupart des jeunes gens qui se présentent doivent être regardés comme bien habiles s'ils entendent le latin ». (29 mars 1818.)

Mais l'installation d'une maison d'études devait tarder encore. Dès 1819, on voit figurer au Catalogue de Saint- Acheul quelques surveillants qui assistent avec les élèves.

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