Dénonciation aux Cours royales, p
2. En i8i4, Montlosier publie un grand ouvrage Z^e Za Monarchie française depuis son établissement jusqu'à nos jours, 3 vol. in-S"; en i8i5,un volume sur la Monarchie française depuis le rétablissement des Bourbons ; un autre suit en 1818, un autre encore en 1821, et un dernier en 1824. La bibliographie de Montlosier donnéepar A. Bardouxne contient pas moins de trente-huit numéros. Après son grand triomphe de 1828, il ne cessa pas d'écrire sur, ou plutôt contre le clergé : De l'origine, de la nature et du progrès de la puissance ecclésiastique. 1829. — De la crise présente et de celle qui se prépare. Février i83o. — A MM. les Pairs et les Députés sur les é^'énements de Juin. i832. — Du prêtre et de son ministère dans l'état actuel de la France, i833.
été impuissants à conquérir. Il avait pour titre : Mémoire à consulter sur un système politique et religieux tendant à renverser la religion, la société et le trône ^.
On a peine à s'expliquer l'extraordinaire fortune de ce pauvre livre. Pas un historien ni un juriste n'oserait aujourd'hui le prendre au sérieux. Le biographe de Montlosier lui-même, en dépit de la bienveillance que lui impose son rôle, confesse que « toute la partie du Mémoire relative à la jurisprudence est plus qu'insuffisante». Pour le reste, le jugement devrait être plus sévère. Des ondit ramassés dans les journaux, des lieux communs amplifiés d'une rhétorique déclamatoire, ce n'est vraiment pas de quoi recommander nu Mémoire à consulter. Ce que l'on peut dire de moins désobligeant pour l'auteur, car autrement il faudrait l'accuser de manquer de bonne foi, c'est que, emporté par sa manie, — M, Bardoux dit la « passion » — il prend ses rêves pour des réalités et charge sur les fantômes issus de son cerveau surchauffé, comme le héros classique sur les moulins à vent. C'est la même fougue et aussi la même candeur.
Mais, en 1826, la presse libérale avait préparé le terrain ; le Mémoire arrivait à son heure. Son apparition fut saluée comme un événement. D'après le Journal des Débats, M. de Montlosier était « le flambeau de la France ». Le Constitutionnel réunissait dans un même applaudissement les trois Auvergnats : « Pascal, M. le comte de Montlosier, M. l'abbé de Pradt. Voilà, disait-il, trois athlètes tels que n'en fournirait à elle seule aucune autre province du royaume. Ce que le premier a commencé, les deux autres l'achèveront. Les volcans de l'Auvergne sont éteints; elle éteindra celui qui fermente et qui gronde au sein de la société 2. » Puis, dans une effusion de loyalisme, le bon apôtre déclare que M. de Montlosier aura à essuyer « les injures de la faction à laquelle il arrache les masques, mais il doit compter sur la reconnaissance