‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 263 sur 358 · Ibid., p. i · texte numérisé non relu

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incompétente par le fait de l'état de la législation, requiert la Haute Chambre d'apporter à la législation les modifications nécessaires, et en attendant, pour terminer l'affaire des Jésuites, il lui suggère le renvoi au ministre chargé de la haute police et une Adresse au Roi.

Assurément Montlosier n'avait pas imaginé seul cette procédure. Par ailleurs les dispositions de la Chambre des Pairs étaient connues; elle était acquise en grande majorité aux doctrines du parti libéral. Tant que dura le ministère Yillèle, elle ne cessa de lui faire de l'opposition. La Pétition fut donc accueillie avec empressement et on lui accorda un tour de faveur. La commission nommée pour l'étudier choisit pour rapporteur le comte Portalis. Fils de l'ancien ministre de l'empereur, il avait trouvé dans l'héritage paternel la pure tradition du gallicanisme parlementaire. Les idées de Montlosier, au moins à l'endroit des Jésuites, allaient donc avoir un interprète convaincu et ardent.

Le Rapport ne se fit point attendre. Le 18 janvier 1827, Portalis en donnait lecture à la tribune de la Chambre des Pairs. Le document est fort long. Après avoir raconté la genèse de la Pétition, Portalis examine les quatre vœux auxquels elle aboutit. Trois d'entre eux doivent être écartés, parce qu' « ils se résolvent en propositions de lois », ce qui dépasse le droit de pétition. Il retient seulement ce qui regarde les Jésuites. A son tour, Portalis décoche à l'adresse de Mgr Frayssinous un trait malicieux enguirlandé de fleurs. « La commission, dit-il, n'en aurait pas cru le pétitionnaire », dénonçant des établissements religieux faits au mépris des lois. « Mais un noble et vénéré prélat, un honorable ministre du Roi a déclaré lui-même durant la session dernière, à cette tribune et à celle de l'autre Chambre, l'existence de ces établissements... Nous ne saurions révoquer en doute un fait ainsi attesté...» Suit un aperçu historique sur les origines de la Compagnie de Jésus, les mesures de rigueur prises contre elle sous l'ancienne monarchie, les arrêts, les édits relatifs à sa

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