‹ La Compagnie de Jésus en France (volume 2)Chapitre 330 sur 358 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

qu'il n'avait point entendu acheter des ruines; les Pères voulurent bien résilier le contrat. Finalement l'immeuble de Montrouge fut vendu 12.000 francs, et pour éviter tonte profanation possible, il fut spécifié que la chapelle serait démolie. « Et maintenant (1832), dit le chroniqueur, il n'en reste pas pierre sur pierre. Telle fut la lin de cette fameuse maison de Montrouge que la haine des méchants avait rendue si célèbre, que les feuilles libérales avaient tant calomniée, que les impies avaient tant menacée, que tant de dupes avaient regardée comme un fort redoutable, centre d'un pouvoir occulte qui gouvernait toute la France'. »

A Saint-Acheul l'aventure fut tout à la fois plus tragique et plus grotesque. Ce fut le 29 seulement que les héros de la liberté eurent leur « journée » à Amiens. Les troupes attendaient l'arme au bras, les autorités délibéraient en conseil. Plusieurs centaines de malheureux, échauffés par les déclarations de quelques meneurs et des libations plus abondantes que de coutume, après avoir rempli d'agitation et de tapage la voie publique, ne savaient pas encore, la nuit venue, quelle opération effective entreprendre. Tout à coup un mot d'ordre circule : A Saint-Acheul! Il venait d'un ancien élève du collège, qui avait été chassé pour sa mauvaise conduite.

11 était onze heures du soir quand la bande commença le siège au milieu d'un concert effroyable de vociférations. Les habitants de Saint-Acheul, surpris pendant leur sommeil, purent croire leur dernier moment venu. Le Père Guidée, Supérieur de la maison, alla se mettre en prières devant le Saint-Sacrement dans la chapelle intérieure ; le Père spirituel se tenait à son prie-Dieu pour entendre les confessions. Cependant quelques scolastiques étaient montés au clocher et sonnaient le tocsin. Ce fut le signal d'un redoublement de fureur. Le Père de Ravignan, qui était alors professeur de Théologie au scolasticat,

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