‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 242 sur 358 · CHAPITRE VJII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VJII

même pendant quelque temps des bulletins adressés à Napoléon en personne. En 1814, le roi remonté sur le trône ne trouva pas de serviteur plus empressé : « Je n'apprends pas plus tôt l'abdication de Fontainebleau et la présence d'un prince français sur le territoire que je me jette à travers les armées amies et ennemies pour lui apporter mon obéissance '. » Aux Gent-Jours il salue l'empereur, « comme l'astre à qui on devrait élever des colonnes ». Louis XVIII goûta peu un dévouement aussi mobile. Montlosier fut tenu à l'écart sous la Restauration, tout en conservant une petite sinécure du Ministère des Affaires étrangères, rémunérée par une pension de six mille francs. Confiné dans sa terre de Randanne, il se donnait pour un rural, « un gardeur de moutons », uniquement occupé d'agriculture et d'élevage. Mais en réalité, l'oreille toujours au guet, il ne perdait rien des bruits et des agitations de la politique. Son humeur fantasque, son mécontentement des hommes et des choses, son intransigeance d'esprit s'exaspéraient dans la solitude. Incapable de contenir le flot d'idées qui bouillonnaient dans son cerveau, il allongeait presque tous les deux ans d'un volume nouveau son ouvrage sur la Monarchie française ^. En 1824, il envoyait au journal royaliste Le Drapeau blanc des articles qui lui attiraient les éloges du Constitutionnel et du Journal des Débats. Enfin, au début de 1826, paraissait l'ouvrage qui allait attirer subitement sur le nom de Montlosier une notoriété que ses précédents écrits avaient

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